Thierry Haupais débute sa carrière dans les 70’ à Libé’, en endossant immédiatement le rôle du rock critic qui marque sa génération, lançant au passage Téléphone et Starshooter dans la profession. Puis lance à l’aube des 80’ le développement français de Virgin avec comme fiertés à son actif les Rita, Bashung, ou Daho. Qu’il produit lui-même. Mercredi 18 avril,Thierry Haupais est mort, tombé pour la France. Mort d’une cirrhose. Peut-être était-ce par osmose, tellement qu’il en avait marre des paroles d’une France qui ne l’a jamais compris. Pierre Mikaïloff revient sur le personnage qu’était Thierry Haupais.
Thierry Haupais est mort lundi. La nouvelle m’avait échappé, je ne lis pas Libé tous les jours. Hervé Zerrouk m’a appelé pour me l’annoncer. Ça m’a fait un choc. C’est un bout de ma vie, un bout des années 80 qui s’en va sans crier gare. Comment un roc comme Thierry a-t-il pu se laisser bouffer par un quelconque microbe ?
Quand je repense à lui, et à l’époque où ils nous a signés, j’ai l’image de quelqu’un qui rend les choses possibles. Quelqu’un qui n’ouvre pas la bouche pour dire « non » - ce qui est rare -, mais, au contraire, vous remet une poignée de billets d’avion et, cinq heures plus tard, vous vous retrouvez à Londres en train d’enregistrer. Thierry Haupais, c’est aussi cette bouteille de champagne qui vous attendait dans votre chambre d’hôtel après un concert en province auquel il n’avait pas pu assister. La classe.
C’est aussi un dîner animé, après un concert au Printemps de Bourges, réunissant quelques gaillards comme François Ducray, et qui se termine par une évocation émue des Kinks. Thierry Haupais, c’est aussi l’anti-beauf, le remède à la connerie. C’est un mec qui déclarait : « Je suis content de gagner du blé ET de payer beaucoup d’impôts (parce que c’est une forme de redistribution) ». J’avoue que je n’ai pas entendu souvent ce discours chez les gens qui gagnent convenablement leur vie.
Thierry Haupais a été mon producteur. On lui a amené un projet et il a foncé. C’est ce qu’on attend d’un producteur, généralement. Mais rares sont ceux qui font les chose avec cet enthousiasme. (Rares sont ceux qui font les choses tout court.) Il nous a défendu, il s’est jeté de toutes ses forces dans l’aventure et… On s’est bien amusés. Le rapport entre un groupe et son producteur est particulier. Il y a un côté « grand frère » chez un producteur. Dans le cas de Thierry, on était content d’être son petit frère. Il avait participé à l’aventure Marquis de Sade, produit Etienne Daho, il était du bon côté de la force.
Haupais, c’était aussi cet éditeur qui nous laissait dévaliser chaque week end la discothèque de son bureau. A chaque fois, ses assistantes nous regardaient partir avec surprise, traînant d’énormes sacs remplis de services de presse.
Il y a juste une fois où j’ai dit non à Thierry Haupais. C’est quand il a lancé cette idée d’équipe de rubgy Polygram. En fait, je n’y connais pas grand chose, en rugby, mais, je sais pas pourquoi, l’idée de me retrouver sur un terrain boueux face à Thierry Haupais et ses 1m90 ne me branchait pas.
19 commentaires
Oui puis dans le même délire on peut également parler de Richard Anthony qui reprend The Cascades avec “En écoutant la pluie”……
Allons allons ce n’est pas sérieux.
mais je ne parle pas une seule fois d’héro dans ce texte…
pour ma part, je ne suis pas fasciné non plus par le trip black & white, à la Joy Division, Gary Numan, etc.
il y avait un trip “maigreur” chez marquis de Sade, mais ça avait plus à voir avec l’expressionisme allemand. enfin, je ne suis pas un spécialiste, c’est ce qu’ils déclaraient dans les interviews…
moi, j’étais plus dans les Only Ones, des garçons très sains.
Voir Fritz Lang et mourir………
Nosferatu = Début du punk?
Moi j’aime bien Les Olivensteins et Joy Division mais pas trop l’héro… C’est grave, docteur?
Je te conseille de prendre de la Codeine pour y voir plus clair.
ça marche aussi avec une poignée de mendies ?
Oui bien sur Pierre. Uniquement si tu t’es lavé les mains avant.
Pratiquement pas d’artistes à ses obsèques à Thierry Haupais.Tous overbookés.
arretez de dire que thierry est mort d une cirrhose(penssez a sa fille et a sa famille) on attent toujours son dossier medical’ il serait mort d une anemie profonde (manque de globule blanc) merci de rectifié. signé un ami de trouville
Thierry, je t’ai pas vu depuis au moins 15 ans. Et puis ce soir ta vision m’a traversé l’esprit, alors je tape google pour savoir ce que tu deviens, et j’apprends la nouvelle. Merde. On doit avoir des bouts d’antennes qui nous restent. Je suis triste, et je pense à toi et ta famille, et garde de toi le souvenir d’un coeur pur dans le monde frelaté du rock.
Amitiés. Wino.
ps. Passe le bonjour à David Rose, Luc Mettler, Pascale, Nono, Rudy…
Avant le Thierry de Virgin, il y avait cet etudiant qui avait joyeusement rompu avec ses etudes pour se consacrer a ce que nous croyons etre La Revolution .Il enregistra en 69 , un 45 tr sous le nom , de Thierry Liberté. Tres vite ce geant devint un des responsables ‘militaires’de VLR , notre groupuscule Mao. Toujours pret a faire le coup de poing contre les ‘ fachos et les flics’,il etait parmi les plus braves…Ph Constantin avait ete l’editeur de mon groupe, The Frenchies chez Emi et autour de thierry et de Philippe, une famille boheme s’etait recomposée. Valerie Lagrange, Higelin, Telephone…Je suis parti accro en 86 apres le suicide de Viveka,et ne suis revenu en Europe que il y a 3 ans . A Trouville des amis communs me signalerent sa presence dans le coin et c’est ainsi que nous passames une journée ensemble a se souvenir de notre passé fou et de cet avenir possible. Nous pensions un moment filer un coup de main a la campagne electorale de Roland Castro, nous revoir. Il m’avait avoué avoir tres bien gaagné sa vie avec Virgin,’un enorme fixe, pas de pourcentage, mais des bonus’.Il avait tourné le dos a la production et au milieu parisien et etait tres fier de ses 2 revues culturelles dediées a la scene normande. Je devais collaborer avec une serie d’articles et des photos , il devait venir passer quelques jours chez nous a Avignon, je le tenais au courant de l’heureuse evolution de mon projet musical et quand j’ai voulu lui envoyer les maquettes pour avoir son avis, Rebecca G. et Mado F., amies de Trouville,m’annoncerent sa disparition. Hier nuit, j ai eu valerie Lagrange au tel et lui ai a mon tour raconté le grand depart de Thierry. Il etait tres fier de son amitié avec Bashung, temoin de son mariage et revenait souvent sur leurs liens. Je retournerai saluer sa petite maison de Trouville, son chat perché sur le rebord de la fenetre…Il semblait lors de nos conversation assez blasé, desabusé meme, revendiquant le droit a cette retraite si anonyme, qu’il ne se nommait plus Thierry mais Augustin…Sa fille revenait tres souvent dans ses propos, qu’elle sache qu’il l’aimait du plus fort amour de Père et qu’elle etait sa principale motivation … Mon pote , bon voyage et a un de ces jours pour un boeuf celeste….michael memmi
Michel, Michael… Vos témoignages sont très touchants. Je me souviens de ce regard, derrière les épaisses montures noires, celui d’un type qui, malgré le stress de son poste chez Polygram, s’amusait beaucoup et parvenait à imposer ses choix malgré la pression économique d’une major. le foutteur de bordel était toujours là, pas loin, et la petite flamme rebelle continuait de briller dans ses yeux. on le sentait prêt à foncer si l’idée en valait la peine, s’il y avait la promesse d’un disque un peu bandant à l’arrivée. voilà, il voulait juste qu’on lui ramène de bons disques ! il ne demandait rien d’autres, qu’on enregistre des disques qu’il allait avoir envie d’écouter et de défendre. c’était pécieux d’avoir un allié comme lui au sein d’un label.
quand j’ai appris la nouvelle, j’ai reçu une claque, même si cela faisait longtemps que l’on ne s’était vu je garde en mémoire Thierry avec son sourire large et son chien assis à une terasse, et puis je pense à sa fille J qu’il aimait puis il s’avait qu’il brulait la chandelle par les 2 bout que ce monde d’aujourd’hui ne voulait plus rien dire lui qui avait une grande gueule.
au revoir Monsieur Haupais
j’ai depuis découvert son retour au journlisme et ses articles et éditos cinglants dans l’Outil, revue qu’il avait fondée, et THierry n’avait rien perdu de sa verve.
le show-biz ne voulait sans doute plus rien dire pour lui, mais il venait de se rendre compte qu’il y a mille autres façons plus excitantes de vivre.
et puis, j’ai aussi retrouvé cette photo où on est tous les trois : Thierry, son chien et moi…
Mais moi j’aime bien la techno parfois, on a le droit de ne pas aimer des trucs aussi merde quand à la chanson française. Y’a aussi des trucs qui se passe aussi et surtout aux alentours des moyennes métropoles,rennes, pau, ce style de villes ou daho a souvent fait des concerts, et pas que des lives playback baclés. j’ai le sentiment que finalement on est trés peu à penser que la pop/rock américaine par rapport aux anglais, je sais pas trop.
moi j’aime bien Hervé Zerrouk… S’il vous rappelle, donnez nous de ses nouvelles ;D
Je ne peux oublier notre rencontre furtive, un soir, dans une rue de Paris. Thierry était “beau comme un homme” je suis même sûr que c’était un homme comme j’en ai si peu rencontré: lumineux, courageux, volontaire, humain, intense, lucide, doux, fort, juste,indispensable.
je ne sais pas s’il est mort et je ne veux pas le savoir. thierry mort, ce ne sera jamais vrai…jamais!
je sais qu’il sourit au-dessus de mon épaule, que nous sommes jeunes, inquiéts, en marche.
depuis, nous marchons.
Thierry, je t’aime à tue-tête. OCL
ps: mais si les starillons ne se sont pas déplacés, tant mieux! pas besoin de ça et puis, pour enterrer qui?
ton message est beau comme un “non-enterrement”, Odile… Merci.




ETRE DIEU
Daho ,Marquis de sade ,!!!!! le bon coté de la force? Eux aussi prenaient de l’hero pour garder un teint blafard! On sent que ca te fascine vraiment !Mais tu n’a pas forcément tort ca peut devenir très vite surtout dans le milieu du rock francais une sorte de pose qui engendre un sentiment de supériorité ou l’inverse est possible d’ailleurs, du coq à l’ane passons pour moi le punk en france fut une aubaine pour les journaux rock de vendre un peu plus c’est tout; mais musicalement parlant en france ce ne fut que pale imitation! Je préfere encore Sheila qui reprend du Burt bacharah!