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AWOPBOPALOOBOP ALOPBAMBOOM de Nik Cohn

Ou comment un pauvre irlandais prépubère a écrit la pierre de rosette du rock n'roll. «Awopbopaloopbop alopbambom» Le CRI primal. La première chaise. Le premier testament du rock, sa pierre de (...) suite

Ou comment un pauvre irlandais prépubère a écrit la pierre de rosette du rock n’roll.

«Awopbopaloopbop alopbambom»
Le CRI primal.
La première chaise.
Le premier testament du rock, sa pierre de rosette en quelque sorte… Ecrit en 1968 le livre de Nik Cohn n’est pas un roman que l’on résume mais que l’on lit si on a l’affreuse prétention de se frotter un tant soit peu au rock n’roll ou pire encore, de le vivre…

Oui, car Nik Cohn l’a vécu intensément et c’est pour cela que son livre est, et restera, le meilleur jamais écrit sur la musique contemporaine. Car il a été conçu dans le feu de l’action ou plutôt lorsque les flammes commençaient a s’apaiser; en pleine descente en quelque sorte…Le rock, comme une drogue avait rendu les choses merveilleuses, mais ses effets se dissipent peu à peu et Cohn se rend compte des affreuses choses qu’il a engendré. De la pop intello des Beatles à la poésie de pacotille de Morrison…

Oui le rock ca se vit ca ne s’écrit pas, cela l’ami Pacadis l’avait bien compris lorsqu’il a commis cette phrase magnifique:

“Ecrire sur le rock n’roll est à la portée de n’importe quel blaireau, le
vivre est autrement plus difficile”.

Nik cohn n’était pas n’importe quel blaireau, le métier de rock critic il l’a quasiment inventé quand il bossait chez Crawdaddy l’un des, voire le premier, magazine sur le rock… Donc oui on a vraiment, mais alors vraiment pas affaire à un con. La quintessence du cool quoi… Voilà, là on a les bases du truc mais en vrai on lit quoi dans ce foutu bouquin?

Et bien en vrai quand tu ouvres ce livre, il y à Nik Cohn qui te prends par la main et qui te dis: “viens gamin je vais te montrer un truc, c’est pas mal ça s’appelle le rock n’roll, je sais pas si tu connais mais moi franchement c’est ma came.” Il te montre des mecs qui à première vue sont des gros beaufs comme le gars qui conduit des camions, adore les chemises roses et aime bien se branler en pensant à sa mère ou à jésus…

Elvis qu’il s’appelle le con…

Sauf que parfois les gros beaufs en question, il leur prend l’envie de monter sur scène et de crier, car oui le rock pour de vrai c’est ça : Un mec qui crie entouré d’un halo de lumière avec des mecs qui font du bruit derrière lui.

Et là tout devient vraiment fou parce que le soi-disant beauf sur scène il à la classe, tout en génuflexion il invente un langage aussi bien de mots que de son. Les petites filles s’en pissent dessus d’excitation et les garçons ont leur première érection face à un jeune homme noir qui met du mascara…

Ca, en gros c’est le début, on est en 1954 / 55 c’est un truc d’une violence inouïe pour Cohn, qui se prend ca en pleine gueule. Nik Cohn est à la pop music ce que Michelet fût à la révolution française; son historiographe le plus séduisant et le plus lyrique. Cet ouvrage est une sorte d’encyclopédie de Diderot et d’Alembert du rock… Apres ça, l’auteur continue de nous compter les dérives de la pop jusqu’en 1968 date à laquelle, pour lui, l’histoire se finit.
C’est en spectateur désabusé qu’il écrit ce livre, en homme assistant à la déchéance de son vieux pote d’enfance qu’est le rock, oui dans ce bouquin c’est bien de rock n’roll qu’il s’agit et pas d’autre chose…

Ps: Lis ce livre délecte toi du fascisme musical de son auteur, imprègne toi de sa connaissance infinie de la musique, et toi aussi tu auras le droit, le droit ultime devrais je dire, de pouvoir halluciner devant ta télé ,lors d’une rediffusion pour les fêtes de noël ou lors d’une autre fête à la con de Saturday night fever le fameux super film “DISCO” en voyant le nom de ton nouvel auteur préféré défiler lors du générique de cette immonde merde qu’est ce film, et de surcroit, le voir crédité en temps que scénariste.

Nik Cohn // Awopbopaloobop alopbamboom // Collection 10/18

Texte par Charles Von strychnine

 

4 commentaires

Enchanté…

Commentaire par Dühsse, le Lundi 9 avril 2007 à 0:27

J’avoue que ce garçon n’est pas mauvais.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 9 avril 2007 à 14:31

Nik Cohn a rêvé le scénario de Saturday Night Fever… et, à mon avis, c’est un putain de grand film ! que je n’ai vu que récemment, c’est vrai. trop d’à priori… mérite une seconde lecture.

Commentaire par Pierre M, le Lundi 9 avril 2007 à 12:45

Je comprends mieux ton allusion de ce soir au Réservoir Pierre!

Commentaire par bester_langs, le Lundi 9 avril 2007 à 22:29

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