Avez-vous déjà remarqué comme le bloggeur névrosé que nous sommes tous (si vous lisez ces lignes, vous en êtes, pas de doute) tente semaine après semaine de se faire remarquer sur le network avec son jeune poulain qu’il aura déniché alors que les autres (les plus médiocres, okay) en sont encore à vous bassiner avec The Ting Tings ou Hercules And Love Affair?
Avez-vous déjà senti la puissance d’une découverte, d’un territoire vierge où aucun homme (muni d’une souris et d’un portable) n’aurait posé le pied avant VOUS ? Avez-vous déjà senti au fond des entrailles l’immense déception, celle qui vous aurait fait renoncer à la vie si vous n’aviez pas rendez-vous à la fondation Cartier trente minutes plus tard, en consultant une page américaine, anglaise, berlinoise, parlant de la découverte musicale que vous pensiez être le seul à avoir décroché ?
“Mon dieu, je ne suis pas seul. Un astronef s’est posé ici avant moi. Houston, je rends les armes. Rentre à la base. Fin de transmission”.
Echotropic NLF3Cette impression de fausse prescription, nous l’avons tous les jours, en tapant névrotiquement les lettres d’un artiste sur lequel on a écrit quelques lignes (en général mauvaises), se rendant fièrement compte qu’on apparaît dans les quatre premiers résultats sur Google. En général parce que l’artiste est mauvais, et que vous êtes le putain de seul gonzo reporter à avoir cru bon de miser vos (stylos) billes sur le poulain en question.
Comme les putes à Bangkok, c’est souvent pathétique, et parfois rentable.
Dans le cas de NLF3, trio instrumental parisien, je ne me suis même pas aventuré trop loin (trad: faire une Google request avec les mots clefs d’usage) de peur de tomber au pire sur le qualificatif “post rock moderniste à capuches” qui sied si bien à Crystal Castles (mort à Crystal Castles).
Comme dans la majorité des cas, sur l’année 2008 pour le moins, l’avant-garde est française. Trois francs six sous, un clavier, une batterie, la mort d’un chanteur, et vous obtenez le meilleur de l’expérimentation vrombissante qu’aucun autre groupe étranger ne saura vous procurer. Même sous crack à Château Rouge un samedi soir.
NFL3 c’est bien, leur nom est à coucher dehors, leur musique à dormir debout. Et encore une fois, je m’abstiens d’être le cul entre deux cierges.




ETRE DIEU