Toutes les semaines, des nouvelles du front. De l’autre front, hors de France. Comment les gens résistent, comment ils vivent cette nouvelle société du détail, survivent sur des blogs avec des écrits drôles, souvent vrais, toujours gonzo, à leur manière.
Cette semaine, zoom pointilliste sur le blog “vieille école” de Philippe Dumez. Peu d’images, pas de flash et de déclarations fracassantes ( “X, meilleur qu’un cuni”, ce genre…). Du texte, encore et encore, écrit naïvement, simplement, sans fioritures ni adjuvant de couleur. C’est cela Philippe Dumez, un nom d’emprunt et une mission première: Raviver la simplicité et parler de tout, de rien, des autres et de lui. Un blog, finalement, comme on a tous voulu en monter un.
Ici un essai de Dumez sur Willie Nelson, grand-père par procuration, récemment de passage à Paris.
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“J’aimerais bien avoir un grand-père comme Willie Nelson.
Un ancêtre qui connaîtrait par coeur les chansons de Ray Charles, Hank Williams ou Kris Kristofferson et les jouerait sur une vieille guitare toute pourrie retenue par une écharpe tricolore, se souviendrait du tube qu’il a écrit il y a très longtemps pour Patsy Cline, continuerait à fumer de la marijane en cachette et ressemblerait vraiment à un indien de profil.
willie-nelson-par-leibovitzUn aïeul un peu casanier qui aurait participé à un des clips les plus diffusés de tous les temps mais ne sortirait de son bus de tournée que 5 minutes avant de monter sur scène, jetterait ses bandanas à la foule comme Madonna balançait sa culotte, aurait encore la force d’écrire des nouvelles chansons pleines d’auto-dérision où il raconterait que ses blagues ne font plus rire comme avant et n’aurait pas peur d’être accompagné par un batteur qui ressemble à Danyel Gérard (et une pianiste tour droit sortie d’un Lucky Luke). Une figure respectée, au visage marqué, dont plus personne ne se souviendrait vraiment de l’âge, qui assumerait le fait d’avoir sorti des albums pour payer ses impôts jusqu’à l’écrire dessus, aurait foutu un sacré pain à Burt Reynolds, contesterait publiquement la version officielle du 11 septembre, ne se ferait pas prier pour offrir au public les chansons qu’il a envie d’entendre et aurait déjà gagné sa part d’immortalité.
Hier soir, Willie Nelson a joué ce rôle là pour moi. J’aurais bien aimé le serrer dans mes bras à la fin pour le remercier d’avoir traversé l’Atlantique et passé la soirée avec nous. J’aimerais bien avoir un grand-père comme Willie Nelson pour que ses chansons (dont un Always On My Mind d’anthologie) ne me quittent jamais.
Blog de Philippe Dumez: http://iwannabeyourblog.canalblog.com/




PLAY BLESSURES
A ceux qui peuvent se le permettre je suggère de revoir le VH1 Storytellers de ce bon Willie aux côtés de Johnny “Man-in-black” Cash.
Touchant et simple à la fois.