C’est un soir de vendredi,un de ces soirs où l’on se rend compte que la grande ère des rave-parties a touché à sa fin, que plus jamais nous ne verrons d’ultimes fêtes où les gens dansaient comme un seul et unique robot avec un beat dans le cheapset, car l’époque est à l’électro-rock avec des duos parisiens qui semblent piller leurs influences (Justice avec Simian) pour le meilleur et pour le pire, sur fond de motifs musicaux habillés en cuir vintage, pour faire comme si, penser comme ca. Peut-être écouter Neonbirds à l’OPA, ce soir de vendredi, attendre le groupe comme un messie numérique, live improbable qui voit le groupe désinstrumentaliser le live, vetu simplement d’une console numérique et de micros; une guitare semble trainer dans le lointain.On croit entendre quelqu’un vociférer contre la salle (« Tu te rends compte qu’il n’y a personne à la régie ? ») auprès d’une sirène à demie-nue, dont le corset plonge dans le string. La foule se toise, les gens sautillent, comme autant d’ex fans des 80’ bercés par Depeche Mode, dont on soupconne qu’ils sont une influence majeure de Neonbirds, qui y a ajouté le rythme de Justice et¨Ponihoax afin de faire danser les vieux jeunes comme sur ce Time Control bien senti, bien envoyé, voix monocorde, minimat social de l’émotion qui filtre dans le micro et colorise le numérique grâce à Leon. Revient à la maison Leon. Revient à la maison. Sur 01212, on entend les kilobytes qui chantent, l’octet qui se trémousse, le clavier MOOG qui se transforme en clavier AZERTY, sorte de vieille pute parvenant encore à baiser l’auditeur malgré son grand âge. Neonbird, au final, est un frigo dont la porte serait ouverte, diffusant au plus grand nombre la froideur de sa sensualité, belle brune dans la brume,qu’on attrapera jamais.
Par Bester Langs




ETRE DIEU