84

MOTHER AND THE ADDICTS Science fiction illustrated

Je pensais en avoir fini avec le rock anglais depuis plusieurs mois. Plusieurs années même. Remplies de «Libertines like» ne sachant même pas enchainer un solo de plus (...) suite

Je pensais en avoir fini avec le rock anglais depuis plusieurs mois. Plusieurs années même. Remplies de «Libertines like» ne sachant même pas enchainer un solo de plus de 4 notes (« Un solo à la quinte, John ? ») et un refrain digne de ce nom. N’ayant toujours pas compris en 2007 l’impact incroyable et foudroyant (j’aurais dit éphémère) de ces Libertines, les clônes à mèches successeurs de ce rock de pub diffusé sur myspace m’en touchait une sans secouer l’autre. Passez moi l’expression.

Je fus encore plus consterné d’apprendre que les rockers français se branlaient en révérence sur cette scène anglaise mutante, faite de bière et de cyprine. Popklub Arsenal, Parisians, Victorians, etc…

Même combat.

Et Mother and the addicts arriva dans ma chaine. Un beau jour, comme ça, par la poste. Une odeur de colis piégé venue directement d’Angleterre. Rien de révolutionnaire au premier abord. Pochette infâme et visuels minimalistes. Mais un nom intriguant tout de même. De quoi prendre le temps d’ouvrir le cellophane.

All in my mind, le premier titre, me cloua sur la chaise en cuir. Instrument de torture parfait pour me prendre,pleine face-pleine gueule, le rock de lards du combo anglais. Enfin, un titre qui transpire les pubs londoniens avec une basse binaire, lourde, lourde, lourde comme une enclume. Enfin, une production baclée, sale, même pas lavée. Quelque chose de terriblement déjà vu mais plus entendu, qui ramène aux années 89-90 et la tentation d’une disco pour dépressif latent. Le genre qui danse dans les boites classieuses de Londres avec une chemise à carreaux, seul sur la piste à quatre heure du mat’ à vouloir draguer la dernière serveuse encore en activité (cérébrale).

Science fiction illustrated est un –second- album mêlant le tragique et l’héroïque. La tentation du kitch (les synthés, les attaques de guitare terriblement 80’) et les refrains parfaits (So tough). Mother and the addicts permet de sentir l’angleterre fantasmée sans se taper le voyage sur Carnaby Street et ses désillusions modernes (une rue devenue la principale artère des baskets streetwear, pour résumer). Un album qui permet d’échapper à Harry Potter, Pete Doherty et Gordon Brown. Et donc aux Libertines.

Science fiction illustrated est un –magnifique- album créé par une bande de crooners pauvres ayant forcé sur la bibine pour éviter d’être bobo. Etrange retour aux années Thatcher et leurs dissidences engagées. J’adhère au parti. La meilleure surprise depuis Clor.

Mother and the addicts // Science fiction illustrated // Chemical Underground LTD

http://www.myspace.com/motherandtheaddicts

2 commentaires

A la lecture de ce chronique un doute m’envahit. J’ai vérifié et je me dois de vous donner le la cher Bester car on ne dit pas “le” mais “la” cellophane. Attention être Gonzo ne dispense pas d’être aussi maître Capello ;-)

Commentaire par sylvain, le Lundi 10 septembre 2007 à 0:53

argh Sylvain j’en peux plus :-(

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 10 septembre 2007 à 1:00

Laisser un commentaire