MUSIC IS NOT FUN Hey! On s’est vus devant April 77, on vient le 1er mai finalement !
Voilà un commentaire qui pourrait tout résumer de Music is not Fun (ou MINF pour les intimes) : jeunes rockers pour qui la musique est apparence. Inutile de préciser que ces mots laissés sur la page des MINF viennent d’une jeune fille de 17 ans clamant sur son myspace son amour immodéré pour le dandysme, les Killerpilze (groupe allemand à la Tokyo Hotel), ou encore Fall Out Boy. Le tout avec pour musique d’ambiance le titre Ghost des MINF. Mais un groupe n’est pas ses fans, je m’abstiendrai donc de davantage de critique à cet égard (encore que … on a les fans qu’on peut).
MUSIC IS NOT FUN Tout s’explique. Voilà pourquoi la moyenne d’âge du public était de 13 ans. Voilà pourquoi les toilettes étaient bondées de filles avec trois rangées de ceintures noires à clous roses vérifiant une énième fois leur maquillage avant de pousser des cris hystériques. Voilà pourquoi les sujets de conversations tournaient autour du beau-gosse de la cantine ou du prochain Muteen, propos aussi intéressants que le serait un discours de Johnny sur les rapports entre le guitariste de U2 et sa calvitie précoce. Voilà comment j’ai perdu une soirée de ma vie.
Tout d’abord il y eut la récupération du rock par les requins de la finance voyant barboter en toute innocence un nouveau gagne-pain. Ainsi des patrons d’industries pharmaceutiques se retrouvèrent à la tête de majors. Alors les artistes s’agenouillèrent devant ces cols blancs. Et comme c’est «et plus si affinités» certains iront même jusqu’à la fellation dans le but d’éviter à leurs chers bienfaiteurs un cancer de la prostate et une fin prématurée sans le succès tant escompté. Evidemment tout cela sans la sensualité d’un lent dégraphage du jean. Un monde de calculs froids en somme.
Mais, maintenant, il y a mieux : il y a Music is not Fun. Ou comment monter un plan marketing avant d’avoir la musique. A voir leur myspace et leur site, on pourrait les croire signés chez Virgin : clip avec un making of en prime, lancement d’une MINF TV, boutique avec CD multimédia, … Ah j’ai failli oublier le fan club, avec inscription payante of course, et selon combien tu donnes ton inscription est or ou argent. Un peu comme chez l’esthéticienne en bas de ma rue, si on donne plus, on a le droit à une carte de membre plastifiée, bref tout ce qui peut faire le bonheur d’une femme moderne. Et dans la rubrique about MINF (destinée à une description du groupe), on trouve en tout premier la boutique MINF, tout est dit : yes, music is not fun, music is business.
On aurait pu espérer que les jeunes groupes, qui ne sont pas signés sur des majors, soient sauvés de la déferlante consumériste, mais non. Taper sur les majors pour ce qu’elles font de la musique certes, mais les artistes ne sont pas non plus dénués de toute responsabilité. Quand je vois des groupes indé déployer quantité de moyens dignes d’une campagne de pub de Coca-Cola pour assurer leur promotion, je me dis que Sarkozy et consorts font bien pâle figure à côté niveau communication.
C’est un peu comme si un mec qui aurait juste écrit une misérable nouvelle (même pas un recueil) exigeait de passer chez Ruquier pour jouer à la star de seconde zone et faire des sourires à la caméra entre un obscur secrétaire d’Etat et un chanteur miévreux dégoulinant d’amour tel une éponge gorgée de vomi le lendemain d’une soirée trop arrosée.
Mais moi aussi j’ai de l’amour à revendre, oui j’aime sincèrement les Music Is Not Fun. Quoi ? Vous en doutiez ? C’est pourtant aussi évident que l’hétérosexualité d’Elton John voyons ! Je suis simplement frustrée à cause du trop petit nombre de leurs produits dérivés. C’est pourquoi j’envoie un appel à tous les fans pour qu’ils signent une pétition pour la distribution de gobelets et pailles à l’effigie des MINF lors de tous leurs concerts afin d’être (m)IN(f) même en sirotant son Orangina (light évidemment, pour toujours pouvoir rentrer dans ses slims). J’exige également le lancement d’une collection limitée avec des bikinis, des serviettes et des lunettes de soleil crées en association avec Ray Ban, le tout estampillé MINF pour avoir la classe même à Paris Plage. Alors seulement là, la fan que je suis sera définitivement comblée. Conclusion : vivez, buvez, mangez, respirez MINF ! (J’espère également avoir réussi à lancer le mono-name-dropping.)
http://www.myspace.com/musicisnotfun
4 commentaires
Boutique Hotels, Santa Fe…
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Le seul concert cet année où je suis parti avant la fin, c’etait affligeant. Chacun des membres est une caricature rock, un peu comme un bioman force rouge, le force bleu, etc…sans parler de leur musique, inexistante.
La critique est facile et évidente. A leur décharge ça fait quelques années que j’ai pu voir les MINF répéter dans la cave d’un bar de mon quartier lyonnais, avant la furie marketing. La musique existait donc avant. A-leur-décharge-numéro-2 : le guitariste “julien” a une vraie gueule malgré sont jeune âge ; un Richard Ashcroft pop.
Je ne parlerai pas de leur musique car, d’abord la chronique en fait abstraction (restons donc en surface), et parce que je n’aime pas beaucoup. Mais ce n’est qu’une question de goût.




ETRE DIEU
haha bravo pour la chronique
on sent des gens déterminés derrière les MINF, c’est sûr…
je les ai vu vite fait au Motel à Paris. Ils s’écoutaient entre eux puisqu’il n’y avait qu’eux dans la salle, moins bondée qu’un Shebeen. Mention spéciale au plagiat batman/space invaders sur leurs visuels… qui rend leur trip mods fashion complètement incompréhensible voire débile.