O’ Désespoir… Ou le plouc corbeau.
Le bluegrass, déclinaison américaine des musiques folkloriques irlandaises. Bien entendu joué par des émigrés en cowboy boots, le trèfle à la boutonnière. Des roux se torchant au whisky. Le bluegrass est une musique de shred : transposer les techniques et gammes du violon irlandais sur des guitares, des banjos. Crier à la verdure dans les étendues du désert et les montagnes rocheuses.
Voilà pour l’historique, le bluegrass. Parce que O’Death est de ce cru là, comme je n’ai plus eu l’occasion d’en entendre depuis les nuits inter Cowboy-Celtique des pires pubs à baston des banlieues normandes. Une musique qui pousse à la consommation effrénée d’alcool décalquant, l’haleine forte et les cigarette sans filtre au fond des yeux.
Un groupe rêvé, fantasmé. La tradition alliée aux envies de notre époque : de la noirceur, du sentiment, un urbanisme parallèle ; celui des espaces fantasmés. Bref, O’Death est clairement gothique, proche de l’esthétique Nick Cave. Un groupe qui porte un charnier d’os autour du coup, des fracas de batterie et des cris d’horreur. Le tout sur la base même du folklore des émigrés américains.
La famine, les guerres de religions ou les maladies. Rajoutons à cela l’alcoolisme, le chômage la dope chez les enfants. Quitter l’Irlande ce n’était pas que laisser derrière soit les Korigan et les magots au pied des arbres. C’était aussi fuir un amour, mais un amour maudit.
Cette thématique transpire tellement dans cette musique : la pudeur celte, si proche de la pudeur arabe. Ne pas se plaindre mais pleurer à chaudes larmes, être digne et humaniste en même temps. La torsion des passions, celle qui donne naissance à un peuple de génie, d’une sensibilité rare.
Il y a tellement a dire, et si peu d’attention à toute ces questions. Mais Head Home, c’est cela : un amour flamboyant, une course dans les prairies où chaque pas fait ressortir la sècheresse, la dureté et le sang du monde.
Merci Pour Eux.
O’death // Head Home // City Slang
2 commentaires
bel article!




ETRE DIEU
beau texte qui colle à la belle découverte.
Je viens d’écouter O’death, l’album est extra.
merci Little Johnny Jet!