Janvier 2034. J’ai chaud. Pourtant je traîne dans neo-Châtelet en simple t-shirt. Vivement qu’ils réparent le skyshield du métroplexe.
Pour me changer la tête, je passe les doigts sur mon crâne, fouillant mes cheveux à la recherche du port BTL, et j’y insère la puce MoonPallas. On m’en a dit du bien.
banniereJe n’attends pas une dizaine de secondes et déjà Johnny Bootleg répand ses basses dans ma junkhead. Génial cette petite guitare qui picote mon épine dorsale. Je crois que cela contrôle mes jambes ; rapidement, je me mets à faire des pas ridicules sur le synthéplancher de mon studio.
Ouais ça monte, putain ouais, je me suis pas fait gruger. La lente montée électrique. Oh ces claviers volés à Tortoise, ce pianotage à Manzarek, j’entends quasiment l’acid rain qui tombe sur le dôme, dehors.
Et puis plus rien. Le prompt annonce Collapse.
Merde, ça a buggé ? Ça rame et ça crépite. C’est quoi ce bruit ? Pourquoi ça crépite ! Merde, merdejemesuisfaitavoir, putainjemefaistoujoursavoirmerde !
L’afficheur rétinien annonce Junky Childhood et ma tête résonne d’un bruit de télé à 5 heure du mat’.
Alors seulement, les drogues attaquent vraiment. Les ions explosent dans le réseau, les électrons se démultiplient comme projetés sur une boule à facettes, un charleston crie pour couvrir la voix de Robert Smith. Des phonies à l’infini, des alarmes. Vacarme des statiques. Orgasmique flip. Des néons bleutés s’allument un par un dans le hangar de mon cerveau. Et tous les ordinateurs du monde commencent la révolution ce soir.
“Je m’évanouis. Ou m’éveille ? Le trip ou la descente ?”
Moon Pallas fleche d'orJe me vois. Je me regarde. Enveloppe de verre iridescente. J’appelle à l’aide. S.O.S. Touche F1. Voix d’ange.
Soudain tout disparaît. Il me semble que je flotte dans un liquide tiède. Un bébé gazouille au loin. Ça sent la cachaça et un rythme lascif (Cha Cha Cha ?) me secoue l’intérieur des reins. Hallu’ ou redondance cyclique ?
Saturation. Je me noie dans le beat hypnotique et les boucles de sons synthétiques. Mes sens me lâchent. Suis-je allé trop loin ? Scentless and senseless. Je file, électron niqué, et la réalité virtuelle défile sous moi. Des kilomètres de câbles étincelants. Jardin de diamants et cordes de guitares.
Quelqu’un envoie des décharges direct dans mes yeux. Impossible de faire demi-tour, no rewind. Flash.
C’est un projo. Un simple projo dans la fumée.
RESET.
La Flèche d’Or. Juillet 08.
Le canapé rouge me colle au dos et la caïpirinha aux doigts. Face à moi, Moon Pallas s’est déplacé à Paris pour envoyer ce qui s’avère être la synthépop de demain. Je soutire le Redefine EP en partant et guette déjà le LP pour la rentrée. Oubliez le prochain Cure, Dave Gahan, les projets parallèles de Chris Corner, et la soupe de Bloc Party et consorts. Même XTRMNTR de Primal Scream est visé.
Target locked. Moon Pallas va redéfinir tout cela.
http://www.myspace.com/moonpallas




ETRE DIEU