Gonzaï rencontre Ungemuth. «Encore un truc de parisiens !», «Ras-le-bol des journaleux qui fréquentent les mêmes bars !», «Qu’ils viennent sur le terrain, partager la Kro tiède avec les Mystic Fuckers de Châteauroux ! »…. On entend d’ici - QG Gonzaï inc., Avenue Foch, côté soleil l’après-midi car c’est mieux pour l’amour, l’après-midi - la colère des régions sans Tour Eiffel, la mauvaise humeur des Gascons du rock, la grogne de l’artisanat myspace.
Raison gardons, gentlemen !
Ungemuth, deja visionnairePour détendre l’atmosphère, quelques questions simples : depuis combien de temps n’avez-vous pas lu un rock-critic qui semble croire à ce qu’il raconte ? Quoi de meilleur que de refermer Rock’n’Folk avec l’envie de foncer chez le disquaire ou de casser la gueule du journaliste (c’est selon ; si Ungemuth a éreinté ou non votre groupe fétiche) ? Et puis, entre nous, avez-vous déjà suivi les conseils de Jean-Vic Chapus (Rock&Folk) ou Jean-Daniel Beauvallet (Inrocks) ? Non, vous le savez, je le sais, les Mystics Fuckers de Châteauroux aussi. La prochaine tournée de Kro tiède est pour moi.
Voilà. Nicolas Ungemuth a ramené de l’épiderme dans la presse rock. Avec style parti-pris, sans cet arrière-goût de dossier de presse, fade et pourtant si tenace ces derniers temps. Bon, ce n’est pas une révolution esthétique, un grand débat de fond, la réponse à l’avenir du rock et au téléchargement… Inutile de déterrer BHL ou Lester Bangs. Mais ça manquait, tout simplement. Et ça méritait bien une interview.
Gonzai : A la lecture des mails que nous avons échangés, j’ai eu l’impression que tu venais d’une famille de musicien…
N.U : Non, pas du tout, mais mon père était un fanatique de jazz, très ami avec le pianiste René Urtreger (qui joue par exemple avec Miles Davis sur Ascenseur pour l’échafaud), ou avec l’organiste Eddy Louis qui a fait des choses exceptionnelles avant pas mal d’atrocités, particulièrement avec Stan Getz. Il était également très proche de Francis Paudras (qui a hébergé Bud Powell puis écrit La Danse des Infidèles, livre adapté par Tavernier pour son film Autour de minuit). Ma mère était simplement fan des Beatles, des Stones, des Kinks, de Stevie Wonder… J’écoutais sa collection de disques.
Et parmi toutes ces références, quelles ont été tes premières fascinations?
Rue des archives, 81Je ne sais pas pourquoi mais j’adorais Elvis, Eddie Cochran, Gene Vincent, le rock pionnier vers 8 ou 9 ans. Plus tard, on m’a offert le disque Never Mind the Bollocks qui a changé ma vie. Quand je suis rentré en sixième dans un lycée parisien, certains « grands », les types de terminale, étaient mods. Ils me fascinaient. J’ai cherché des disques des Jam et là j’ai immédiatement accroché. All Mod Cons est un album qui m’a retourné. Via les Jam, j’ai déroulé la pelote : tu découvres Motown, les Small Faces, les Action…
Il y avait donc un milieu mod parisien ?
Oui, on se retrouvait rue des Archives, puis à la Motte-Picquet. On partait à Londres, on se faisait parfois dépouiller par les skins. Bon, évidemment, comme souvent, cette bande est devenue de plus en plus puriste, fermée, codifiée…
Ce qui est un contre-sens complet quand on pense aux Mods originels : des types capables de s’intéresser à toutes les musiques noires, à la pop, au freakbeat…
Totalement, c’est le contraire du mouvement, de l’étincelle de base. Être moderniste, ce n’est pas rester bloqué dans le rétroviseur et vivre dans un fantasme de 1964 qui n’a d’ailleurs probablement jamais dû exister tel qu’on se l’imagine.
Pourquoi as-tu décidé d’écrire sur la musique ?
Je ne sais pas si j’ai vraiment décidé. Je ne savais pas quoi faire, en fait. Mon père était énarque et m’imaginait bien enchaîner Science Po et l’ENA. Mais non, c’était impossible pour moi. A l’époque j’étais très fan de Nico. Lorsqu’elle est morte, j’ai envoyé un article absolument impubliable à Guitares & Claviers parce que je connaissais quelqu’un là-bas. On m’a dit : « on ne peut pas le passer mais il y a une pile de disques ici, essaie de faire quelques chroniques ». Quelques mois plus tard, le chef des informations du journal est parti travailler au Guide du Routard, on m’a proposé sa place. J’avais 20 ans, c’était un mauvais journal, abominable, même, mais c’était trop beau ! J’ai pu rencontrer plein de gens en interview : Jeffrey Lee Pierce, Lou Reed, Arthur Lee, Link Wray, Weller, John Lydon… Je me suis fait virer en 1995 et Manœuvre m’a proposé d’écrire à Rock & Folk.
Quelles sont les interviews qui t’ont le plus marqué ?
Andrew Loog Oldham, sans hésiter. Un type raffiné, drôle. Et pas un musicien, ce qui est important car, aujourd’hui, j’ai un regard un peu bizarre sur l’interview de musicien. Quand j’avais 20 ans, pour Guitares & Claviers, j’ai pu rencontrer Iggy Pop, Keith Richards, Lou Reed, John Cale. Je croyais avoir des questions intéressantes et puis tu t’aperçois vite que ce sont les mêmes que les autres. Et que tes héros ont des réponses toutes faites. J’ai été content d’interviewer Gainsbourg par exemple. Sur le moment, je me suis dit « quel sens de la répartie ! ». Et puis, tu achètes les journaux et tu constates que nous avons tous eu les mêmes réponses. Ce sont rarement des gens très intéressants, les chanteurs de rock…
Ce qui m’avait très vite marqué dans tes articles, c’est que tu réhabilitais certaines références complètement passées à la trappe par la presse rock française « officielle » (pas les fanzines) : le paisley sound, les mods et Weller, des groupes américains fondamentaux comme Gun Club ou les Replacements… Tu en parlais, tu les citais comme références.
Ungemuth par Fabrice DemessenceOui parce que déjà en tant que lecteur j’étais frustré : tous les groupes qui m’intéressaient et que tu as cité avaient le droit à trois lignes dans la rubrique Télégrammes. Le seul média c’était Musicalifornia, à la télé, où tu voyais les débuts de Lone Justice ou des Blasters, par exemple. A l’époque le rock anglais était dans l’impasse. Pourtant fondamentalement, je suis anglais dans mes goûts, hein ? Mais à cette époque, ils avaient perdu le truc. Et ils l’ont retrouvé quand les Jesus and Mary Chain ont sorti Psychocandy. J’avais acheté le maxi chez New Rose. C’était une claque. Ensuite, ça n’a pas suivi malheureusement, c’est devenu le shoegazing.
De la musique planante en fait…
Exactement, ils ont abandonné l’approche spectorienne. A cette époque, j’ai rencontré Chuck Prophet le guitariste de Green On Red. J’ai habité chez lui et il m’a fait découvrir la country, genre que je détestais au départ, et Dylan également. Je n’aimais pas Dylan, j’étais fanatique de Lou Reed, j’avais l’intégrale plus des piles de pirates. Pour moi Lou Reed, c’était Bob Dylan en négatif, en mordant, donc en meilleur.
Alors, comment Chuck Prophet fait-il aimer Dylan ?
Il m’a demandé « Tu connais Blind Willie Mac Tell, la chanson ? Non ? Ce n’est pas possible ! ». Surtout qu’à l’époque, j’adorais le blues pionnier, Charley Patton, Blind Boy Fuller, Barbecue Bob. Le côté archéologue de Dylan m’a tout de suite plu. Et la country est devenue une obsession. Je n’écoutais plus de pop, je trouvais que c’était pour les enfants. J’écoutais la country, de Hank Williams et Jimmie Rodgers jusqu’aux derniers bons disques de Waylon Jennings. J’ai saoulé tout le monde avec la country, les gens se moquaient de moi…
L’insuccès de Green On Red, c’est une injustice incroyable tout de même, quand on y pense…
Carrément. Ils ont annoncé toute l’alternative country. Quand Uncle Tupelo est arrivé, j’aimais bien mais je me suis dit : « ce sont des petits garçons à coté de Green On Red ». Aujourd’hui, j’aime tout, même et surtout leur dernière période. Le songwriting est superbe, les ballades comme Too Much fun sont parfaites.
Au moment où tu as pris la rubrique Rééditions de Rock & Folk, c’était une période charnière : les rééditions CD ont commencé à devenir intéressantes après des années d’arnaques…
Je lorgnais sur cette rubrique depuis pas mal de temps. Quand j’ai pu m’en occuper, j’ai pensé : « parlons de choses pointues. Un ZZ Top ou énième Best of des Stones, on s’en cogne. » Avec la réédition, on vit un rêve de mélomane. En fait, on découvre une chose : il y a des trucs inconnus qui sont très bons. Finalement, ce mythe de « l’injustement méconnu » est vrai. Je me disais souvent que le temps faisait le tri, que ceux qui avaient disparu le devaient tout simplement… Mais avec les rééditions actuelles, tu découvres régulièrement des disques fabuleux.
En Soul, surtout, c’est infini…
Moi, les sorties des premières rééditions Kent m’ont rendu fou ! Tu trouves toujours un type qui a fait deux 45 tours et qui est génial. En Soul, les obscurs sont au niveau des légendes. Parce que souvent, ils sont sortis sur des labels sans moyens financiers, qui mettaient la clé sous la porte après quelques années.
Parlons du cas Weller. Dans tes articles, tu l’as de nouveau cité comme une référence. Ça m’avait marqué car j’étais fou des Jam et je ne lisais que des imbécilités monstrueuses sur Weller…
Il est maudit en France, une cause perdue. On parlait de lui comme d’un réactionnaire.
On l’accuse de stagner alors qu’il a enchaîné les périodes, les genres.
Oui, le type passe des Jam au Style Council sans parler de ses derniers albums très aventureux. Et, après ça, tu trouves des imbéciles qui le comparent à Clapton…
As-tu vu les Jam sur scène ?
Oui, la dernière tournée, celle de l’album The Gift, lors d’un concert parisien sous chapiteau. C’était un concert violent. Des skins français avaient commencé à embrouiller un peu tout le monde mais ils sont tombés sur des mods anglais par centaines, un peu plus durs que les Français, si tu vois ce que je veux dire… Des voitures ont brûlé, les CRS sont arrivés. Sur scène, c’était superbe, rageur, tendu. Il fallait y être parce qu’après, quand tu réécoutes les live, ils passent assez mal sans l’ambiance. Le groupe joue trop vite, Weller est tellement agressif qu’il chantait faux parfois. Mais, j’étais dans un état de transe, c’était le deuxième concert que je voyais de ma vie.
Bon, j’imagine que tu lisais la presse rock française. Quels sont les articles qui t’ont marqué ?
J’aimais beaucoup Garnier et Chalumeau dans une moindre mesure, mais son humour était bienvenu. Je trouve aussi que tout le monde a un peu oublié les excellents articles que Manoeuvre écrivait dans les années 70. Son interview de Lou Reed pour la tournée Street Hassle est parfaite. Sa rubrique « Simplets » hilarante. Je n’aimais pas Yves Adrien. Ce qu’il fait, c’est en fait de la prose. Et la prose sur le rock and roll, ça ne m’intéresse pas du tout, hein. C’est beaucoup trop sérieux. Mais j’aime l’homme, le passeur, l’aiguilleur, le magicien. Quand j’ai découvert Lester Bangs, c’était ce que j’avais cherché toute ma vie. Le type était drôle, méchant, écrivait bien ; il écrivait de la musique… Et puis, il y a Nick Cohn. Si Lester Bangs était Mozart, Nick Cohn était J. S. Bach. Le grand inventeur, le créateur originel. Il faut relire ce qu’il dit des Beatles dans A Wop Bop… , surtout à propos de Sgt. Pepper’s et du double blanc . C’est d’une telle justesse. Tellement simple… En 1971 !
Mais dans tes articles, il y a plus que les références rock classiques. On sent un goût du pamphlet, français fin-de-siècle, NRF rock…
Oui, ça vient de mes goûts littéraires. J’aime les pamphlétaires. Paul-Louis Courrier, Darien, Léon Bloy, Léon Daudet, Céline et plus récemment, Philippe Muray. Un génie doublé d’un homme très courageux, et un immense styliste. Il a écrit un texte sur la Fête de la Musique intitulé La Nuit des Porcs Vivants. Je le recommande à tout le monde…
Et Albert Paraz ! Citons Albert Paraz dans Gonzaï…
Ah oui, Paraz. Nous ne sommes pas beaucoup à l’aimer celui-là. Il est très drôle. C’est notre Bukowski à nous. En fait, l’uniformité des goûts littéraires des rock critics m’a toujours étonné. On n’entend parler que de Burroughs, Kerouac, Schul, Hunter Thompson…
Ou le duo Barbey-Huysmans et basta !
Voilà. Et généralement, le type n’a lu qu’A Rebours et encore… la moitié. Pour Barbey, ce sont des milliers de pages qu’il faut ingurgiter et qu’en réalité, ces gens n’ont pas lu. Ils aiment le personnage mais ne connaissent rien de lui vraiment. Son œuvre critique, son journal, c’est ça qu’il faut lire, plus que les romans. Et puis Burroughs, honnêtement, c’est une blague, non ?
Alors, qui figure dans ton panthéon littéraire ?
Tout Céline, avec un faible prononcé pour D’un Château L’autre et Nord. Plus son style est éclaté, plus j’aime. Léon Bloy, aussi, énormément. Et Paul Léautaud, dont je suis un vrai fanatique. J’ai acheté son journal en entier, j’y ai consacré neuf mois de ma vie, peut-être les neuf meilleurs. J’aime énormément les écrivains du Mercure de France : Schwob, Gourmont, Léautaud… On rêve tous que les maisons d’éditions soient comme le Mercure. Tous ces livres, je les ai en édition originale, c’est mon seul fétichisme. Sinon, il y a la littérature anglo-saxonne. Chandler, insurpassable. Nathaniel West. Jim Thompson. Le nature writing aussi -voir le petit livre de Pete Fromm, Indian Creek-, parce que à la base, je suis très friand de littérature de voyage et j’accorde autant d’importance à L’Epopée de l’Endurance de Shackleton ou Courrier de Tartarie de Peter Fleming qu’aux meilleurs romans de Nimier ou Blondin… Les premiers Cormac McCarthy, également : Méridien de Sang, ou surtout L’Obscurité du Dehors, pour moi ça a été renversant, c’était ce que Faulkner n’avait jamais réussi à faire correctement. Et puis j’avoue une tendresse pour David Lodge. J’aime beaucoup son dernier livre, à la fois touchant et léger. Pour moi, il est un peu le Ray Davies de la littérature anglaise pour seniors…
As-tu lu le livre de Charles Dantzig sur Gourmont ? Vaut-il le coup ?
Oui, c’est vraiment très bon. Son dictionnaire de la littérature est également très brillant, ça virevolte. Il y a un vrai parti-pris, tu n’es pas d’accord avec tout et ça c’est intéressant. Il a écrit cette phrase géniale sur Huysmans - car il le déteste : « Huysmans, c’est Bouvard et Pécuchet malgré lui ». Phénoménal !
Je me demande souvent ce que les rock-critics écoutent quand ils ne sont pas obligés de chroniquer un disque…
Cette année, j’ai trouvé pas mal de nouveautés qui m’excitaient. C’était un bon cru. Mais, en fait, chez moi, j’écoute du classique et de la soul essentiellement. Le classique a été un choc, je m’y suis mis il y a 10 ans environ. Aujourd’hui j’ai le même plaisir à écouter de la musique classique que Coney Island Baby ou Street Hassle. C’était génial de se plonger dans ce genre parce que j’avais tout à découvrir, et j’aime bien découvrir. Les Années de Pèlerinage de Liszt, les sonates pour piano de Beethoven, le Requiem Allemand de Brahms, c’est fou, ça peut t’obséder ! Tu peux écouter l’une des dernières sonates de Beethoven pendant des millions d’heures et tu n’en feras pas le tour.
Il y a un livre que je recommande vraiment : Histoire de la musique de Lucien Rebatet (NDR : écrivain français, critique de cinéma et spécialiste de la musique, styliste impeccable, dans le haut du panier. Rebatet s’est perdu dans la politique, mouillé jusqu’au cou dans la collaboration avec ses articles dans Je suis partout notamment et son livre Les décombres, « best-seller » antisémite de l’époque.) Tiens, Rebatet, justement, il faudrait citer…
…Les deux étendards, ce chef d’œuvre absolu ! Indépassable !
Voilà ! Quand on parle de roman, on en tient un, là (NDR : Les deux étendards, tour de force faramineux, dépourvu des obsessions politiques de Rebatet impossible à résumer ici. Un chef d’œuvre reconnu et défendu par Georges Steiner, Antoine Blondin ou le mythique éditeur Jean Paulhan par exemple.). Les jeunes dandies feraient mieux de lire ça au lieu de s’abrutir avec Rose Poussière, Le Journal d’un voleur, Junkie ou je ne sais quel autre attrape-nigaud pour adolescent mal fini. Et son Histoire de la musique est géniale car elle est critique, il prend parti ; ahurissant. « Erik Satie est un clown. Un pitre. », il te le dit, et c’est vrai. Son style te donne envie d’écouter la musique dont il parle, c’est ça l’essentiel. Bon, on n’a pas parlé du jazz mais ça a été une obsession pour moi aussi, avec une prédilection pour Billie Holiday et Bill Evans. La seule chose dont j’ai hérité de mon père, en fait…
Revenons au rock. Je suis régulièrement étonné par la liberté que laisse Manœuvre aux journalistes de Rock & Folk. Par exemple, tu as publié cet article hilarant sur les pires groupes du monde, tu t’es payé la tête d’un papier sur Joy Division publié dans le même journal…
Oui, c’est effarant. Manœuvre a un respect du journaliste, de celui qui écrit. Aucun autre journal n’aurait laissé passer ma réponse à l’article sur Joy Division. Quand j’ai écrit que les Doors étaient un groupe complètement nul, nous avons reçu des lettres d’insultes et même du papier cul usagé ! Mais Manœuvre, grand fan des Doors d’ailleurs, laisse passer, il continue. Je doute que cela se déroule comme ça aux Inrockuptibles…
Le plus dur, c’est d’éviter la méchanceté, le pamphlet pour le pamphlet, systématique…
Quand tu es critique, tu dois donner un avis, polémique ou pas, mais un avis clair. Trop souvent, dans les magazines rock, tout est bon. Quand tu lis le site Pitchfork, tu découvres des disques notés 8,6/10, avec un avis vaguement positif. C’est consternant, ils en sont aux décimales ! Un jour, je me suis retrouvé à interviewer les Smashing Pumpkins, qui représentent tout ce que je déteste. J’ai eu vraiment du mal, je ne savais pas quoi en faire de ces types. Je n’allais pas dire « leurs disques sont ignobles » en intro et faire l’interview ensuite. Alors, on peut me dire « un vrai journaliste doit pouvoir parler de tout ». Bon, d’accord. Eh bien, disons que je me considère comme un critique, pas comme un journaliste.
http://www.myspace.com/ungemuth
35 commentaires
Eh bien… Je m’en vais écouter quelques nouveaux vieux trucs, donc.
Et j’attends maintenant l’interview de Syd Charlus par Nicolas Ungemuth, pour jouer aux sept erreurs.
Merci pour la liberté de ton …
j’osais plus dire que “les 2 etendards” était un de mes livres cultes. Trop de gens qui, sans en avoir lu une page, me retorquait systematiquement qu’il avait été ecrit par un antisémite.
C’est toujours amusant de constater à quel point certains rock critic sont proches des ecrivains cathos & mystiques jusqu’à l’extrême comme Bloy (que j’adorre)
Ca m’amuse d’ailleurs toujours de constater à quel point il est de bon ton d’apprecier Barbey mais de denigrer Bloy, alors que ces 2 furent très proches.
Merci aussi de laisser sous entendre que Mc Carty n’ecrit plus que de la merde
Pendant qu’on y est, j’aurais aimé savoir ce que NICOLAS UNGEMUTH pense de Drieu ??
Vraiment très rafraichissant cet article : merci.
Voila qui fait chaud au coeur.
On évoque encore les Hussards sur Gonzaï ! Cher Syd, quand paraîtra un numéro spécial consacré à Blondin, Déon, et consorts ?
Je suis prêt. Je fais réviser mon Aston-Martin, je vais dépoussiérer tous ces bouquins de la Table Ronde, je fournie le Muscadet.
Merci.
Il serait bon que Nicolas soit plus ambitieux. Rock&Folk est en train de mourir, chaque mois Busty écrit une page de plus, et les articles sont de plus en plus synthétiquement informes. Les paniers d’amazon sont assez ungemuthien pour justifier une sédition journalistique immunisée contre la prostitution.
Comment ça se prononce Ungemuth ?
Désolé, cela peut paraitre primaire comme question et pourtant quand on passe tous les mois devant ce nom et qu’on s’essaye à une “informité nazale” à s’y reprendre deux fois, je suis en droit de poser la question ?
Sinon article toujours aussi plaisant à lire.
tiens, vas faire un tour ici:
http://www.gonzai.com/ungemuth-vu-de-lexterieur/
Tu sauras tout sur la bonne prononciation.
Je vous envoie toute ma sympathie
Rebatet, Bloy, les deux étendards, littérature et musique au sommmet.Très fort.
Juste un bémol : PARLEZ PAS ASSEZ DE JAZZ !!!
C’est le seul reproche à vous faire. bien sur yaron herman, bien sur la faiblardise des jeunes jazzeux (il y en a) face aux jeunes rockers mais il y a tant à faire…
Ungemuth ne le cite pas par hasard dans nombre de ses chroniques (cf sonic youth ; Television et j’en passe)
Vous coupez le sieur en plein élan :
“Bon, on n’a pas parlé du jazz mais ça a été une obsession pour moi aussi, avec une prédilection pour Billie Holiday et Bill Evans. La seule chose dont j’ai hérité de mon père, en fait…
-Revenons au rock. ” grrrr
Merci pour les oubliés et encore bravo pour votre panache
“Les jeunes dandies feraient mieux de lire ça au lieu de s’abrutir avec Rose Poussière, Le Journal d’un voleur, Junkie ou je ne sais quel autre attrape-nigaud pour adolescent mal fini. ”
Je vois qu’on s’est fait plaisir…
Et David Lodge comparé à Ray Davies, non quand même pas.
> fab : ravi que ce lundi ne soit pas trop pourri.
> Secondflore : oh il y aurait des différences. Par exemple, on ne lit pas ls noms de Proust ou de Stendhal… Moi je ne peux pas m’empêcher de les citer avant de dire Bonjour.
> Olivier : en effet, il y en a marre de cette omerta sur les Deux étendards. c’est un chef d’oeuvre, point barre. Et l’on est pas forcément un dangereux révisionniste quand on le possède dans sa bibliothèque. Simplement un homme de goût.
> W. Goethe : oui, il faudrait raconter les Hussards, avec la légende et sans les clichés. Je vais y penser le temps d’une virée en Aston, “la vieille maison”, avec les chemises sur-mesure dans le coffre.
> Gaylord : en effet, les paniers d’Amazon, vous avez remarqué. C’est assez étonnant. Mais ils sont ainsi grâce aux articles publiés dans R&F, non ?
> Mat : merci. Et mea culpa, c’est moi qui ne parle pas de jazz (je connais mal). Je suis sûr que Nicolas Ungemuth pourrait tenir des heures entières sur le sujet. Nous n’en avaons pas parlé beaucoup plus lors de l’interview.
> Lidell : héhé, on s’est fait plaisir en effet. Mais pour la bonne cause, hein ?. Sinon, david Lodge, personnellement je suis de votre avis, bof. Mais, je suis trop conformiste : j’ai toujours préféré Pete Townsend à Ray Davies. C’est mal, je sais.
David Lodge, c’est pas l’oncle écrivain de Billy Joel ?
Moi je ne le connaissais pas ce brave homme…
Même si il se moque de Joy Division (que j’adore ) il me semble que quelqu’un qui dit autant de bien de Green on Red en 2008 mérite un immense respect…
Il manque juste un peu d’humilité dans le personnage. Mais un jour Strychnine m’a dit : “plus le gars à l’air insoutenable de prétention, plus y’a de chance qu’il y ait quelque chose derrière”. Certes. C’est une forme d’excuse ou de parade, voir de protection mais franchement je ne pense pas que cela serve la critique.
Ou le journalisme.
> M.pat : ahhh unfan de Green on red. Le papier sur Joy division était au contraire très admiratif de la musique du groupe. Il assassinait en revanche un autre article consacré à Ian Curtis et publié le mois précédent.
> O’Mahony : comme bien souvent, je suis d’accord avec Strychnine. Se méfier des modestes, les fuir comme la peste.
Ce n’est pas moi qui dirait le contraire. Schull m’a toujours fait chier
Bon c’est bien sympa de parler de littérature, de rock et de jazz mais (medium is message) et là pas un mot sur son entrée “possiblement gonzo” au Figaro ?
Je dis “possiblement” parce que vu comment le rock se “droitise” en ce moment ce changement de crémerie est peut-être juste cohérent.
Trouvé sur le forum guitariste.com, cette jolie prose:
“proposer une interview d’Ungemuth, c’est inquiétant pour la ligne éditorial de cette page, ils doivent vraiment avoir du vide a combler)…
Pour revenir au cas Ungemuth (qui me passionne), ses médisances sélectives et ses vantardises de pleutre, j’ai hélas eu la chance de l’entendre les éructuer en live (avec certes des formes différentes, mais avec un fond toujours proche de celui d’une fosse septique qui n’a pas été vidangée depuis la libération).
Ce cave est l’archétype du kitsch contemporain (il pense être élitiste et érudit, alors qu’il représente, sans le savoir et médiocrement, le comble de la pensée esthétique dominante )…
D’autre part, le personnage, sa posture et ses partis-pris…Me font penser a ces vieux troquets rachetés et relooké avec de la fausse patine pour faire du pseudo authentique (parce que les murs décorés à la fumée de goldo, ça ne passe toujours pas chez le client bobo de base)…Bref, c’est du vulgaire toc, totalement désincarné.
Et sans vouloir faire du lacanisme de talkShow…L’objet de ce post, manifeste une telle obstination a s’acharner sur Genesis (et sur d’autres groupes FM 80’s que les radios au sound “pop rock” diffusent quotidiennement, comme une diarrhée chronique)…Que ça cache un truc pas très clair …
Je pense que mumuth (comme Manoeuvre en son temps) a du écouter tous ces groupes à la con adolescent, et il doit en avoir tellement honte aujourd’hui, qu’il a basé (peut être inconsciemment) toute sa carrière sur ce déni et sur un mode de référent esthétique pauvrement contradictoire…Finalement, Ungeu’ essaye de tuer le père (Phil Collins, Sting, Knofler etc)…Mais il n’y arrive pas.
Cette interview est très drôle, notamment sur son parcours de mélomane (”a 8 ans j’aimais Cochran, après les Pistols, les Jam putain ze choc de ma life, heureusement que les Jesus’ sont arrivés dans les 80’s”…blablabla), on croirait lire la discothèque idéal d’un canard pour caves qui ne se sont jamais intéressés au r’n'r…mais qui aiment bien avoir quelques références a citer en société…
Bref, mensonges, je ne vais pas revenir sur sa pseudo appartenance a une bande, période “gangs of Paris”…Si ce type la a provoqué les chauves de Chatelet un jour…alors moi, je suis le fils caché de Rika Zaraï et du colonel Kadhafi…portenawak.
Et Y’a pas de jalousie, face au népotisme et au principe de distinction/reproduction…dans le sens critique sociale Bourdieu’s style…qui conduit ce genre de personnage (qui aurait plus sa place et de l’intérêt, comme haut fonctionnaire dans une sous préfecture de Province) dans la presse culturelle.
Je trouve ce Ungemuth,…hautement vulgaire, le type de journaleux qui masque ses lacunes; et somme toute une inteligence limité, derrière une érudition de façade et un sens de la provoc’ encarté.
Dommage, si Nico…ne s’était pas passionnée pour la pratique du VTT en milieu côtier escarpé…peut être que ce cave d’Ungemuth serai aujourd’hui sous prefet ou notaire…Et nous ne serions pas obligés de supporter les échos de ses papiers inutiles”
Wow… et moi qui croyais que l’on ne parlait que rack d’effets et tapping sur guitariste.com
Re-Wow, il est pas mal ce commentaire de Ouch, indépendamment du fait de se demander s’il dit vrai ou pas (puisqu’on est sur un média de subjectivité). Là-dedans il y a des trucs qui me parlent ![]()
Sans rentrer dans le débat (évidemment, je ne suis pas d’accord avec les arguments postés par Ouch et l’histoire du meurtre du père sur Phil Collins, voyons…), je pose une grande question de fond : peut-on aujourd’hui écrire un commentaire, un texte polémique sans y glisser le mot Bobo ? A chaque fois, j’ai l’impression d’assister à un déjeuner de famille, avec un oncle de province un peu bourré.
Il y a un peu de vrai dans ce que dit Ouh… “Il représente, sans le savoir, la pensée esthétique dominante” : oh, t’aimes les Kinks, les Who et les Small Faces ? Ca alors, moi aussi ! Oh, t’aimes pas Genesis, Sting et Dire Straits ? Ca alors, moi non plus !
Parce que critiquer U2, les Inrocks le font aussi… Après, si ça choque le lectorat de r&f, finalement ça en dit plus long sur r&f que sur Ungemuth.
Hein, faut quand même pas oublier que le mec est aussi fan de MGMT et de Naast…
“Et voici que Gonzai fais l’interview de la seul raison pour laquelle j’achète encore Rock&Folk.
Je vais donc maintenant lire tous ça.”
Mot pour mot. Avant de lire la première ligne de l’interview d’un grand monsieur : Merci, merci Gonzai. Et puisque j’imagine que je n’aurais pas ici de réponse à La grande question, je réitère : mais bordel, ça se pronnonce commment Ungemuth ?
Je pense que le temps n’est plus très loin où il sera au contraire très hype de se référer à Dire Straits ou Sting, et pour peu que le groupe qui le fera soit exotique (CSS) ou produit par quelq’un de respectaaable (Gonzales), il se retrouvera vite fait avec ses 4 pages dans les Inrocks, sur l’air du “hein, que nous sommes décomplexés et post-modernes,et pas des culs serrés arc-boutés sur le passé” - et ce jour-là faudra obliger Beauvallet à s’infuser “Can’t hurry love” par le (double) batteur chauve à la voix de (confit de) canard jusqu’à ce que surdité s’ensuive …
Tu as raison, Aa.
Maintenant que tout le monde (Pitchfork en tête et tous les autres crétins derrière) semble penser que le hideux “Graceland” est un bon album, il n’y a plus de limites.
Oulah ! Des bienveillants m’ont alerté sur les crises hystériques de l’agité du bocal, le ténia de mes étrons sorti de chez Guitariste-forum ici en plein déraillement régressif et psychanalyse Sonacotra (”tous les lacaniens et toutes les lacaniennes, etc.”).
Il peut dire tout ce qu’il veut dans son délire transgressif (Sting et Phil Collins, mes “pères” ?!!), j’ai l’habitude et je trouve ça rassurant d’être détesté par les mongoliens -quand ils s’arrêtent, je m’inquiète sur mon état de santé et ma tension-, mais il faudrait tout de même qu’il parvienne à connecter au moins deux neurones à un instant T : les Mods parisiens n’étaient pas un gang. Tout le monde le sait. Le mot même est amusant et révélateur d’un fantasme très crétin qui doit sans doute lui provoquer quelques molles érections inverties aux petites heures du matin, lorsque, épuisé et dégoulinant, il doit enfin éteindre son ordinateur aux touches grasses, monsieur “portenawak”. Il faut arrêter d’écouter L.I.M et Joe Dalton, amigo guitariste branlant du manche…
D’où sort-il, cet énergumène, d’une caverne ?! D’un souterrain ? De mon grand colon ? D’un camping éloigné ? Aurait-il huit ans ?
Le tout petit milieu des Mods parisiens, que j’ai connu très jeune à tel point qu’Anne Pons, désormais Ann Scott, m’appelait “petit Nicolas”, c’était une famille, un groupe partageant les mêmes goûts qui se faisait régulièrement exploser et qui n’a jamais été particulièrement connu pour son courage avant que les durs de Gambetta ne débarquent, époque à laquelle j’avais déjà quitté le navire pour passer au Gun Club. Quant à dire que je prétends avoir provoqué les “chauves du châtelet”, ça prouve que non seulement il ne sait pas penser, mais qu’en plus, ce vrai narvalo ne sait pas lire : j’explique précisément le contraire dans l’interview qui l’agite tant qu’il n’en dort plus…
Il est grand temps de retourner au CE2, non ?…
En plus, il racontait n’importe quoi ce guitareux-magazine(fi de ces “portnawak”, ami Verdurin, parlons français, au moins, même si nous ne voulons point du tout être gaulois !) : il peut pas être le fils caché de Rika Zaraï et de mon colon(el)Khadafi, c’est déjà pris par Joey Star, le chanteur de zouk !
J’arrive légèrement après la bataille, mais je voulais tout de même exprimer ma joie face à cette interwiew; on lit malheureusement trop peu d’Ungemuth dans R’nF (bien que ses textes soient à peu près le seul motif qui puisse justifier l’achat dudit magazine).
C’est donc avec grand plaisir qu’on en apprend un peu plus pour le personnage, même si, en tant qu’adolescent de 15 ans, une partie des références m’échappe (jamais entendu parler de Rebatet…).
Enfin bref, juste un grand merci à Ungemuth pour le ton sans concession, l’humour et surtout les merveilles chroniquées chaque mois dans ses deux petites pages de rééditions … c’est à lui que je dois l’Anthology Of American Music, Dick Dale, Joe Meek, Question Marks, les Sonics, les Remains, Love, et tant d’autres encore, que je vais glaner chez Crocodisc dès que j’en ai les moyens …
as t-on pensé au vespa bio ?
euh … le vélib ?
quel bel interview et merci Mr UNgemuth pour les mods de france LOL
Putain quelle merde ce genre de polémique débile sur le rock, rock critic, rock attitude !!
Dites moi seulement comment fait-on lorsqu’on aime les Kinks, Phil Collins, Dire Straight, les Who, Art Blakey, Sun Ra, benny goodman, blue oyster cult et que ce qu’on puisse aimer des Naast vous ne le connaissiez même pas (parce que le reste on peut pas dire qu’on ait déjà atteint le haut du panier ) !!! Bande de crétins pas finis !!! Allez donc faire vos devoirs ou bosser au black si vous êtes en âge de travailler et si vous voulez gagner un peu de blé, histoire de vous remettre à acheter des disques quels qu’ils soient, ou des livres ou sortir et vous donner les moyens de croiser les gens dont on parle afin que vous vous fassiez votre opinion plutôt que de vous abrutir à laisser des posts qui dans le cas présent, à part sortir des vieux sentimentaux comme moi de leur oisiveté dominical, n’intéresseront (j’espère pour ce webmag qui m’est cher) très peu de monde, voire personne !!!!!
une lecture très tardive de cette interview par le seul critique qui me donne envie d’acheter des diques, il faut croire que AMAZON utilise sa rubrique car dès le lendemin de la parution de sa chronique on peut quasiment trouver tout ce qu’il recommande.
un garçon fin, intelligent et avec de bonnes références littéraires (que je découvre) mais surtout musicale.
En temps que grand fan de weller, merci à lui d’essayer de faire passer la divine parole que cet artiste enorme merite mieux en france que la place qu’il occupe (plus de ocnert depuis bientot 5 ans) mais finalement se battre pour une cause perdue la rend toujours plus belle
Merci pour ce dialogue pertinent salutations
De rien! Pour Weller, c’est incompréhensible. Il a silloné l’Espagne, l’Italie, L’Autriche et la Belgique… Et rien ici, pas une date. Pourtant la tournée du premier album et de Wildwood avait laissé des traces.
Les chroniques d’Ungemuth dans R & F justifient à elles seules l’achat du journal…souvent très droles, érudites et pas du tout consensuelles. Plus amusantes à lire que les péroraisons d’un Bauvallet qui est un peu à la presse rock ce que Philippe Val est au journalisme…il énerve les pisses-froid et c’est plutôt un bien.




ETRE DIEU
Putain merci.
Il est lundi matin, premier jour de boulot de la semaine.
Et voici que Gonzai fais l’interview de la seul raison pour laquelle j’achète encore Rock&Folk.
Je vais donc maintenant lire tous ça.