MUSIC BUSINESS La vie est ainsi faite. Les premières semaines de janvier sont toujours les mêmes. On se tape les mêmes rediffusions, machin te recontacte alors que tu pensais avoir réussi à t’en débarrasser et les mails se font plus rares.
L’œil solitaire part alors à la recherche de temps à perdre et on se retrouve rapidement à ouvrir des mails d’attachés de presse, de ceux qu’on aurait jamais ouvert si ce n’était pas la première semaine de janvier, qu’on se tapait les mêmes rediffusions, que personne ne répondait au téléphone, etc etc etc……
MUSIC BUSINESS Dans le flot des mails de bonne année colportant la bonne nouvelle en Copie Carbone Invisible (Merci X, j’avais compris qu’on était en 2008 uh…), un mail attire mon attention. Un mail forwardé qui semble scintiller parmi ce flot de newsletters rose fluo qui m’annonce que untel est le nouveau Calvin Harris, que l’autre est la future Lily Allen.
Je vous le lis à voix haute :
« POUR FETER LA SORTIE DE LEUR NOUVEL ALBUM, TELEVISION, VEGASTAR VOUS INVITE LUNDI 7 JANVIER 2008 A 20H AU CITADIUM POUR UN SHOWCASE ULTRA PRIVE AVEC OPEN BAR ET 30% DE REDUCTION EXCEPTIONNELLE SUR LES RAYONS DU CITADIUM, AVANT LES SOLDES ! »
MUSIC BUSINESS
Je vous résume l’histoire : Un simulacre de rock’n’roll peroxydé (Vegastar) lance début 2008 son album dans un centre commercial de streetwear parisien (Citadium), le tout devant un parterre de journalistes qui s’en branle royal, uniquement venus pour profiter de réductions sur une paire de Puma ou d’un survet’ pour l’oncle Robert.
Inutile de préciser que cette opération marketing est menée de main de maitre par une Major (qui coule). Un marketing bien serré que je ne chercherai même pas à dénoncer tant les solutions essayées auparavant pour vendre du disque (Booklet de luxe, Open-Disc avec contenu multimédia supplémentaire, stickers offerts avec l’album, etc..) se résumait comme de piteuses tentatives : Colmater les brèches alors que le bateau prend l’eau.
Si j’étais l’un de ces punks français subventionnés par l’état, quarantenaire, ayant réussi à me payer du parquet flottant avec la réédition de mon seul tube datant du début des années 80, je dénoncerai surement « ces pourris des maisons de disque qui savent plus quoi inventer pour vendre leurs cames. Ah vraiment ces capitalistes n’ont rien compris, c’est sûr. Et en plus maintenant ce sont des Bac+5 en économie qui gouvernent les labels, ca a vachement changé depuis mon époque lorsqu’on avait sorti notre tube etc… ».
Oui mais non. Je n’ai pas quarante ans, je ne suis pas encore blasé et je ne pense pas que la chute de l’empire discographique soit uniquement le fait des méchantes maison de disque qui ne savent plus quoi inventer pour vendre. Encore qu’à ce rythme, le prochain album de Teki Latex sera distribué chez Monsieur Meuble sur la base du slogan « pour une boite à outils acheté, un Teki offert ».
Non.
La faillite du système repose sur l’artiste lui-même. Cette admirable faculté à baisser sa culotte (ou son pantalon en cuir) devant les cols blancs. Et accepter de donner un concert dans un centre commercial. Pathétiquement je tente le rapprochement avec les démonstrateurs que tout le monde se tape au supermarché, le genre qui braille dans le micro pour vous fourguer la nouvelle marque de soda.
C’est le basculement dans une nouvelle ère, celui du « tout est permis pourvu que je sois connu ». Un monde de mal-être où ton voisin veut devenir une star (moi, toi, les autres), quitte à te foutre à poil sur le net, quitte à faire une chanson sur ta mère la putain, quitte à jouer devant des teenagers en basket un lundi soir, Paris intra-muros.
Objectivement, la tentation marketing satisfera tout le monde : Le groupe (Vegastar) jouera au moins devant plus de 40 personnes, les journalistes auront des réductions et du champagne, les midinettes prendront des photos sur leurs téléphones 3G+ et le label aura l’impression que les techniques sont innovantes.
Dans un monde où Robbie Williams se fait rendre son contrat parce que le label estime qu’il n’a rapporté «que» 1% du chiffre d’affaire global de la maison de disques, on se pose des questions.
Ca me rappelle une discussion d’avant les fêtes. Lorsque je discutais avec une attaché de presse qui se lamentait que ses groupes de punk rockeurs ne passaient pas assez à la radio, qu’on les voyait pas à la TV, que médiatiquement ils n’étaient rien. RIEN. Lorsqu’un peu naïvement je lui répond qu’il y a peut-être une raison, que c’est quand même pas la faute des médias si un groupe de rockeurs débraillés qui chante en français des conneries futiles à faire passer les Pistols pour des énarques… Un silence s’installe.
Voila peut-être la solution. Le silence. Le boycott des artistes qui ont un jour voulu vendre leur âme au diable et terni l’image qu’on se fait de la musique, lorsqu’on est du bon coté du rideau.
10 commentaires
L’histoire c’est que tu n’es pas la seule à me l’avoir transféré:-)
complètement oui . je dois tt de même ajouter que ces mêmes labels tremblent de peur dès qu’ils voient débarquer un artiste avec un semblant de personalité. “trop spé”, le truc entendu 100000 fois ds les couloirs des dites entreprises. expression infâme qui décrit bien l’état d’esprit ambiant .. alors oui les artistes tels que ces types de Vegatruc sont probablement des putes mais les labels préfèrent quand même souvent bosser avec des putes dociles.
alea jacta est, bouffons du lard free et ignorons tous ces cons..
et allez tous au point fmr le 18, garanti sans aucune trace de gel dans les cheveux de qui que ce soit
Cette période est géniale je trouve, sincèrement.
La preuve, il reste des gigs comme celui du 18 qui donne envie de sortir et de s’en mettre plein la tête.
Sinclair, tu penses qu’on va enfin arriver à se croiser?
Souvenons-nous du 9 Septembre, 1954 bien sûr… pour l’ouverture du Lamar-Airways Shopping Center !
bien à vous,
Oui, ce flyer est un grand moment, à visage découvert. C’est un peu l’équivalent de Patrick le Lay avouant qu’il vend “du temps de cerveau disponible”. Une faille où soudain l’équation est claire : faux + faux = illusion du vrai. Et parfois, ça ne prend plus. On solde !
Le marketing du pire serait aussi le pire du marketing?! Rien d’incohérent. Kick ass. Bullshit.
et vous avez entendu de ce monstre que l’on nous annonce ?
un groupe qui s’appelle EMPYR ! sic
avec untel de vegastar,
untel de pleymo,
et untel de kyo !!!
tain c’est aussi sexy que le gouvernement à la sarkozy, on a l’équipe de france du emo rock commercial qui suinte !
un conglomérat !
bref, c’est la meme chose qu’avant… mais EMPYR !
hohoho




ETRE DIEU
je n’hésiterai pas à t’en transférer d’autres, vu comme ça t’inspire !
très bonne idée dans le dernier paragraphe… à suivre (de mon regard).