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MY SISTER KLAUS Dark is white

Squelettes qui dansent en dentelles pour un public disséminé. Voila le pitch d’un premier album passé totalement inaperçu –pour l’instant- nommé Château Rouge. Château, comme une forteresse imprenable. (...) suite

Squelettes qui dansent en dentelles pour un public disséminé. Voila le pitch d’un premier album passé totalement inaperçu –pour l’instant- nommé Château Rouge. Château, comme une forteresse imprenable. Rouge pour la rage. My sister Klaus renvoie dos à dos modernité et passé-présent. Hype et silence. Rencontre avec My sister Klaus rempli d’illusions perdues et néanmoins prêt à partir à l’attaque des chateaux espagnols.

Bonjour Sister Klaus, j’ai beaucoup aimé ton album, et je tenais à te féliciter, car les chansons sont très très bonnes… Bon sérieusement, quand j’écoute l’album, ca part dans tous les sens, glam, rock, orientale.. Du coup je me dis.. Le fait d’avoir appelé l’album Château Rouge, c’était un besoin de situer le disque sur une carte géographique ?

C’est un prétexte Château Rouge, j’y ai jamais mis les pieds. Comme une sorte d’hôtel où j’ai logé des chansons. Ce qui m’intéresse ce sont les chansons qui ont pour thème le film noir et l’héroïsme. Parler d’exotisme sur la première chanson, Privateer, c’est un peu Conrad. J’ai une grande admiration pour Joseph Conrad. Et Château Rouge c’est la négritude. Y a ce morceau qui s’appelle Off white, on parle de James White, j’avais oublié que le nom de l’album était Off white. Par contre c’était important pour moi de faire une chanson qui s’appelait Blanc Cassé, c’est un truc de blues, l’histoire du petit blanc qui va trainer “in the sad part of the town”. Je trouve qu’il se passe quelque chose là dedans. Il y a clairement quelque chose de cinématographique dans cet album. Mais je suis encore trop dedans.

Mais avant Château Rouge ?

Avant il y a eu des groupes, dans des caves, des collaborations avec Poni Hoax, c’est moi qui ai écrit les paroles de Budapest, Rocket power sur l’album de Joakim. Ce sont deux lieu-dit, Château Rouge, Budapest..

Remarque tu aurais put appeler l’album Marcadet Poissonniers

Ou Château d’eau oui, on m’a déjà fait la blague…

On ne peut pas dire que ce soit un album à passer en boite quand même…

C’est un album ténébriste. J’ai essayé de faire ca. Le film noir plane sur pas mal de titres, l’envie de déambuler en caméra subjective.

La littérature t’a marqué donc à ce stade… des mecs comme Huysmans aussi ?

J’ai appris récemment que Huysmans allait s’encanailler dans les bals de Château rouge.. Curieux hasard. Je ne suis pas fan, je préfère les purs. Comme Charles d’Orléans ! (rires). Mais tu parles du truc visuel, c’est très vrai. Je suis d’abord quelqu’un qui écrit, avant de composer. Je suis passé par la peinture également. Et le coté visuel est toujours prédominant. C’est flagrant sur le morceau Stereo Eyes.

Ce morceau, She shines, c’est quand même quelque chose, une transition parfaite entre Lou Reed et les Stones..

Oui, c’est une jolie ballade, enfin une fausse ballade. J’adore la période Stones début 70’, et c’est d’ailleurs le piano qui fait tenir les éléments entre eux. Je vais surement monter un groupe spécialement pour les ballades, car jouer des chansons comme She shines à minuit à la Flèche d’or, c’est un peu dur. She shines c’est quoi ? Une histoire d’amour qui parle d’héroïsme, de romance … Miss Lou got lovers parle de la descente aux enfers d’une petite comédienne qui va dans les soirées branchées et se fait totalement laver le cerveau..

… J’ai sans doute un gout pour les crescendo, pour revenir sur She shines. Dans la musique indienne tu as souvent trois mouvements, un très lent, des ascendants, des descendants… Mes parents n’étaient pas des babas mais mon père a été diplomate à Bombay. Donc j’ai baigné dans les disques indiens toute mon enfance. J’aime la musique modale pour cela. Ca se retrouve aussi chez La Monte Young, même le Velvet.. Et puis l’opéra à cause de mon éducation musicale, par mes parents. Disons que j’aime la simplicité, mixée avec le blues. Et pour ça, c’est Syd Barrett, une personnalité qui m’a fortement marqué. Les musiciens ne savaient même pas accorder leurs instruments, mais cet univers bancal m’a toujours fasciné.. Je crois que toutes mes compositions viennent de loin, Joakim s’est attelé à la production sans rien composer, mais il m’a aidé à me canaliser, clairement. Même si mes chansons ne viennent pas forcément de sa culture !

Je parlais tout à l’heure de chansons comme La tour de Nesles, pas forcément à mettre en toutes les mains, c’est assez contemplatif. Tu crois en l’artiste heureux qui sort des albums «intéressants» ?

C’est un résumé de vie.. Il y a forcément des moments durs à la base, même un musicien qui se barre pour jouer avec Olivier de la Star Ac’… C’est un truc de freaks complet cet album, heureusement il y a toujours un coté soul dans ma musique qui sauve du nihilisme absolu. Un morceau comme China gun est assez dansant, gai. Déconne second degré.

Tu colmates les brèches quoi.. Tu maquilles la souffrance…

Aussi. Mais je veux parler de l’urbanisme dans cette chanson. C’est clair que je me vois mal chanter les lapins roses et le coca zéro. Tu parles d’Aristo-Junkie dans ton article, je ne suis pas vraiment d’accord. J’ai jamais été en phase avec ca, ca m’a jamais fait écrire de bonnes chansons. C’est comme les comparaisons avec Taxi Girl, bon… Rocket power sur l’album de Joakim ca part très soul quand même. Tu parles de La tour de Nesles, elle est venue dans un moment assez intime, avec un harmonium (Rapporté par Joakim, un harmonium indien rapporté par son père) en conclusion. On l’a enregistré assez vite, je voulais des cordes, et puis j’ai eu l’idée de foutre du noise à la fin pour être sûr qu’elle ne passe jamais à la radio.. Je crois que ca va marcher (rires) ! C’est la flèche gothique de l’album, avec des ascensions et des descentes. Je pense que les enfants finiront par l’apprendre à l’école !

Des enfants de divorcés alors… Tu a refusé de choisir la langue du chant finalement, anglais, français… Filiation Jad Wio ?

Je connais… C’est quand même moins «plastic shoes», parce que La tour de Nesles c’est un truc assez intemporel quand même… Je suis assez pour l’optique «avancer masqué», et en même temps j’ai envie de peaufiner le live, faire découvrir les compositions. L’anglais pour sa part permet de renaitre dans une autre langue, s’échapper de son patrimoine national. Surtout à un moment où la chanson française est vraiment déprimante. Ce qui est marrant c’est de remarquer que c’est La tour de Nesles qui est le plus téléchargée sur l’Itunes Store, plus que Château Rouge par exemple. Ca veut dire plusieurs choses sur ce pays : Si c’est un peu rock&roll et pas en français, les gens écoutent pas. Alors il faut murmurer et chanter en français.. De toute façon la FNAC va arrêter de vendre des disques alors…

Tu parlais littérature, tes débuts, des influences dans le texte ?

Il y a plusieurs degrés de lecture, quand j’ai lu les notes de pochette de Berlin ca m’a bouleversé par exemple. Plus personne n’écoute les paroles des chansons… C’est Nicolas Ker qui me disait que personne ne comprenait les paroles de Budapest, alors que le texte est super noir et que tout le monde danse là-dessus… Les chansons de la neige silencieuse d’Hubert Selby Jr c’est magnifique par exemple.

Le coté noir de ta musique, pas dans le pathos mais dans le coté soul, c’est important ?

Le groove est important, je reste attaché au punk blanc, toutes ces collaboration punk-rasta ne sont pas nouvelles.. J’aimerai bien chanter comme Al Green mais bon.. I wanna be black, ce genre de théories.. Remarque mes copines ne se plaignent pas de mes performances ! (Rires). Sérieusement, je pense que Château rouge est un album qui peut vieillir comme un vieux pinard. Et j’ai autant envie de creuser dans le sillon Off white que dans l’interlude folk. Tu vois par exemple il y a un titre qui parle de la nature. J’aime bien l’Europe aussi, c’est un bon thème. Je ne suis de toute façon pas très confiant sur l’évolution française, quand tu vois que Luke est sacré meilleur rock français…. Le public n’est plus éduqué, ça c’est certain. La France c’est quand même un drôle de pays non… C’est un pays qui décapite ses rois.

Photos: Virgile Biechy

My sister Klaus // Chateau Rouge // Tigersushi

http://www.myspace.com/mysisterklaus

5 commentaires

Wow bel interview, j’achète Chateau rouge comme résidence secondaire. Vous avez gagné Bester !

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 16 juillet 2007 à 23:26

Bel itw, oui. Une rencontre Sister Klaus / Jad Wio ça aurait donné aussi. Quoique Jad Wio / Fancy ça le fasse aussi et peut-être plus encore. Ah, on me dit dans l’oreillette que le prochain Jad sort le 8 octobre… Allo, Bester ?

Commentaire par sylvain, le Lundi 16 juillet 2007 à 15:27

Jad Wio déja rencontré.. avec Jacno.
Les chiffres? Une bouteille de Cognac, 10 bières et après je ne sais plus.
Bilan: 150€ au bar en 1 heure.
Le label fait encore la gueule.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 16 juillet 2007 à 23:34

interessant…c’est pas les rois qu’on devrait décapiter mais bien ce “public” français. bref ce que bester langs ne dit pas c’est que la bouteille de cognac c’est lui qui l’a descendu tout seul…jad wio s’est terminé à la bière. zic!

Commentaire par ToasterOnTheWaves, le Lundi 16 juillet 2007 à 13:46

She Shine… on and on and on and on on and on and on and on on and on and on and on

Putain, 9 éme fois de suite… quelle chanson…

ESPOIRE

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 16 juillet 2007 à 13:48

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