En attendant la montée des eaux, la disparition des poissons et la troisième guerre thermo-nucléaire, Of Montreal semble prendre plaisir à contempler le monde qui s’écroule, du haut de son nuage opiacée, l’œil en lorgnette sur leur modèle Brian Wilson. Nettement plus drôle dans le genre que la secte des Polyphonic Spree.
Après avoir passé des mois et des mois à comparer tel et tel album aux Boards of Canada, au Velvet, à U2 première période, à John Carpenter aux incontournables, il semble que la mode ait changé de sens, et que Brian Wilson redevienne tendance. Limite référence ultime des geeks qui souffrent en silence du rock stricly basic. Et force est de constater qu’avec ses refrains de croisière dans les tropiques, Of Montreal est de loin le plus détestable des groupes qu’on souhaiterait aimer en secret. Cette ultime candeur enjouée sur le terrain de la pop Pet Sounds, ces carillons qui rappellent que l’amour est au centre des ébats (Cato as a pun), que les voix de castrats bordées dans des arrangements pliés au carré sont plus belles que trois accords sur une gibson achetée à Pigalle.. Décidément la mutation est difficile, et le réflexe premier est de détester ce pastiche des Bee Gees hésitant entre le Disco et la pop. Ce disque, Hissing Fauna, Are You The Destroyer ?, est discopop, une boule à facette à la place du cerveau, et des cotillons en lieu et place du sexe qui pendouille.
Et Faberge falls for shuggie(Quel titre improbable) rappelle que les Scissor Sisters ne sont qu’un photocopieur à influence en N&B, que la vraie pop, ce n’est pas l’accoutrement vestimentaire mais la science des arrangements, des mouvements et des digressions. Ce son de basse qui d’entrée incite au striptease (Gronlandic edit) jusqu’au coït sonore. Quitte à rappeller les harmonies de Lennon et Macca, mais sans le jeu de batterie lourdingue de l’autre barbu qu’il aurait fusiller avant qu’il claironne que nous vivions tous et toutes dans des sous-marins jaunes. Ceci est une autre histoire.
Hissing Fauna, Are You The Destroyer ? est donc un album de fête pour le quotidien qui déprime. Aucune faute de parcours sur l’album pour celui qui peut supporter l’idée d’un homme chantant comme une femme, ou celui portant au nu The Phantom of the paradise.
Si Brian Wilson porte aujourd’hui le goitre mieux que personne, Of Montreal s’avère être le groupe de castrat le mieux burné des Etats-Unis d’Amérique.
Of Montreal // Hissing Fauna, are you the destroyer
Par Bester Langs
13 commentaires
la mesquinerie de la métaphore est dure à filer, j’en ai cassé mon aiguille… Disons, la langue moins dure, que ce groupe à simplement bâti avec cet album une sorte de cathédrale stylistique, qui, certes, à un côté un peu effrayant mais appréciable pour son capharnaüm psychédélique et sa scyzophrénie multiple! c’est vrai qu’on paume un peu nos repères chez des beatles étranglés, mais en ce qui me concerne,cette electro-pop pour bambins innocents reste, en matière de subjectivité objective (puisqu’à l’heure du jour le concept en est ainsi),une variante pseudo bee gees qui à plu à pitchfork (loin de tout argument de force!).
Cher anonyme,
Voila un bien beau coup de plume pour démonter un article!
J’adore!
Merci de citer Pitchwork dans les sites qui font du défrichage. Je pense meme qu’à ce titre on pourrait citer d’autres sites, histoire de dire que d’autres gens aiment ou non ce groupe, et du coup par le biais d’un ostracisme belliqueux nous accuser d’aimer ce que d’autres gens aiment!
Merci pour le courage de l’anonymat, car en 2007, au bout du compte, être français c’est ne pas montrer son nom
Bester wishes
Mes plates excuses pour cet anonymat impromptu,à défaut d’avoir été inspiré par le fond de l’article je ne l’ai pas été pour mon pseudo… Rassures toi je suis bien français et également enthousiasmé par ce webzine!! C’est simplement la tournure avec laquelle le chroniqueur s’est employé à critiquer l’album qui m’a plus ou moins accroché! Je renvoie le compliment pour “le beau coup de plume”, bref sans galanterie aucune,c’est un bon début de défrichage…
keep it on!
pourrais-je suggérer une (future) chronique?
Le chroniqueur se trouvant au bout de mon bras, je prends le compliment avec enthousiasme.
Appréciant les duels, je t’invite à m’envoyer une chronique d’Of Montreal sur bester_langs@gonzai.com
Besterement votre,
Bester
Très honoré, je relève le défi bien volontier!
Et deux pour le prix d’une puisqu’au départ ma suggestion se tournait vers une chronique d’Hot Chip (non satisfait par la seule pop’disco-tillon, le groove electrobarré de ce groupe mérite à se répandre entre les lignes des chroniqueurs…mais tout novice que je suis, celà ne reste qu’une basique suggestion)
A bientôt alors, sur @gonzai.com
heu moi aussi j’aime bien l’opium
Hot chip oui…. C’est du sacré défrichage ca.
Et tu penses quoi du dernier album de Brian Jones, cher Kruft?
De la musique pour gays mal sapés,mais après moi ce que j’en dis,hein?
Moi j’aime bien Polyphonic Spree, surtout leur reprise de bowie…
Quelle horreur les Polyphonic. Une bande de sectaires en toge qui glousse.
J’aime les sectes…




ETRE DIEU
Ca c ‘est du vrai,du bon défrichage pertinent et perspicace!!Cimer la gonzaï team