MORIARTY Où comment vous n’apprendrez rien dans cette interview sur le groupe français Moriarty.
Un groupe français sans réelle frontière avec l’authenticité comme seule ligne de démarcation . Une ligne Maginot du sentiment qui s’exprime sur un premier album fulgurant de beauté, de travellings mentaux sur l’Amérique de Steinbeck.
Moriarty…. Je cherche les indices. C’est là, maintenant, tout de suite.
Ca va, vous êtes pas trop fatigués, c’est votre dernière interview de la journée…
MORIARTY Charles Moriarty (Guitares): Non ca va. Et toi ? C’est ta première interview de la journée ?Oui, il me semble. Enfin je crois.
Tom Moriarty (Harmonica) : Bon on va réfléchir à nos réponses du coup.
N’oubliez pas de rajouter à la fin de vos réponses « tchut tchut c’est off, le marque pas que j’ai couché avec X». (Rires) Bon enchainons sur un truc plus professionnel quand même. Je suis emmerdé avec votre disque.
Rosemary Moriarty: Ah bon pourquoi ?
MORIARTY Je n’ai aucune question à vous poser en fait. Je vois tout à fait où vous voulez en venir. C’est limpide. C’est un trip exotique, enfin, un trip vers la route 66 pour vulgariser. La recherche du Mojo vu par des français.
Rosemary Moriarty : Oui c’est à peu près ca.
Et votre communication sur votre groupe est super minimaliste. C’est une volonté de votre part de mettre la musique au premier plan en affirmant que l’important c’est la musique que vous faites ?
Rosemary Moriarty : Oui c’est parfaitement ca.
Bon ok. Ca va devenir limite chiant si on est d’accord sur tout (Rires). Le coté fantasmé de votre musique, cinématique, c’est une recherche inconsciente de l’Amérique perdue, une Amérique que vous n’avez pas connu ? Ou c’était soit ca soit le rap ?
Arthur Moriarty (Guitares) : On a beaucoup hésité entre soul et R&B en fait ! (Rires)
C’est vrai que ca manque de string dans votre musique…
Tom Moriarty : Disons qu’on part avec un handicap assez handicapant, à savoir que certains d’entre nous ont des origines américaines, suisses, françaises… On est à cheval entre plusieurs trucs sans vraiment connaître notre pays d’origine, oui c’est vrai.
Mais je me suis demandé si vous désiriez réellement connaître l’Amérique d’aujourd’hui, ou si vous étiez à la recherche d’un rêve américain.
Rosemary Moriarty : Oui cela relève du fantasme. Mais je pense que ce n’est pas que les Etats-Unis, c’est l’Amérique avec un grand A. Tous les enfants d’immigrés vivent la même chose, on leur raconte une histoire qui n’existe plus sur un pays qui n’existe plus. Nous quand on y va, on reste sur notre faim, et en France, on fantasme cet ailleurs.
Arthur Moriarty : C’est l’Amérique des années 60.
Moi je vois plus celle des 50’ en fait avec le Gramophone avec le craquement du vinyle.
Zim Moriarty (Basse, contrebasse) : Moi j’irais jusqu’aux années 30. Allez, les années 20 et puis c’est fini (Rires)
Charles Moriarty : Ce qui est intéressant c’est qu’on fait de la musique avec des instruments de ces époques, mais avec des mélodies contemporaines.
Tom Moriarty : C’est souvent dur, comme sur l’harmonica par exemple. Il y a des frictions sur les gammes harmoniques. Il manque des notes. Cela donne des mélanges sonores intéressant.
Mais la production est vraiment « moderne » par exemple. Ca sonne pas « vieux » ni rétro.
Arthur Moriarty : On a tout enregistré en studio numérique, oui, mais en prise directe. Tous en même temps. Seize chansons en huit jours.
Zim Moriarty : Avec des problèmes à définir l’ordre des pistes. Faut quand même dire que certaines chansons ont presque dix ans et d’autres beaucoup plus récentes.
Mais j’ai lu que le groupe avait débuté en 1995. Bon je veux dire… On est en 2007 et c’est tout juste votre premier album. Vous avez foutu quoi pendant tout ce temps, bande de glandeurs ? (Rires)
Tom Moriarty : On n’avait pas envie de démarcher les maisons de disque. Jamais eu envie de jouer devant des millions de personnes. Et puis à un moment donné il s’est passé quelque chose…
Rosemary Moriarty : Les choses prennent du temps, si tu prends Jimmy par exemple, elle a dix ans, elle a été retouchée, elle a grandie. J’espère juste qu’on mettra pas dix ans à sortir le second !
Y a eu un déclic à un moment pour sortir le premier album ? Ou c’est comme un enfant qui a grandi lentement ?
Rosemary Moriarty : En fait, il y a des gens qui ont cru pour nous. Jerome Deschamps (des Deschiens, NDLR) et Macha Makeïeff par exemple. On les a rencontré dans leur studio, ils nous ont présenté Naïve, nous ont prêté des éléments de décor et nous ont permis de nous lancer de manière disons plus professionnelle.
J’apprends aujourd’hui que le label Sub Pop a décidé de passer toute sa distribution en numérique, plus aucun disque en physique, tout en digital. Ca vous fait flipper vous cette évolution de l’industrie musicale ? Enfin.. faire du blues en 2007 dans ce marasme, c’est le moment parfait ou plutot bad timing ?
Tom Moriarty: Y aussi un moment où les chansons vivent aussi en live…
Rosemary Moriarty : Il y a tout un univers visuel sur Moriarty aussi, on ne voyait pas les choses autrement.
Zim Moriarty : Il y aura toujours des gens pour acheter du disque, c’est comme le livre en fait. En même temps on n’en vit toujours pas de la musique.
Rosemary Moriarty : Et si tu prends les vieux bluesmen les mecs n’en vivaient déjà pas à l’époque. On est quand même les seuls en France à avoir ce statut d’intermittence. C’est un statut assez privilégié.
Tu parles de bluesmen, moi je pense à cette chanson, Motel, sur votre album. Qui m’a presque rappelle l’album blues des Doors, LA Woman. Je me suis demandé si vous-même vous cherchiez votre mojo, votre énergie vitale.. Il y a une énergie collective dans votre truc.
Arthur Moriarty : Pour moi notre musique s’envole lorsque, comme aux arènes de Montmartre, l’énergie collective prend forme. Le reste du temps c’est dramatique, mais lorsque nous fusionnons, musicalement ca devient comme une sorte de colonne de lasers
Le trip Jean-Michel Jarre avec les cheveux qui ondulent dans le vent ?!
Arthur Moriarty : (Hurlement de rire général) Oui c’est ca ! Plus fort que Jean-Michel Jarre !
Rosemary Moriarty : D’ailleurs pour retrouver cette énergie, on a ce truc de bosser autour d’un micro sur scène. Chacun a sa place. On a déjà fait des concerts amputés, sans certains des membres de Moriarty, mais c’est pas pareil.
Tom Moriarty : C’est une rencontre entre cinq personnalités. C’est d’ailleurs très stressant car on ne connaît jamais le résultat, ni combien de temps ca dure sur scène. Parfois c’est seulement quelques secondes et c’est déjà très bien.
Bon ben… Je crois que j’ai tout ce qu’il me faut là.
Rosemary Moriarty : T’as pas d’autres questions ?
Non. J’ai pas envie d’en savoir plus ou trop sur le groupe. Votre mystique se suffit à soi-même. Ca parle à chacun.
Arthur Moriarty : Nous on est souvent assez réticents aux journées promos, pour ces mêmes raisons.
Rosemary Moriarty : Moi je suis pas forcément d’accord, souvent les gens comprennent pas et je trouve qu’on a besoin d’expliquer. Tu prends une chanson comme Private Lily, est-ce que les gens comprennent le sens des mots ?
Tu penses qu’aujourd’hui les gens écoutent encore les paroles d’une chanson?
Rosemary Moriarty : Tout dépend du public. Dès qu’on joue devant un public anglophone ca devient autre chose, pas forcément mieux mais les gens comprennent tout, le sens des mots.
Une bonne expérience textuelle quoi. (Rires)
Arthur Moriarty : Faut nous imaginer dans le Nord-Pas-de-Calais en train de jouer dans une salle communale avec un maire à l’écharpe bleu-blanc-rouge, à 5km de la mer, pour l’inauguration d’une salle polyvalente…. On présente des chansons dans des endroits très différents en fait et c’est assez complémentaire.
Rosemary Moriarty : Le rapport à la musique est déjà dans la langue (sic), peut-être qu’un jour on fera un album en français, ou en allemand…
Mais on vous a beaucoup fait chier avec vos origines ?
Arthur Moriarty : Pas vraiment, surtout sur le fait qu’on ne chante pas en français. Ou on nous demande si on est vraiment américains. Alors moi aujourd’hui j’avais préparé ceci (Il sort son permis de conduire américain, Nouvelle-Orléans, hurlement de rire général).
Le pire du cliché c’est que tu vivais à la Nouvelle-Orléans….
Arthur Moriarty : Oui, on y a vécu un mois, avec Thomas.
Tom Moriarty : Oui, parce que dans la vie on est ensemble.
Oui, comme quoi dans la vie on n’est jamais trop aidé…. (Je me refuse à expliquer ce jeu de mots sordide, NDLR). Bon on arrête là ca vire au graveleux. Merci à vous pour ce bon moment.http://www.myspace.com/moriartylands
3 commentaires
Vive les jeux de mots les plus borderline !
On a beaucoup de difficulté à se retrouver dans ce nouveau site web, ou se trouve la page menu?
Je ne félicite pas le webmaster.
ceci étant “Le rock progressif a cela de vrai c’est qu’il ne fait pas d’a coup” C’est pas moi qui le dis c’est patrice eudeline lui même, donc vos gueules avec vos histoires de thome york.
Bon.
Taris sera toujopurs taris même en ces période humide et troublée.
Ta vie est un film de serie B ouais…
han han prend ça dans ta gueule!
Tous ces groupes en poney auront à répondre de leurs actes et ceci bien avant que l’on est eu le temps de dire ouf. Mais je n’ai pas la science infuse contrairement à jûll.
Enfin passons…
Quand a jacno alors là pffff ça m’etonerait bien tiens.
Patrice eudeline est un rockeur et c’est là tout l’interet qu’il nous suscite et je crois pouvoir l’affirmer sans fausse pudeur.
Phillipe manoeuvre? Vous voulez rire j’espere!
Je crois qu’il est a sa place dans l’univers televisuel qui est le notre, comme vous l’êtes dans l’univers du web. J’aime assez tous ces aspects constitutif d’un ensemble cohérent.
Alex rossi à effectivement le droit de penser ce qu’il pense
Je ne me formaliserai pas même si moi je pense qu’alister est un type formidable, ça ne regarde que ma conscience et moi, ok?
Mais moi j’aime bien la techno parfois, on a le droit de ne pas aimer des trucs aussi merde quand à la chanson française. Y’a aussi des trucs qui se passe aussi et surtout aux alentours des moyennes métropoles,rennes, pau, ce style de villes ou daho a souvent fait des concerts, et pas que des lives playback baclés, la distortion, california girl est certainenment une sacrée bonne chanson. j’ai le sentiment que finalement on est trés peu à penser que la pop/rock américaine par rapport aux anglais, je sais pas trop.
louis ferdinand celine dion trop peu pour moi, je deteste les canadiens surtout quand ils ont des foulards autours de leur cou, et les gens du signe cancer tout au plus, si j’ose m’exprimer ainsi a prt alister qui est poisson d’eau.
Alors on se la ferme sa grosse gueule hein!Bande de putois.




ETRE DIEU
I’m pregnant.