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MOLYPOP Sous la barque (quand on creuse)

Imagineriez-vous trente secondes The Band enregistrant avec Marc Aryan (l'icone dada belge), ou plus près de chez nous Téléphone en jam session avec Ry Cooder? Non, pas un (...) suite

Imagineriez-vous trente secondes The Band enregistrant avec Marc Aryan (l’icone dada belge), ou plus près de chez nous Téléphone en jam session avec Ry Cooder? Non, pas un instant, bien sûr. Tout comme moi vous faites parti des gens raisonnables persuadés qu’un lapin en slip ca n’existe pas. Et que le mélange variété/rock a de tout temps donné des aberrations (ou la fabuleuse histoire de Phil Collins batteur sur All things must pass de George Harrison, mais c’est un autre sujet).

MolypopCe pari improbable, Molypop le fait “sous la barque”, comme c’est marqué sur la jaquette. Et quand on creuse, on s’aperçoit que le white rabbit porte des strings. Dis comme cela, cela ne veut rien dire. En développant, je m’étonne qu’un groupe venu de St Malo/Paris puisse à ce point donner l’envie d’un extra-France puisant autant dans Ravi Shankar que dans Neil Young, la fin des sixties, la clarté des guitares brillantes et en même temps se noyer dans la langue française.

Premier album pour Molypop, et profonde perplexité pour l’auditoire des moins de trente ans. Ce groupe, mené par le photographe/réalisateur/musicien Jacques El, aurait-il tout abandonné pour en être rendu à chanter dans la langue à Delerm, ou auraient-ils acqui l’illumination suprême (briser ses propres racines en les mangeant)?

Souvent aussi atroce qu’un lapin en underwear vous racontant ses meilleures blagues (L’herbe verte), parfois Monthy Python involontaire (Je n’ai pas l’ombre d’un regret/Je vais là où je vais, L’espérance), Molypop parvient entre deux claquements de dents à placer une composition sublime, aux sonorités ricaines, celles où le génie est plus fort que le rire (Dieu n’est pas mort, sorti du Michigan local, pas loin de la coté bretonne, juste après le Monsieur Meuble) et la qualité des compositions supérieure au french cliché (Je fume plus, version cocorico de The End des Doors?).

Dans quelques décades, lorsque vous compterez vos cheveux en moins de 3 minutes, que vos Telerama auront pris la poussière et que le Finistère aura définitivement été envahi par la montée des hauts, remettez Molypop sur la platine. Entre deux finger picking so frenchiant minaudé du bout des cordes vocales (chanter quand on n’a pas de voix), quelques éclairs pourraient bien surgir, viendraient éclairer votre pension retraite d’un bout de nostalgie.

Sous la barque, c’est inécoutable, cela véhicule toute l’erreur de 30 ans de rock en France (la festivité comme moyen d’expression en ré majeur) mais c’est assez sensible pour échapper à la guillotine. A placer pile poil entre Manset et Joseph d’Anvers pour baiser la nana qui voulait pas coucher le premier soir.

http://www.myspace.com/molypopi

2 commentaires

Bester, je ne peux pas imaginer Téléphone en jam session, avec ou sans Ry Cooder, sinon, j’ai des sueurs froides, j’ai comme envie de vomir dans l’hygiaphone, je rêve que je fais du vélib avec Jean Louis Aubert ou que je mange des yaourts sans sucre avec Kolinka, au secours ….

Commentaire par Monsieur Aa, le Lundi 13 octobre 2008 à 23:13

on peut encore faire pire…. John Cale FEAT Bertignac:)

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 13 octobre 2008 à 23:24

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