Black Rebel Motorcycle Club, Paris, mardi 20 novembre, 20.30.
Aujourd’hui, la nuit s’étendra plus tardivement.
Ce soir on m’a mis un revolver dans la bouche. On m’a enfoncé le viseur au fond du palais. On m’a fait laper le canon. On a mélangé ma chair au métal, remonté le tout jusqu’à ma glotte. Et j’ai aimé ça. J’ai aimé entendre le clic du percuteur remonter, l’attente exquise de la détonation, les haut-le-coeur provoqués par l’intrus dans ma bouche. J’ai prié que l’on appuie sur la détente, que l’on me libère de ma boîte crânienne. Ce qui est arrivé, pendant quelques secondes.
Les Français ont des problèmes de sommeil. Je n’en ai pas, je ne dors pas. Moi, j’ai des problèmes de vertige. Je suis trop grand pour ce monde. Tout semble à des kilomètres sous mes yeux. Alors je toise les gens de mon regard, les sonde par mon esprit. Ma présence n’est qu’une menace, le monde compressé contre l’aiguille de mes yeux. Je suis près de vous… je suis un moderniste.
Club des rebelles noirs de la moto, images imposées à l’esprit de l’homme viril - féminin. La grande scène est éteinte, les musiciens seront uniquement drapés de noirceur. Leur menace ne tient qu’en une seule et grande idée: délivrer au compte-goutte un fluide malsain. Des dragons chinois, la gueule diluant l’encens sacré. L’encens du mal, celui qui fait bouillir le sang noir.
La médiocrité me fait vomir. Et cette foule suante, bariolée de T-shirts puant est une vision de la médiocrité. Voilà une jeunesse qui ne pense qu’à se foncer dedans, à n’importe quel prix. Le groupe les feinte, leur donne une fausse impulsion, qu’il aient en bouche un peu du goût du sang.
Le sang noir, le sang transportant fureur et démence. La bête humaine; un train qui en terrassera plus d’un, leur faisant abandonner un sabbat ridicule pour les envoyer dans les zones désespérées de l’esprit.
Ce groupe encercle son public. Il les envoûte par l’électricité comme de vulgaires serpents. Ils ne font que répondre aux envies les plus fondamentales de l’humain : contraindre autrui à sa volonté. La seule chose acceptable de la part d’un musicien.
CRÈVE OU CRÈVE
Le bonheur d’être dominé, maltraité, des heures durant. La guitare électrique, fouet de l’inconscient. Voilà pourquoi le rock’n roll est la musique de Dieu et non de Lucifer : car elle est là pour nous punir. Les Rebelles noirs comprennent, ils se sont tournés vers le Père, racontent exclusivement les histoires de ses fils de déchus. Ils veulent nous damner à notre tour.
Faust
=
Christ
Et le psychédélisme est une tribune pour religieux en mal d’audience. Dieu, l’oublié du XXème siècle est revenu. Dieu a tué les marxistes, a puni les penseurs. Le rock’n roll à été créé dans un seul but: nous faire revenir dans le Jardin d’Eden… à l’état de nature le plus brutal.
7 commentaires
Joli blaze Yves et bien envoyé : ce compte rendu de concert m’a fait gerber en silence tant on sent que ce texte est poseur et à mille lieux de ce qui a pu se passer ce soir là.
Et j’ajouterai ceci: Qu’on le pende par les pieds ce moderniste!
Le psychédélisme est un travail collectif. Le sexe: a deux l’effort, et les sensations sauront être appréciées.
Il n’y a pas de pause plus acrobatique que celle de la modernité.
Quand a moi, Sylvain, quand je vomis… cela fait du bruit!
Crève sale moderniste.
CREVE.
Mister Le Moderniste, je ne comprends pas ce que tu veux dire dans ton commentaire. Peux-tu être plus explicite ?
Je n’etais pas au concert mais ce texte est mauvais.




ETRE DIEU
salut eugène
on a pas du voir le même concert car c’était bien pourri.
son “muddy” à fond, c’était d’un mou, rien à voir avec les disques (qui eux sont terribles!). fallait leur filer de ce que tu as pris car ils avaient l’air d’en avoir bien besoin.
rarement vu un groupe de rock aussi molasson (autour de moi ça chambrait pas mal, pour te dire que je n’étais pas le seul à trouver ça grave!).
yves