Pour la première fois depuis fort longtemps, cet article sera entièrement rédigé au premier degré. Ainsi les furieux et autres niquedouilles pourront se réjouir de leur compréhension du texte et nous communiquer leurs opinions emplies de justesse. Voilà qui est rassurant.
Hier soir, j’ai su ce que c’était de se sentir mourir.
Prise d’un mal de tête plus que pénible, je me suis couchée en espérant faire passer la douleur. Une heure plus tard, je me suis réveillée avec une migraine de la taille d’un monstre de 150 kgs, une bête qui me mangeait le cerveau en mâchant bruyamment, l’impression que mes yeux allaient s’éjecter du globe oculaire et une envie de vomir qui s’emparait de mes boyaux, en même temps que la sensation d’avoir le sang qui afflue vers le bas me provoquait une sorte de malaise, saloperie de gravité.
Je me voyais vraiment partir, sans perdre connaissance ou avoir la vue qui se brouille, juste cette perception du corps qui n’est pas tout à fait à sa place. J’essayais de ne pas y penser, de me concentrer sur autre chose, n’importe quoi d’autre, mais ça a duré une heure, une longue heure où mes organes semblaient se ramollir, bercés par un fluide étrange et encombrant, sorte de pression interne contre les parois de mon crâne. Ce n’est pas tant la douleur qui était insupportable, mais plutôt cette espèce de mauvaise descente de drogue dans les veines.
J’ai commencé à chercher de bonnes raisons pour lutter, et de façon irrationnelle mes pensées tapaient loin : je comptais les choses que je voulais encore faire avant de refroidir, et je repensais à ce que mon nouveau copain Christian m’avait dit il y a quelques jours : « sur une échelle de 1 à 10, combien tu noterais tes efforts à faire ce qui te plaît vraiment ? ». Franchement Christian tu sais quoi, je les noterais à 2 mes efforts, mais c’est compliqué. Et c’est vrai que ça l’est, mais est-ce vraiment une raison en fait ? Il faut toujours se battre pour tout, pas vrai ?
Il faut se battre pour être avec celui qu’on aime, pour travailler, pour payer son loyer et sa taxe d’habitation, pour avoir des vacances qui nous plaisent, et on le fait. Alors je pense que s’il y a quelque chose pour laquelle il faut particulièrement se battre, c’est pour faire ce qui nous plait vraiment.
Quand j’ai eu fini de croire que j’étais en plein accident vasculaire cérébral, je ne crois pas m’être sentie ridicule d’avoir été excessive dans mes réflexions, d’avoir imaginé ce que j’aurais du faire de ma petite vie. Je sais d’expérience qu’on peut mourir à 12 ans comme à 35, dans deux minutes ou demain, et probablement que ce qui n’était qu’une chute de tension ou des céphalées dues à la fatigue m’ont permis de remettre tout ça en perspective. Peut-être que j’avais besoin de ça. Je ne suis même pas hypocondriaque.
2 commentaires
ça m’est arrivé un jour, j’ai eu un faux diagnostic, comme quoi j’avais une tumeur,hypocondriaque,je voyais la mort approcher, j’ai pris peur puis j’ai accepté mon sort, tout d’un coup la vie m’as apparu tellement plus belle, chaque détail comptait plus que jamais, le ridicule dans tout ça c’est que ça s’est passé en une seul journée, le diagnostic était fait par moi même, et quand j’ai vu le médecin, ce n’était qu’un simple nodule. a vrai dire quand on est hypocondriaque on est a moitié fou je me le dit toujours




PLAY BLESSURES
C’est pas faux…