NEONBIRDS C’est dans un de ces petits parcs qui ornent le quinzième arrondissement de Paris, à l’heure de l’apéro, étonnement soft, que j’ai rencontré pour vous Baptiste et Léon, les deux joyeux compagnons composant les Neonbirds. Ces Neonbirds que vous avez pu découvrir en newcomer dans notre précédente édition, et qui avant toute chose, seront en représentation pour vous, petits et grands, au nouveau Casino ce jeudi 3 mai.
NEONBIRDS Gonzaï : Pouvez vous nous parler de la genèse de Neonbirds et notamment de votre rencontre et de votre parcours?
Léon : J’ai commencé à jouer dans un groupe de potes, genre rock plutôt tradi’, à 19 ans en tant que bassiste. Cà a duré quatre-cinq ans, puis j’ai finalement monté Neonbirds avec un ami pour arriver à cette config’ depuis à peine deux ans.
Baptiste : J’ai moi aussi commencé par faire du rock dans le garage vers 18-19 ans. Je me suis finalement intéressé à la production et aux machines, je me suis organisé un home studio puis j’ai rencontré Léon pour intégrer Neonbirds tout en continuant mon projet musical, Clearcom.
Léon : Notre rencontre a été plus anodine qu’autre chose dans la mesure où je cherchais un musicien pour un ancien groupe, et j’ai assez simplement laissé des petites annonces ça et là. Au bout du compte, la musique aurait pu ne rester qu’un hobby, j’aurais pu me diriger vers une carrière universitaire (NDLR : Léon a fait des études en philosophie) mais c’est le même principe que de faire de la musique, ce sont essentiellement des rencontres et un approfondissement permanent.
Gonzaï : La musique électronique a entre autre comme particularité de laisser une large place à l’imaginaire quant à la dénomination du « sous-genre » de musique produite. A partir de là, comment qualifierez-vous votre style ? Une personne relativement éclairée parle de cold post-punk révolutionnaire sur votre Myspace…
Léon : On ne sait pas trop en fin de compte, ce n’est pas réellement une fin en soi, néanmoins le qualificatif est sympa. Il est clair que sur scène on essaye d’être les plus énergiques possibles. A côté de cela, l’adjectif cold correspond tout à fait à nos rythmiques, très « minimalistes allemandes ».
Baptiste : Pour ma part, j’ai bien envie de parler de cold dance, je crois que c’est çà qu’on fait. (Et Léon de confirmer)
Gonzaï : Qu’en est-il de vos influences et de leur part de responsabilités dans la maturation de votre musique ?
Baptiste : J’ai été très marqué par le son des années 80 et le rock indé américain tel que les Smashings, les Pixies, les Flamings Lips, Notwist et bien d’autres évidemment ; mais je pense qu’il est aussi très important de s’adapter aux possibilités que nous livre notre génération. Un de nos buts a aussi été de nous démarquer de l’aspect clubbing variet’ par notre côté minimaliste.
Léon : Nos influences sont plutôt rock indé’ mais on s’est rendu compte que la démarche des groupes des années 80 était sensiblement la même que la notre dans cette notion de décalage substantif par rapport à notre époque, donc on peut remarquer une sorte de connivence mais véritablement peu importe.
Gonzaï : Comment vous partagez-vous vos responsabilités et d’une certaine manière quelle est la part de chacun de vous dans la création ?
Baptiste : Léon compose et écrit. Pour ma part, j’interviens essentiellement sur le live et sa préparation. J’ai une confiance totale dans la démarche et les choix de Léon. Il n’y a pas de conflit, non, vraiment pas.
Gonzaï : Mis à part l’investissement constant dans ce genre de vie, qu’en est il franchement de l’aspect financier dans la musique électronique ?
Baptiste : Il faut très logiquement noter l’extrême importance du laptop (NDLR : Ordinateur portable). Puis il y’a tout un tas de logiciels plus ou moins coûteux. Finalement, quand tu as un capital de départ tout devient nettement plus simple parce qu’au commencement tu fais bien plus de bricolage que de la musique. Et puis avant que tu réussisses à rentrer dans tes frais tu comprendras que tu en as investit de la monnaie.
Gonzaï : Vous n’êtes pas encore signé sur un label, y’en a-t-il un qui vous plairait plus qu’un autre ?
Léon : On n’a pas de nom seulement des attentes, c’est-à-dire un label qui y croit et qui a assez de moyen, un gros label indépendant serait un très bon compromis mais ce n’est pas si simple. On remarque assez vite qu’il n’y a pas de démarches « écrites » pour arriver à signer sur un label. A savoir, on a eu quelques propositions dont celle d’un label finlandais et il est vrai qu’un de nos objectifs est d’être signé d’ici 2007-2008, pour ce faire on tourne, on tente de sortir des tracks les plus grosses possibles, de grossir petit à petit.
Gonzaï : A une époque où tout ce qui est artistique est soi disant « concept » ou devrait l’être selon certains, pouvez-vous nous livrer votre point de vue sur un thème qui peut paraître surprenant tant l’utilisation du mot concept se trouve décalée de son sens d’origine par extrapolation indue?
Léon : Dans la pratique çà ne donne pas grand-chose. Parce que faire de la musique comme du rock par exemple, très inconsciente et corporelle laisse trop de place à la surprise par l’inspiration subite. Il faut être humble et accepter la nouveauté, trop de concept tue le concept, dans la mesure où celui-ci n’est autre qu’une idée de départ. Beaucoup de travail, c’est accepter de te remettre en questions et de ne pas t’accrocher à tes « meilleures idées », sinon c’est le drame familial assuré, il faut bien trop souvent se séparer d’un son initial afin de faire respirer la piste. Bref, il faut savoir se laisser faire dans l’excitation. Le concept est crucial, il entame le mouvement mais il faut savoir l’abandonner. C’est lorsque tu largues quelque chose que tu avances, il suffit d’être ce qu’il convient d’opportunisme avec ce qui vient de soi ( pas avec l’extérieur, du moins c’est une toute autre histoire !)
Photos par Virgile Biechy
http://www.myspace.com/neonbirds




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