92

ONE SWITCH TO COLLISION La fractale sonique

Et si les kraut-rockers de Paris étaient d’anciens french-touchers de Paname ? Même sens de la famille restreinte (Air qui connaît Phoenix qui connaît Coppola qui connaît Tellier (...) suite

Et si les kraut-rockers de Paris étaient d’anciens french-touchers de Paname ? Même sens de la famille restreinte (Air qui connaît Phoenix qui connaît Coppola qui connaît Tellier qui connaît Gopher) et même sensation grandissante au fil des concerts écumés dans la capitale. Il se passe quelque chose, la dynamique est en marche, une autre scène musicale est possible, avec hum, un bagage musical nettement plus étoffé que celui des baby-trockers à trousers. One Switch to Collision, rencontré peu avant le concert martial de Turzi à la Boule Noire, étonne par sa simplicité. Contraste évident avec sa musique expéri’mentale. «Planante» auraient dit les cinquantenaires amateurs de Syd Barrett. Les moins de trente ans qualifieront ces compositions de pulsationnelles. Kraut-meeting avec Commandant Günther, leader de One Switch, mais également guitariste de Turzi.

Content de voir que Turzi a fait des petits, content d’entendre qu’il a emporté dans son mouvement d’autres groupes de même envergure…

Günther (Leader de One Switch to Collision, guitares, production, …): C’est un peu ca, tu sais, c’est une grande famille.

En venant, justement, j’écoutais l’EP Zombie Zombie, et je pensais à cette notion de famille, le fait qu’il y avait aujourd’hui 4/5 groupes qui focalisent sur eux l’attention du public parisien… A quel moment vos chemins se croisent-ils ? A quel moment devenez-vous une «famille» ?

Günther: Ca dépend de qui tu parles. Turzi par exemple est un ami d’enfance, nous avons joué ensemble très tôt, son batteur joue avec notre chanteur Oliver, qui joue lui-même avec un autre groupe (Total Peace)… Tout le monde s’échange des musiciens ! (Rires). L’aboutissement de tout cela c’est le concert de la semaine prochaine au Point Ephémère avec notre label Paneuropean Recordings qui sort la compilation Voyage. Et puis après chacun sortira des disques.

Je continue sur la théorie familiale, avec un parallèle sur la «french touch» qui monopolise l’attention fin 90’, très propre et imberbe, et vous maintenant, qui relançait un mode musical plus sauvage, expérimental, portant fièrement vos barbes..

Günther: Tout a commencé il y a quelques temps. Déjà Romain et moi possédions des groupes, et il y a eu ce break électronique, la scène versaillaise, nous à la fac. On rencontre alors Oliver, qui avait un magasin de disques plein centre de Paris..

Oliver (Chant) : … Le magasin n’a pas tenu longtemps tu sais, on répétait dans la cave le samedi après-midi alors que les clients au-dessus ne comprenaient pas ce qui se passait ! (Rires). On avait ce groupe, les Taliban Rock Action..

Günther: Le déclencheur a surement été un concert pourri que nous avons tous été voir, on les a vu sur scène et on s’est dit «ah bah c’est ca la scène parisienne».

Pas de nom je suppose…

Günther: Exactement ! Ce sont des amis malgré tout.. Bref, on s’est enfermés avec Oliver dans sa cave pour répéter, et de Taliban Rock Action sont nés plusieurs groupes, de Turzi à One Switch Collision en passant par Total peace. Dans la foulée Romain (Turzi) signe chez Record Makers, et Arthur, le bassiste de Turzi a eu l’excellente idée de monter Paneuropean Recordings pour promouvoir tous ces groupes.

Harmonia, le symbole mythique des groupes montés de manière éphémère par la bande de Cluster et des kraut-rockers allemands, est dans tes amis sur myspace. Tenté par les formations cycliques où tous les groupes échangent leurs musiciens ?

Oliver : On a eu cette idée là à un moment.. Si on faisait cela, je pense que nous adopterions des pseudos, de manière cachée. Nous sommes des groupes avec des influences différentes, en dépit d’une direction identique.

Quelle est la raison de cette inclinaison musicale, disons fortement orientée par l’Allemagne expérimentale 70’, kraut ? Il y a 3 ans vous seriez passé pour des rigolos à Paris, alors qu’aujourd’hui la presse encense le mouvement…

Günther: Le public s’ouvre à tout cela, avec les rééditions, le catalogue numérique. Disons qu’on a moins l’impression d’être des extraterrestres. Et puis avec ce «retour du rock» …

Mais vous vous assimilez à ce mouvement ?! C’est nettement plus atmosphérique, je pense à cette image de pilote sur ton myspace… Je pense à des envolées dans la stratosphère…

Günther: C’est mon grand-père en fait (Rire général)… Il était pilote d’avion, et allemand de surcroit, tu vois tu tapes juste ! Cela a surement joué dans mon inclinaison musicale, les Alpes, la bière, la saucisse, de la même façon Günther est vraiment mon deuxième prénom….. Ce sont peut-être les ingrédients d’une bonne musique !

Oliver : Mais nous n’avons pas envie de forcément rentrer dans le schéma d’industrie classique du disque, c’est, on l’espère, un peu plus lyrique..

Etienne Jaumet de Zombie Zombie nous confiait récemment qu’il écoutait souvent sa musique en se créant des images mentales…

Günther: Oui dans son cas je comprend l’importance de la cinématique.. Je t’avoue que dans notre cas les choses sont prioritairement d’ordre primal. Les vibrations, la transe, le fait de se sentir «partir» lorsqu’on joue live.. Que cela soit dans Turzi ou avec One Switch to Collision, c’est toujours la même chose. C’est aussi pour cela qu’on évite les poses en concert, chacun est dans son monde, on n’a pas le temps de regarder la salle, les gens.. C’est peut-être pour cela qu’on est tous un peu shoegaze, avec des concerts «minimal» sans démonstration scénique. Le fait d’avoir été repéré par Paneuropean nous a également permis de découvrir pas mal de choses. Il y a en Europe un terreau Kraut assez intéressant.

Paneuropean recordings… Vous avez déjà tourné à l’étranger ?

Günther: Oui, essentiellement avec Turzi, notamment sur une tournée américaine, avec des concerts immenses comme à Austin, l’un des plus gros au niveau mondial, presque 6000 groupes.. Ce sont des expériences sensationnelles, avec un public étonnamment assez varié, cosmopolite. Bon ok il y a beaucoup de barbus et de nerds ! (Rires) Mais il n’y a pas que des toxicomanes amateurs de psychés…

L’album de One Switch c’est pour….

Günther: Quelques enregistrements à finir, puis surement un album avant la fin de l’année. Chez Paneuropean ca coule de source.

La différence entre Turzi et One Switch ?

Günther: Déjà du chant avec One Switch, grâce à Oliver. Et puis je suis directeur des opérations, alors qu’avec Turzi je suis plus exécutant. Il y a différents univers musicaux chez One Switch, pas vraiment de leader, juste quelqu’un –moi- qui essaie de profiter du génie des musiciens pour…

Bravo, c’est un excellent discours de manager corporate !

Günther: (Rires) Disons que c’est assez démocratique. C’est pas original de dire cela mais c’est un mélange d’influence, du Velvet à …

Passons sur les influences, on s’en fiche un peu.

Oliver : Moi je suis juste là pour l’alcool tu sais.. (Rires)

Rendez-vous le 5 juillet au Point Ephémère. http://www.myspace.com/oneswitchtocollision
http://www.myspace.com/paneuropeanrecording

7 commentaires

Les “babyrockers”, un peu out comme expression non?

Commentaire par Dühsse, le Lundi 2 juillet 2007 à 3:03

C’est vrai.. Ne les appelons plus du tout alors.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 2 juillet 2007 à 6:39

Hey, pas si vite… Les shades sont bons.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 2 juillet 2007 à 11:46
Commentaire par klwuvvtupl, le Lundi 2 juillet 2007 à 7:18
Commentaire par oqgdznkerx, le Lundi 2 juillet 2007 à 20:20
Commentaire par hapsarubjp, le Lundi 2 juillet 2007 à 2:48
Commentaire par edjynsaqrz, le Lundi 2 juillet 2007 à 19:09

Laisser un commentaire