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MODESELEKTOR-Happy Birthday

Mon problème avec la musique électronique c'est que je n'en écoute quasiment jamais. J'adore ça pourtant, vraiment, mais quand au juste est le bon moment pour écouter un (...) suite

MODESELEKTOR-Happy BirthdayMon problème avec la musique électronique c’est que je n’en écoute quasiment jamais. J’adore ça pourtant, vraiment, mais quand au juste est le bon moment pour écouter un album de Keith Fullerton Whitman ? Écouteriez-vous le dernier Boys Noize seul, et plus : L’entendriez-vous seulement en bougeant vos tennis de collection, bourré aux bières à 8 euros ?

Moi non. Ou du moins si mais pas sans me sentir profondément coupable. Alors bien sûr, le spectre des musiques électroniques transcende l’opposition chiant / putassier, bien entendu tu as encore le droit d’écouter de l’electronica casse-couilles dans ta chambre en te répétant qu’Intelligent Dance Music est vraiment un nom bien trouvé, mais quand je ne me sens pas mériter une demie-heure de musique semi-concrète et que les couloirs du métro raisonnent aux claquements conjoints des chaussures pointues à bout carré et des kick/snare/kick/snare/kick/snare, mon iPod et moi nous sentons bien seuls.

Modeselektor n’a pas, avec Happy Birthday, la solution à mon problème. Pour reprendre l’idée de classification évoquée plus haut, cet album rentre dans la catégorie pute, en plein dedans, des indiscutables bangers aux pistes lo-tempo glitchées. Pourtant je l’aime beaucoup cet album, je sais bien que ça ne durera pas pour toujours mais je m’y suis attaché au point de l’écouter quasiment tous les jours, en faisant autre chose sur internet, dans le Métro, en rentrant avec quelques verres dans le nez. Par morceaux le plus souvent, des fois en entier quand j’oublie, en tout cas souvent. L’explication je crois c’est qu’il est totalement con, absolument gogol, et pas pour autant lassant comme pourrait l’être une mauvaise blague.

Au changement d’Opéra je marche d’un pas décidé avec un large sourire, simplement content d’écouter un banger qui ne se prenne pas une seconde au sérieux. Sucker Pin ou un autre rouleau compresseur aux relents acid, puis le titre de snap trisomique avec Puppetmastaz, un petit retour sur Happy Birthday en montant dans la 12 sans pouvoir me chasser de l’esprit l’image d’un énorme Casimir en train de taper des enfants à un goûter d’anniversaire. On regrette presque les titres vaguement jolis — de la pop électronique glitchée à la Apparat, en un poil plus corrosif et moins chiant — entre deux stations et les méchantes boucles des collaborations plus drôles les unes que les autres. Une ballade ragga synthétique à Notre-Dame de Lorette, une abomination booty-rave avec Otto Von Schirach à Pigalle, une énième et puissamment débile collaboration avec TTC à Jules Joffrin.

Arrivé, je coupe sans regrets les vagissements de Thom Yorke sur quelques blips poussifs, pas mécontent de m’être une fois de plus amusé avec ce disque.

Modeselektor // Happy birthday // B pitch control

http://www.myspace.com/mdslktr

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