C’était sûrement un soir de juin 2006. Je ne me rappelle plus très bien. Je venais d’en finir avec le rock anglais moderne. J’avais fini ce qui me restait de bière tiède, grillé ma dernière cigarette par dépit sur le sombre sol et j’avais claqué la porte du Trabendo, laissant une horde de groupies bouffies s’extasier devant The Rakes, leur Converse pas lacées et deux trois chemises à carreaux même pas cintrées correctement.
Et je parle même pas charisme, coupes de cheveux et engagement politique.
Un rêve froid, prisonnier d’un bocal 22 pouces, que je retrouve encore aujourd’hui chez 99% des rockeurs American Apparel.
pets-with-petsJ’avais à ce moment eu comme un doute, un flottement sur ma capacité à retrouver l’engouement des débuts, la folie des concerts passés collé au public, aux seins moites des filles qui pendant ces rares instants ne dédaignaient pas le contact de la chair humaine du sexe opposé. En sortant du Trabendo, j’avais adressé un fingerfuck à toute cette scène (Strokes, Rakes, Libertines, tous les groupes rock post 2000) sans que cela ne change rien à la face du monde.
J’avais l’espace d’un instant cru être devenu vieux. Du moins jusqu’à l’explosion de quelques groupes, pour qui la parole n’était qu’un artifice dispensable, et le chaos sonique nécessaire. Zombie Zombie était l’un de ces groupes, qui comme d’autres, me permirent de croire à nouveau au feu sanguinolant des batteries qui jamais ne s’arrêtent, poursuivent leurs voyages avec un clavier fuzz dans le dos. Sorte de GPS pour lutter contre la pollution (les groupies underage qui braillent et mouillent sans raison, le trendy rock ou même le rehab rock… je vois que vous voyez de qui je parle).
Bien évidemment depuis…. depuis il y avait eu les copies carbone qui tentaient de pasticher la violence avec une pose déconstructiviste+braillard+rock de galleries post-moderniste. Crystal Castles, quoi que vous puissiez lire, est l’un de ces groupes. Un doux renoncement à l’idée qu’un jour on changerait le monde.
Puisqu’aujourd’hui, pour vendre un album, il faut avouer que votre mère est morte d’un cancer quand vous aviez sept ans, que votre père avait toute la collection collector de Barry Manilow et que pour vous le rock c’est “un divertissement qui doit être dénué d’idées embarrassantes pour les gens qui ont bossé toute la semaine”, je préfère m’en remettre à la sauvagerie non-sens des Australiens de Pets with Pets. Un trio muet qui fait du bruit et ranime la flamme de Suicide sans le poses figées d’un Alan Vega post 2000.
Puisqu’il faut faire table rase du passé, éliminer ses idoles, réinventer le langage, et faire transpirer les filles…. une solution : Pets with Pets, des golden shower, des massacres gratuits et la libération des corps. Accessoirement c’est My Bloody Valentine VS Can VS Ramones et ca me fait sentir jeune sans Botox.
Cela me semble bien plus ambitieux que de tourner une vidéo où des jeunes cassent la baraque avec un perfecto chrétien (Justice) ou réaliser un album “retour à la plage avec clavier analogique et dauphins qui sautent au loin” (Tellier, MGMT).
http://www.myspace.com/petswithpets
2 commentaires
Plutôt fort en effet. Conceptuel mais sans grosses tête, péchu sans guitares hurleuses, psyché sans acide. L’inverse même, sorte de Ray Manzarek en pleine descente parano.
Bien, ouais.




ETRE DIEU
Putain c’est super bien !
Le podcast a l’air très gros, du reste.