MODERNITÉ #2 ” You should see shat can do a 44 Magnum in a woman’s pussy”
Martin Scorsese, Taxi Driver.
Alors je vous emmène pour un tour de grand huit, une équipée sauvage bâtie dans le sang et la fureur. Si vous avez le courage de regarder le monde les yeux dans les yeux, flingue sur la tempe. Une position à la limite du viol. Pas de jeu entre nous, car je ne joue jamais. Uniquement la vérité intrinsèque sans concession ni fioriture. Les pavés mis à nu, les corps sondés jusqu’à l’os. Une autopsie sans moue de dégout.
Notre monde est violent… Il faut être au dessus du monde.
***
Faire du temps son propre temps. Pouvoir le modeler à la forme de nos besoins. Le défi de l’homme façon XXIème siècle. On peut tout faire en un quart de seconde, et pourtant, cela n’a pas plus de sens. Le rétrécissement des espaces, l’entassement des corps… et tout le monde à la recherche d’une capsule d’air ou l’esprit peut encore vivre.
La création d’un bocal pour cerveaux.
Voilà pourquoi notre monde est devenu un monde d’extrémistes. Des gens foncent contre les parois pour être libérer de la vitesse.
Alors j’ai repoussé le temps, je l’ai tué.
La brume matinale, les cadavres cernés qui partent vers leurs labeurs… Je ne connais pas tout cela. C’est avec un livre dans chaque poche que j’attaque la rue. Le seul moment de ma journée où je verrais le soleil. Astre haut et lumineux, il nous contraste, fait ressortir nos laideurs.
Je ne fuis pas le soleil, je fuis mon ombre. Je ne veux être qu’un seul, maîtriser mon image jusqu’à l’infini.
Descendre dans le fraîcheur d’une cave, sortir les deux livres des poches de veste et m’assoir sur la banquette. Un coup d’œil circulaire pour jauger l’endroit. Puis se plonger dans la lecture… m’assoupir sur des tables à la douce musique d’auteurs morts. Le chant de l’au-delà, des livres traversés de plus de vie que la plupart des humains.
Car eux sont vides. Ils ne savent que détruire.
De mon poste on observe. Des jeunes sortent de leurs études pour boire, des cols blancs sortent de leurs bureaux pour boire, des vieux sortent de leur torpeur pour boire. L’assommoir. S’assommer pour mieux se libérer.
La volonté de boire, la dernière chose qu’ils choisissent vraiment. Plus que leurs “métiers”, leurs activités ou leurs mariages. La consommation, voilà leur zone de libre arbitre. Alors ils agissent comme des ratés. Se gavent de substance.
Comme cet étudiant a la table d’à coté. Parlant avec des œillères. Défendant son positionnement. J’entends Eisenstein, j’entends Bergman, Truffaut. Et c’est un non-sens, mais c’est un non-sens d’extrémiste. Il montre les dents, parle comme un enragé. Il s’en est rendu compte lui-même: il ne comprends rien à rien. Mais sa position est la dernière chose qui ressemble a un choix.
***
Alors, quand l’ivresse de la lecture a rejoint l’ivresse du monde, je sors dans le froid, la pluie, le noir.
Dans les rayons d’une épicerie, j’étudie la pharmacie. Il faut toujours connaître les drogues légales de son pays.
Un couple y achète une bouteille de Vodka. Ils se regardent dans un sourire.
Car ce soir, il lui versera le liquide sur la poitrine, le visage, la chatte; pour la lécher. Il l’attrapera pas le crâne quand elle lui mordra les cuisses, qu’elle crachera la gnôle sur la plaie. Et qu’importe la brûlure si le frisson est au rendez-vous.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Brûler dans un feu furieux l’amitié et l’alcool. Le sexe et l’électricité. Se brancher sur quelqu’un pour un tour de train fantôme. Vingt minutes d’animosité et la boucle est boucler. L’orgasme n’étant que la détonation de leurs armes précaires.
” Je t’ai tué… je suis vivant “
Puis vient l’embarras, comme une histoire d’enfants. Car les extrémistes ne veulent plus s’embarrasser des formes. La conversation, la cigarette, les codes sociaux, sont une perte de temps. Juste le mécanisme de réponse aux envies les plus brutales.
CONSOMMER = DÉTRUIRE
Nous passons à une soirée chez une jeune fille. Le corps tendu par les médicaments, je prends les bouteilles du bar. Un “ami” embrasse la demoiselle. L’art de la séduction, c’est aussi l’art de la diversion.Certains m’adressent la parole. Je ne suis pas intéressé. J’ai déjà fait le plein de toute manière. Un jeune gars me bouscule par inattention. Je lui place un genou dans les côtes. Le fracas, des cris. Nous décidons de partir.Vider notre butin loin des regards.Il est maintenant allongé sur l’herbe, gueulant vers le ciel, vomissant sur son torse nu. La rosé posé dans ses cheveux. Sa propre morve a investi sa lèvre supérieur. Il me quémande, charabia pour une cigarette. Ce soir il a bu une bouteille de Curacao. Au moins cela. Alors il est a mes pieds, mourant. Dépendant de ma simple volonté a bien vouloir le relever.
Le col de mon manteau effleure tendrement ma joue. La terre lui a empli les narines. A peine 20 ans. Il gesticule et crie. Sans aucune combativité. Juste pour se prouver qu’il est encore vivant. Mais il est déjà mort. Son extrémisme, son assommoir, il n’est plus tout a fait un humain.
Je m’abaisse sur son visage, lui raconte qu’il va mourir si je ne fais rien. Lui dit que je n’ai rien envie de faire. Il s’accroche à mon col, crie devant mon visage. Je le brule à la joue, lui répète qu’il va mourir. Il vomit à nouveau.
Je fais pivoter la grille jusqu’à son cliquetis. La masse informe s’agite au loin dans le parc. Le vent me ramène une rumeur de râlement. Le soleil se lèvera bientôt. Il maculera la laideur de cette masse, dessinera le contour de ses plaies… reflétant les tatouages causés par l’extrémisme de mon « ami ».
Je ne suis pas la pour juger… Je ne faisais que passer…
A suivre: Modernite #3, les salauds…




ETRE DIEU
Comment dire…
Je ne suis pas anticonsummériste mais je deviendrai bien Hamiche après avoir lu ça!
Ceci dit c’est époustoufflant, bravo!