Je devais chroniquer l’album des Rascals, qu’on présente ici ou là comme la relève qui enterrera définitivement Carl Barât et Doherty. Ce qui prouve bien qu’il n’y avait vraiment pas besoin de creuser bien profond. J’avais trouvé un bon titre, et ce devait être une sorte d’appel aux plus jeunes générations pour qui les Arctic Monkeys seront probablement (ça les regarde) les Beatles de 2008. Le titre, donc, c’était « Comment je me suis fait avoir avec un best-of de Gerry and The Pacemakers ». Mais il n’y a tellement rien à dire sur cet album que je préfère passer mon tour.
Efficace ? C’est selon. Ennuyeux ? Certainement.
paul_wellerPour la troisième fois hier soir, vendredi 03 octobre, je suis allé voir Paul Weller, cette fois à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. « Pas souvent qu’on peut le voir dans une telle salle », ai-je entendu. De la part d’un digne représentant de ce genre à part de comique humain, le « fan moyen de Paul Weller ». N’en déplaise à certains, j’aime la moquerie gratuite et ceux la font bien mon bonheur. La trentaine bien entamée, certains ont même atteint les quarante, cinquante ans. Je me fous de l’âge des gens que je peux croiser aux concerts auxquels je me rends. Par contre, il y a une chose que je ne comprends pas, et ne comprendrai probablement jamais chez eux. Comment, ayant passé l’âge adolescent depuis belle lurette, toujours essayer de ressembler à son idole ? Qu’à 16 ans en 2008, on porte encore fièrement la coupe Weller et les polos qu’il a dessiné pour Fred Perry, c’est désormais rare et tout aussi ridicule mais soit. Par contre, au double de l’âge auxquels certains s’adonnent avec persistance à ce jeu de ressemblance, que ce soit avec Weller ou d’autres d’ailleurs, il y a quelque chose de moisi.
Oui, le fan moyen de Weller sent le renfermé. Surtout lorsque le t-shirt à cocarde, symbole désuet de leur appartenance à la cause mods, est trempé de sueur, après ce qu’ils viennent de vivre comme un concert d’anthologie, ce moment magique qui fait renaître en eux l’adolescence qu’ils ont bien certainement raté, car incapable d’y mettre un terme. Il arrive un moment où on commence naturellement en grandissant, et finalement aussi pour éviter le ridicule, à se montrer prêt à mûrir. Et leur modèle, qui est aussi le mien, a pourtant montré un bel exemple.
J’ai découvert Weller vers mes 17 ans, alors que je fouillais dans les disques punks à la recherche de quelque chose de consistant à me mettre sous la dent, qui serait capable d’ouvrir mes goûts musicaux. Quelle naïveté. Il y avait les Clash, mais à part Simonon et le reggae, Strummer n’était qu’un ancien hippie et Mick Jones un garçon coiffeur.
Weller & DavisJusqu’à ce que je me retrouve avec In The City dans les mains, malheureusement pas tellement par hasard. Du moins pas autant que je l’aurais souhaité. Ce qui, je vous l’accorde, enlève du charme à toute cette histoire. Grâce à leur reprise de Slow Down, j’ai pu découvrir le rock’n’roll originel, celui Larry Williams, puis bien sûr celui de Little Richard, Chuck Berry et les autres. Et surtout, intrigué par les fringues, toute la scène revival mod, qu’aujourd’hui je considère comme inutile, mais qui m’a ouvert la porte d’ un passage privilégié vers ce que j’estime le plus au monde musicalement, la Motown et toute la soul music. On nous bassine avec les passeurs. Et bien avec Weller, je crois pouvoir affirmer qu’on en tient un, définitivement. « Dérouler la pelote », disait Nicolas Ungemuth il y a deux semaines. Weller, le déclencheur qui m’a fait aussi tirer sur la ficelle, et tant pis pour le retard. Sans All Mod Cons je n’aurais sûrement jamais écouté les Kinks et découvert ces groupes fabuleux, Creation et Small Faces. Et la Northern Soul. Et puis surtout, avec All Mod Cons, j’ai eu un exemple de maturité inouïe dont certains semblent être passés à côté.
Rien d’exceptionnel à tout ça, après tout. Weller a été l’esthète capable de digérer la multitude de ses influences pour aller encore plus loin. Avec le Style Council, mais je n’ai jamais été fan. Avoir enregistré des classiques à 20 ans n’excuse rien, et surtout pas n’importe quel pet couché sur disque. Seulement comment oser le traiter de réactionnaire après le Style ? Il s’est brûlé à trop vouloir tenir à ses principes de moderniste, je ne lui en veux pas. Parce que je trouve ridicule de juger Weller sur les Jam et le Style. A vrai dire, ce qui compte bien plus aujourd’hui, ce sont ses albums solos, toujours plus aventureux. Illumination est un grand disque, vous n’avez qu’à réécouter. Le disque d’un homme qui n’a pas honte de son âge. Pas de grand retour et toutes ces âneries chez lui. De la gloire Weller se fout, il y a déjà goûté trois fois. Par contre, pour l’intégrité et la liberté de s’exprimer comme il le souhaite musicalement, beaucoup peuvent repasser.
J’en veux pour preuve 22 Dreams. Paul Weller le mods se fout de la modernité, sort un double album auquel l’adjectif galvaudé d’aventureux convient ici très bien à l’heure où plus personne n’écoute ses disques en entier et tout le monde télécharge l’album des Rascals ou je ne sais quelle nullité encore.
On sait tous qu’il ne jouerait peut être plus sans ces fans qui ne viennent que pour une reprise des Jam ou un titre de Wild Wood. Il n’empêche que c’est à se demander si parfois, il ne serait pas un peu de ceux la, lui aussi.
5 commentaires
On est bien d’accord, je pense, je parlais des mecs pas looké du tout avec juste un t shirt à cocarde pour faire dans le coup et ceux qui pourraient postuler pour être le sosie officiel.
Pantacourt, été comme hiver, avec ou sans ses tongues, mâle ou femelle c’est impardonnable cher Alexis. Ne baisse pas la garde mec !
Enfin il y a un juste milieu car le dresscoding dandytruc très peu pour moi.
Sinon justement la coupe employé de banque ça serait plutôt :
a - raie (davis) sur le côté et péllicules
b - crè(davis)te métrosexuelle et brillantine
D’accord sur plusieurs choses :
- Weller est grand (malgré tout)
- Les mecs de 40 ans, faut leur botter le cul !
Une question : Weller sur scène, ça tient encore vraiment la choc ?
heu… oui et non.




PLAY BLESSURES
cool article sur mister weller
par contre je préfère voir, à un concert de weller, des mecs la quarantaine lookés carnaby street qui en font un peu trop, plutôt que le pantacourt en hiver et le mec qui te fait écouter le dernier Moby sur son portable 5 minutes avant que le concert commence. j’en ai eu la preuve dernièrement et ça peut rendre super violent !!!
…et mieux vous une coupe Weller qu’une coupe employé du crédit mutuel, non ?
mais je titille, weller c’est la classe, loin devant tout le monde…..
salut