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OKKERVIL RIVER “Folk & Roll”

Okkervil River sort son cinquième album, The Stage Names. Et à en juger par le peu de fans transis entourant le groupe lors de leur passage à Paris, (...) suite

Okkervil River sort son cinquième album, The Stage Names. Et à en juger par le peu de fans transis entourant le groupe lors de leur passage à Paris, leur quasi anonymat dans les rues de Ménilmontant, on se dit que la France n’est pas encore prête pour le folk & roll.

Mais ceci est bien dommage. Car The Stage Names est le premier album d’Okkervil écoutable sur la longueur. Comme un reflet de l’Amérique qu’on aurait aimer avoir en vignette Panini au fond de son cartable. Une poignée de mains de plus de 8000km beaucoup plus rock & roll qu’un tunnel sous la Manche.

Assombri par le radieux Palo Santo de Shearwater (Le projet parallèle de Jonathan Meiburg, guitariste d’Okkervil), Will Sheff le leader maxima revient en grande pompe pour botter des fesses. J’enlève mon pantalon.

En fait, je suis un peu emmerdé car j’ai découvert Okkervil River grâce la sortie l’année dernière de Palo Santo, le projet parallèle de Jonathan avec Shearwater.. J’ai tout d’abord pensé que c’était Okkervil le projet parallèle… Et puis Jonathan m’a tout dit.. Enfin la vérité quoi… Faut dire que Palo Santo est une tuerie quand même…

Will Sheff (Composition, chant, guitares) : Il ne t’a pas parlé d’oiseaux, ce genre de trucs ? (Rires confidentiels)

Euh non, il y a un private joke là ? Nan; mais sérieux, y-a-t-il des points communs entre Shearwater et Okkervil River ?

Will (définitif): Le seul point commun c’est Jonathan qui joue les parties guitares et s’investit dans la production. Il chante beaucoup aussi sur Okkervill. Faut quand même pas oublié que j’ai monté Shearwater avec lui ! Nous avons une esthétique similaire, mais séparément notre musique ne reflète pas forcément la même chose..

Mais l’idée de fusionner les deux groupes en un seul ne vous a jamais effleuré l’esprit ?

Will : Nous avons monté Shearwater à un moment où l’avenir d’Okkervil était incertain, nous venions de perdre notre batteur originel. C’était assez frustrant car je n’avais jamais imaginé le groupe autrement qu’avec mes amis d’enfance, des amis du collège.. Et nous avons monté Shearwater pour nous distraire. Nous amuser quoi. Mais les deux groupes sont totalement différents… Mais encore une fois sur Palo Santo je n’ai quasiment rien fait.

Bon revenons sur The stage names, votre cinquième album…. Cela semble être le premier à vraiment dégagé une énergie live, une vraie force que j’ai du mal à retrouver en dehors des anciens singles comme For Real par exemple…

Will : Cinquième album pas tout à fait… Nous avons un premier album, pas vraiment disponible en dehors du Texas. Après pour The Stage Names, toutes les compositions me semblent liées au titre effectivement. Je le voulais comme un vrai moment de fun, un truc divertissant. Quelque chose de plus concret, avec un groove.

Limite conçu comme un vinyle non ? Les trois premières sont assez rock & roll, puis viennent trois chansons plus douces….

Will : Oui tout à fait. Pour moi elles marchent par trois. Il y en a 9 au total, donc c’est pratique à diviser. The Stage Names marche comme une série de vagues en fait…

Et il y a cette chanson, A girl in port… La plus belle chanson de l’album pour moi. Mélancolique à souhait. Qui l’a composé ? Vous ? Jonathan ?

Will (Enervé) : Nan c’est moi. Soyons clair. J’ai composé toutes les chansons de cet album. Là j’ai voulu revenir au « classic ballads », avec des mots plus simples, une histoire du quotidien. Avec une mélodie qui était dans ma tête. Vu que nous tournons beaucoup nous n’avons pas vraiment le temps de répéter. Elle est donc venue tout d’abord mentalement et j’ai tout couché sur papier après. Quelque fois cela rend la chanson plus puissante. Car vous êtes obligé de tout retenir de peur d’oublier quelque chose ! Mais si les compositions viennent de moi, j’insiste sur le fait que c’est un projet collectif.

J’ai lu que vous aviez joué avec Lou Reed à NY voila quelques mois… Bon comment ca fait ?

Will : Disons que c’était fantastique, j’ai appris voila peu qu’il était fan de notre musique… Nous n’avions jamais joué ensemble. Voila le genre de chose qui rassure. C’est l’un de mes héros quand même… C’était un «simple» concert, pas pour la tournée Berlin.

Alors justement on parle de Lou Reed, sur la première chanson de l’album, Our life is not a movie or maybe, vous avez mis des chœurs avec des Ouh Ouh qui font fortement penser au I’m so free de Transformer… Coïncidence ?

Will : Ah mais c’est dingue que tu penses à ca toi ! Pure coïncidence je te jure ! Mais j’écoutais beaucoup cet album pendant l’enregistrement… J’avoue ! Je crois qu’au départ nous voulions enregistrer ces chœurs à la manière de Sympathy for the devil… Mais maintenant que tu le dis c’est vrai en plus…. Et j’adore I’m so free…

Y a-t-il un lien entre la troisième chanson, A Hand to Take Hold of the Scene, et la septième, You Can’t Hold the Hand of a Rock and Roll Man?

Will :Oui bien sur. Si tu regardes le dos de l’album tu vois cette main qui embrasse le paysage… Le fait d’aller vers quelque chose, d’attraper quelqu’un, comme lorsqu’on est sur scène. De manière mystique, oui disons que c’est quelque chose que je voulais signifier sur cet album. Pas forcément de manière religieuse. Mais nous essayons d’être comme une sorte de radio qui capterait les ondes. J’ai toujours fonctionné comme cela. Et les textes vont vers cela. Tenter de dépasser la pure description pour permettre plusieurs niveau de lecture.. Si tu prends A whiter shade of pale par exemple, les paroles sont totalement nulles, mais la mélodie suggère quelque chose de plus mystérieux.. Voila ce que doit être pour moi la chanson pop. Quelque chose de léger mais également mystérieux.

On pourrait être tenté de décrire la musique d’Okkervill comme du Folk & Roll. Et vu d’ici on a du mal à comprendre comment vous arrivez à survivre aux USA, coincé entre le R&B à string et le Emo’ rock horrible…

Will :Il n’y a pas beaucoup de bons musiciens aux USA, mais il y en a eu ! Les industries ont eu l’habitude de vendre des millions de disques, grâce à des artistes qu’elles pouvaient contrôler… Peut-être le syndrome est-il en train de s’inverser. Mais nous survivons je te rassure ! Je nous considère comme un simple « indie rock band », nous jouons dans des clubs un peu partout, sur les college radio. Nous n’en sommes pas encore à jouer dans les restos (Rires) ! Dans les années 60 les artistes n’avaient pas ce genre de problème, Buddy Holly était un artiste indépendant et tout le monde jouait du rock dans son garage.. Bon voila l’époque a changé, et même si j’aurai préféré jouer dans les 60’, l’aventure reste excitante.

Lorsque vous vous réveillez le matin, vous pensez donc encore que le monde peut changer, qu’Okkervil peut envahir les radios et botter le cul de Britney ?

Will :C’est comme si tu était à la guerre, tu sais que tu vas perdre et t’en prendre une bonne dans la tête, mais tu y vas quand même… Je dois croire à cela, j’ai donné ma vie pour ca tu sais.. J’écris les meilleures chansons que je peux, je me donne un maximum, et la seule récompense au bout du compte est d’être fier d’avoir fait ce que tu as fait. Point barre. Je fais mon boulot. Voila.

Vous vous voyez jouer jusqu’à 60 ans avec Okkervil ?

Will :Je ne sais pas…. On prend les albums les uns après les autres… L’argent peut être un facteur déterminant pour mal de groupes, même pour nous…

Vous êtes rock-critic également, comme je l’ai lu dans la presse ?

Will :Je l’ai été…

Si vous deviez résumer votre album par une critique positive ET négative….

Will : Well…. Si je devais donner une critique négative… « Perhaps it’s too good !» (Rires). Je déconne hein… Mais nous sommes bien obliges de croire à ce que nous faisons!

Je suis sûr que vous aviez préparer cette réponse ! Merci pour ces réponses sincères.

Will : Merci à toi. Rare de voir un journaliste qui connaît les titres des chansons ! (Rires)

www.myspace.com/okkervilriver

3 commentaires

Belle interview ! Merci !

Commentaire par Black Sheep, le Lundi 3 septembre 2007 à 11:21

Ah un fan! Quand même il y en a:-)
Je commencais à m’inquiéter.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 3 septembre 2007 à 0:07

Bien sur qu’il y en a.
Et ils écoutent Okkervil River en session acoustique vidéo : ici

Commentaire par cédric, le Lundi 3 septembre 2007 à 9:55

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