A peu de choses près, la musique de Kieran Hebden m'a toujours parue plus intéressante sur le papier que dans les oreilles. Comme pour prouver que toute sa musique repose sur cette notion, on trouve parfois en plein milieu des chroniques de ses disques le mot « génie ». Les beaux noms suivent les éloges, on ne se gêne jamais pour rappeler sa collaboration embarrassante avec le batteur de jazz Steve Reid : du bleep bleep perdu dans un bruitisme décontracté qui serre quand même les fesses.
Un peu après l'expérience post-rock Fridge, Kieran s'essaye aucopier-coller dans sa piaule, il en sort Pause et Rounds. Plus d'une fois essayé, ça ne m'a jamais franchement chamboulé. Folktronica, l'arnaque qui réuni l'improbable : laptop vs épicéa, Autechre vs Nick Drake, geeks & babas. C'était le début des 00s, à peu près au même moment où pour la première fois on entendait parler de dubstep. Avant que la presse nous sorte ça à longueur de page. Kieran a aussi donné dans le genre, avec le producteur Burial. Deux titres à s'enfiler en s'habillant pour une soirée qui s'annonce pas top, Moth et Wolf Club. Tout ça semble presque enterré, même Warren Ellis (pas l'australien mais l'illustrateur anglais) en a marre. Lui qui comparait ça à Ballard, « Londres englouti par les eaux » etc, twitte en gros que ça lui casse désormais bien les couilles. Quoiqu'il en soit, Kieran Hebden remporte de mon côté une sympathie de principe. Il est souriant, a l'air sympa en tee-shirt baskets.
Et puis il y a quand même Ringer, l'album de 2008, crossover réussi entre les vieux fantômes de l'IDM pour informaticiens qui vivent encore chez leur mère à 30 ans et John Carpenter.
Je pensais que ça bougerait un peu mais en fait je me suis planté. Avec There Is Love In You, Four Tet nous sort « l'album hypnose, entre house et summer of love, genre » depuis qu'il traîne un peu trop en club, voix féminines d'un autre âge en sus. Déception. Baille. Ennui globalisé.
En 2010, sûr que Kieran Hebden fait figure de vétéran, donc on respecte. Aussi sûr qu'on écoutera aisément autre chose qu'une house sous éther: trois noms laptop me viennent à l'esprit. Pour ne pas trop se faire chier en écoutant de la musique au casque tapi dans l'ombre. Les anglais Kelpe, Arcadion et l'écossais émigré à Londres Architeq. Tous les trois entre le funk et Jean-Jacques Perrey. S'amuser autrement qu'en attendant de sacrer la New Beat et Haddaway rois du monde.
Four Tet // There Is Love In You // DOMINO.










Commentaires
Tout pourrait presque se
février 5, 2010 par Anonyme , 5 semaines 4 jours ago
Comment id: 3426
Tout pourrait presque se résumer à cela: "What is love, baby don't hurt me, don't hurt me, no more".
ça sent la blase du vieux
février 5, 2010 par Nawak , 5 semaines 4 jours ago
Comment id: 3431
ça sent la blase du vieux critique(en espérant que tu sois réellement vieux)...pas trés constructif de ressasser des clichés
Malgré tout je n'aime pas beaucoup cet album...
Oui oui j'ai 47 ans.
février 5, 2010 par S.G , 5 semaines 4 jours ago
Comment id: 3434
Oui oui j'ai 47 ans.
Un LOL de rigueur pour ce
février 5, 2010 par HP , 5 semaines 4 jours ago
Comment id: 3437
Un LOL de rigueur pour ce dernier comment...
Moi (belle introduction de
février 7, 2010 par Anonyme , 5 semaines 2 jours ago
Comment id: 3457
Moi (belle introduction de commentaire, non?) pourtant ce disque j'aime vraiment bien comment ça commence et comment ça fini. Je sais pas si j'aime mais j'écoute beaucoup.
Au milieu, je vous l'accorde...yawn!
Mais au moins c'est moins ringard que Massive Attack, non?
Moi, je pensais aimer ce
février 9, 2010 par S.G , 5 semaines 1h ago
Comment id: 3481
Moi, je pensais aimer ce disque avant que ça commence... Pour ce qui est de Massive Attack, oui, non. En fait, je ne l'ai pas écouté le Massive Attack.
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