Hear me now. Attention, ça dure 13 minutes. 5 pauv’ morceaux. Une voix et les doigts qui raclent sur le manche de la guitare, Johnny Cash qui aurait passé son adolescence sur la canebière avec ce sentiment de n’être pas né au bon endroit…
Oh ! Tiger Mountain, ou l’histoire d’un mec qui a chopé un méchant blues. Non, c’est pas sa femme qui est partie, seulement ses potes musiciens. Après des années d’aventure ensemble, à faire crier les amplis, à jouer ce rock anglo-saxon qui les fédérait, à prendre soin de s’habiller avant de monter sur scène, parce que c’est ça aussi, être rock’n roll… Alors il dégaine sa guitare sèche, rapproche le micro de l’ampli et commence à chanter. 5 morceaux. 13 minutes. Inutile de résister.
Like a wall
Un cow-boy en 56k ayant perdu son cheval, joue de la gratte pour passer le temps. La nuit doit être en train de tomber, on entend ses doigts glisser sur le manche, il parle de murs… y a des murs, dans le désert ? Bon, pour dire la vérité, le bougre double tout ; guitare et voix. Pratiquement la seule coquetterie du EP. Ca valait le coup.
Little reds cells
Une intro à la Stand by me, la suite qui n’appartient qu’à lui. Y a les passeurs… et les autres. Influence digérée et puis « j’ai pas que ça à faire », peut-être même qu’il s’en fout. Une chanson qui craque, une chanson qui t’accroche, ça c’est important. A part ça Little reds cells ressemble à un hymne, à quelque chose qui donne envie de se fédérer autour. Pourquoi faire ? Pour rien, les gars. Juste pour le plaisir. Une chanson qui te fait grimacer, c’est gagné, non ? « I’m comin home, baby, don’t worry… »
Another day in blue
Super court, super sec, la telecaster (bah oui, il a gardé une guitare électrique, qu’est-ce que tu crois ?) qui racle, qui couine. Le troupeau rangé, Oh ! Tiger Mountain expédie les affaires courantes et pond un slow d’homme, un vrai. Et finit avec Just another day in blue. On dirait du Richard Brautigan.
Or the drugs
Une intro à la Everybody hurts, trois pauvres notes en arpège, la voix qui déboule et une fois encore, la terre qui vacille sous tes pieds. Le tempo ? 2 BPM, au mieux…Un truc à s’écouter la nuit, à hurler avec les coyotes et se prendre pour le seul tigre du Texas.
Two sisters (Kinks cover)
Une grande claque dans ta gueule, pour finir. LA perfect song, du moment que tu as une âme (dans le cas contraire, que fais tu sur Gonzaï ? Retourne sur telecharger.com). A partir de là, c’est un peu la chanson à tout faire : chialer parce tu es triste ou parce que t’es heureux (et que tu sais que ça ne va pas durer), rêver Far West et coucher de soleil, demander la mère de tes enfants en mariage (à Las Vegas, of course), rester là comme un con à écouter ta chair frémir, etc etc… Two sisters, en réalité, ça n’est pourtant que quelques arpèges et une voix ; le truc le plus simple du monde. Avec les « hum ! hum ! hum ! » à la fin, à la place des paroles. Amen.
7 commentaires
Et la conclusion, elle est où? Article inachevé. Vous devez être plus consciencieux Vairnon Ate.
Et Amen, c’est pas une conclusion ?
Morcouille! Suis-je la moitié d’une buse? je ne l’avais pas vu. “Amen” est la plus probante, la plus lumineuse, la plus lascive des conclusions. J’en suis comblé. Merci à vous.
Putain, c’est un peu trop pour moi
L’article a attisé ma curiosité, je me rends sur le myspace de l’artiste. Premier morceau. 1 minute et 20 secondes plus tard je me fais décidément trop chier. Je ferme l’onglet. Mais je retiens le nom et je ne serais pas étonné d’y revenir, voir si une deuxième écoute pourrait plus me toucher. De profundis…
Ben, forcément, y’a aussi ceux qui n’aiment pas… Mais bon, y’a un moment, faut bien reconnaître que quand même, il est très très fort, ce garçon. Merde.





PLAY BLESSURES
Two Sisters c’est sublime certes et aussi une histoire de frustration sur une femme au foyer qui jalouse et déteste sa sale snob de frangine qu’elle finit par imiter après une crise de nerf. Bon, après elle regrette et préfère ses petits bouchons morveux aux vernissages arrosés !
Ah les enfants… c’est mignon mais ça consomme un max !
Parce que Gonzaï c’est aussi ça : pour le retour des femmes au foyer et contre les putes à frange qui polluent nos slips.