Dans les diners parisiens mondains traditionnels (comprendre là où l’on mange assis avec des couverts en écoutant de la musique pour «jeunes»), il est devenu de bon ton de dire qu’on a délaissé le rock anglais pour celui du Nord, «nettement plus ambitieux, influencé par les conifères froids branchés sur l’antarctique». Mais lorsqu’un des convives demande l’air un peu exsangue des noms de groupe, c’est toujours un grand moment de solitude.
Et jusqu’à maintenant je n’aurais pas parié sur Mum pour officier en tant que groupe incontournable du nord. A la limite l’excellent groupe Kashmir me suffisait à épater la galerie. Et puis, comme l’un de ces soirs où l’on range ses Cd l’air un peu ailleurs, on enfourne. Go go smear the poison ivy de Mum. Une belle gifle.
Cette delicatessen touch que seuls les groupes venus d’ailleurs, d’Islande pour être précis, semblent capable de produire sur tout un disque. A la limite Go go smear the poison ivy doit s’écouter par la dernière piste, Winter what we never were after all, une balise Argos instrumentale aux chœurs angéliques qui me rappelle étonnamment le groupe prog’ français des 70’ nommé Triangle.
Un doux mélange de pizzicatos bricolos, d’arpèges et de mélodies vocales qui pissent plus loin que le folk cheap des groupes défendus par Pitchfork. Et une poignée de singles vraiment convaincants : A little bit sometimes (pop-song monarchique époque Louis XIV), Moon Pulls (ballade au piano à écouter en rentrant chez soi en moto des neiges) ou Guilty rocks (Electro pour myopathes dansants). Ce disque est grand, car il est minimaliste, jamais répétitif, ambitieux sans la prétention. Une très bonne succession harmonique à insérer derrière le Lux Eternae de Sheller.
Grâce à ce nouvel album, je pourrais continuer à briller en société avec des noms de groupe inconnus descendants de l’Europe du Nord. Merci Mum.
Mum // Go go smear the poison ivy // PIAShttp://www.myspace.com/mumtheband
3 commentaires
(arghh non, pas ces smileys !)
(faute de goût)
Pour le rock monarchique on fera jamais rien de mieux que l’excellent groupe américain de Louis XIV…




ETRE DIEU
En moto des neiges, je ne sais pas… Mais à des amis amateurs de poudreuse je conseillerai “Moon pulls” pour la descente, oui !
(Quant au “rock monarchique”… j’attends avec impatience de découvrir ça, juste pour tester la pertinence de l’invention