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MY SISTER KLAUS Château Rouge

Paraitrait, à en lire les journaux gratuits en papier chiffon, que Château-Rouge n’est plus un quartier insalubre, que «les dealers et l’insécurité ont disparu, que les putes et (...) suite

Paraitrait, à en lire les journaux gratuits en papier chiffon, que Château-Rouge n’est plus un quartier insalubre, que «les dealers et l’insécurité ont disparu, que les putes et le speed ont changé de rue». Quelle connerie. Château Rouge est encore un lieu de danger, du genre fatal passé minuit, lorsque les gargouilles de Guillaume Teyssier sortent sans pudeur violer l’auditeur avec un premier album pale et blême comme une nuit blanche.

My sister Klaus, plus qu’on ne le pensait, est donc une très bonne sortie blâfarde,  sur un label (Tigersushi) peu porté sur d’ordinaire sur le rock aristo-junky servi par Teyssier. Château Rouge, un album sans paillettes, sent l’errance dans les rues trop étroites de Paris, trop courtes, pour ce jeune homme cultivé qui a surement été à bonne école. Oui, même dans le 18ième, l’éducation existe, et elle est de qualité. Pas de blazers, encore moins de mains propres, mais des convictions profondes.

Car Château Rouge, messieurs, dépassent les influences qui l’alimentent, dépasse les montagnes et prévient de la calvitie . Avant de disserter sur l’étonnant parallèle avec le Fleur de Métal de Jad Wio, le lyrisme à fleur de peau de La tour de Nesles et son accordéon titubant, l’utilisation spatiale de la guitare volée à Syd Barrett sur Miss Lou got lovers (Un titre à la Lou Reed, pour sur) et les envolées plutoniennes échappées d’un livre de Lovecraft, il faut souligner l’essentiel : voila un album produit dans la plus pure tradition des années 80 et pourtant dignement moderne. Même les interludes, souvent éludés dans moult albums, sont ici parfaits. C’est proprement écœurant pour les soupirants qui aimerait suivre le mouvement ; Château Rouge n’est pas donné à tout le monde. Et l’ombre de Taxi Girl veille sur Guillaume Teyssier comme un proxo surveille sa pouliche.

My sister Klaus en a donc dans le caleçon. Une évidence vu le quartier, sorte de Brooklyn minimal à la française. Ici les armes à feu de NY sont remplacés par un shoot mortel, She shines, qui parvient en exactement 5.43 minutes à passer du trip Roxy Music avec accords en triades et voix hullulantes à la période opiacée des Rolling Stones, aidés par un Nicky Hopkins ressuscité pour l’occasion. She shines… Un boogie sevré, proche de l’overdose, la théorie classique des ruptures musicales et au final l’une des meilleures chansons entendues en 2007. La faute à un producteur (Joakim) qui arrive même à placer un morceau (L’excellente chanson bip-bip Do wake), digne d’être publié sur son récent projet solo, Monsters & silly songs.

Qu’à cela ne tienne, celui de My sister Klaus est excellent, cohérent, fier et volontaire. Une œuvre qui mériterait dix victoires de la musique, là, tout de suite. On pourrait presque tuer de sang froid quelques badauds à Château-Rouge pour vous le prouver. Car, oui, décidément, ce quartier est encore dangereux. A bas la sécurité. A bas la répression.

My sister Klaus // Chateau Rouge // Tigersushi

www.myspace.com/mysisterklaus

3 commentaires

Belle chronique de My Sister Klaus où se téléscopent (sémantiquement déj) nombre de fantômes : My Bloody Valentine (dans My), Sister Morphine des Stones et Sister Ray de Lou Reed (dans Sister), Klaus Nomi (dans Klaus) et la noble passion viticole de Jacno (dans Château Rouge). Tout est déjà là, c’est dire si le gus est cultivé. Après je n’ai pas assez écouté sa musique pour dire si elle passait le cap du pedigree trois étoiles. Belle chronique donc si ce n’est que tu mises un peu trop sur le pouvoir d’évocation mythologique (en violence et en vice) dont tu chagres le 18e arrondissement. Mais où est passée en cours de chronique l’idée de faire un étonnant parallèle avec le Fleur de Métal de Jad Wio ?

Commentaire par sylvain, le Lundi 4 juin 2007 à 14:36

Sylvain Sylvain,

Merci merci.
J’attends de me remettre de She Shines pour reprendre l’aventure et les comparatifs.
Et puis Fleur de Métal, c’est indépassable dans la noblesse hexagonale non?!

Dixhuitièmement votre,

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 4 juin 2007 à 2:00

She Shine… on and on and on and on on and on and on and on on and on and on and on

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 4 juin 2007 à 13:47

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