Paris. Le Triptyque, mai 2006. Ponihoax rentre en scène. Il est près de 2 heures du matin. La salle à moitié vide sent bon la bière et le tabac froid. L’heure parfaite pour le grand déballage post-punk joué avec le dédain des gens qui fracassent leurs amplis en titubant sur leurs mélodies, ivres de leur succès à venir. Les mois ont passé, Budapest s’est imposé comme LE single de l’année chez les gens de bons goûts, le groupe qui tourne avec la Balibar, se taille une réputation à l’inter’. Début de la gloire et puis…
Et puis on aurait pu penser que l’histoire se clôturerait ici. Cela aurait été bien mal connaître Ponihoax et son leader Nicolas Keir, sorte de névropathe infiltré à la Malbach’ rouge, qui lance un nouveau groupe dans la foulée de son succès d’estime avec Ponihoax. Paris que ça s’appelle, l’information est capitale, le son proposé grandiose, mariant la magie des boucles électros typiques du dernier album de Joakim à la sueur instrumentale des concerts apocalyptiques que le groupe peut donner ça et là, lorsque le Poney est rentré à l’écurie. Alors oui, forcément on pourra parler de réminiscences punk Buzzcocks, de parisianisme intra-mural…
Cette longue série de conneries qui dissimule stupidement le talent de Nicolas Ker et de Paris, ce groupe invisible et fantomatique pratiquant le rock dans les galeries d’art, les bouges infâmes, les lieux maudits, chez les amis, (un peu partout en fait du moment qu’il y a des bières) . Avec un seul objectif, propager la bonne nouvelle : Coming home de Paris, c’est une bouffée d’air frais dans un Paris pollué qui ne jure plus que par le renouveau du rock en français, imposé par les maisons de cirques. Et puis Star Ocean reste une chanson qu’aurait pu composer Goldfrapp si sa chevelue de chanteuse avait perdu son hymen.
Lecteur, tu voulais du newcomer, hein, tu voulais t’en mettre plein le nez de la magie unsigned, et pour pas cher en plus, tu voulais sniffer la désespérance de près, comprendre ta douleur et tirer un trait sur le passé pour saisir le sens du mot moderne ? C’est ce que tu voulais, hein ? Avec Paris, satisfaction tu obtiendras, désirs tu assouviras.
L’Histoire, cette vieille fille rarement ponctuelle, ne dit pas encore si ce groupe sera sur les podiums un jour. Pour l’heure, accrochons-nous aux faits, à quelques rares certitudes : il pleut derrière la fenêtre et les enceintes crachent un son émotionnel. Les enceintes pleurent de joie. Vive Paris. Et vive la France.
http://www.myspace.com/cthulucthuluftaghn




ETRE DIEU
oh ben c’est joliment lyrique toute cette histoire, un peu comme les petits poneys avec un côté héroïque en plus, bref c’est bien, c’est beau, c’est pas trop chiant, que demande le peuple?