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MODERNITÉ #1Le Pacte

"Well, I'm just a modern guy / Of course, I had it in my ear before" Iggy Pop "Nous sommes des gens modernes. Nous sommes des robots. Nous n'avons plus (...) suite

MODERNITÉ #1Well, I’m just a modern guy / Of course, I had it in my ear before
Iggy Pop

“Nous sommes des gens modernes. Nous sommes des robots. Nous n’avons plus de sentiments.”
Alain Pacadis

“EUGENE! EUGENE! SI VOUS POUVEZ M’ENTENDRE, SUIVEZ LA LUMIERE AVEC VOS YEUX.”

Bien entendu que je peux t’entendre abruti.

La lumière dans les yeux. Le sang qui coule sur ma langue. Cette dent glissant lentement dans ma gorge…

L’asphalte est rouge, entourée d’un bruit blanc. Et cette dent qui m’étouffe, blesse la chair de ma trachée. Les passants se gargarisent du spectacle. Je leur pèterais les rotules si j’en avais les capacités.

Mon esprit n’a jamais était autant aiguisé; capable de tout ressentir et de ne plus rien contrôler. Spectateur stupide de ma propre agonie. J’expérimente ce que je n’ai jamais été. Un passif. J’avais définitivement raison: Ce n’est pas fait pour moi.

Car la main amicale tendue devant ma tête reçoit systématiquement un coup de croc. Je ne suis pas de ces nains hargneux trop sûrs d’eux pour accepter l’influence des autres. Je n’ai pas besoin des autres, voilà tout.

Pourtant, cette nuit là, je me retrouve dépendant du savoir-faire d’un pompier.

Je préfèrerais mourir ici, martyr plutôt que miraculé. Mes sauveurs auront les honneurs, moi je ne serais qu’un handicapé.

Alors je me concentre sur la nuit, au dessus de la casquette ridiculement rouge de mon “ange gardien”. Je fixe mon esprit sur ce noir au delà des astres, pensant à ma mâchoire broyée, à la pluie qui tombe sur mes gencive mises à nue, au trou dans ma joue. Je pense à la brique posée à coté de ma tête, celle qui a causé tout ces dégâts sur mon visage.

Je plonge mes pupilles au delà de la lumière, de la lampe, des paroles, de la rue, de cette ville; me perd dans l’obscurité du cosmos, l’incommensurable voie lactée…

Et dans ma tête résonne ces paroles

“EUGENE! EUGENE!! ON LE PERD ! VITE”

***

Des semaines avant…

Je m’appelle Eugène. Qu’importe mon vrai nom de famille, mon âge ou mes origines. Tout ce que vous devez savoir c’est que je fais parti de ces jeunes gens qui inquiètent. Que je suis de ceux dont la présence est une menace, dont le souffle est une tempête et le regard un procès. Je suis un Moderniste.

Je ne peux dire comment j’occupe mon temps, car je ne m’occupe pas. Ma quête est simple: vivre. Je ne me plie pas, n’accepte rien. Aucune minute vécue ne doit être une concession de l’ âme. Sinon, ce serait une minute de mort. Et je n’ai pas le temps de mourir.

Alors c’est en fracas que je me déplace. Attendant la nuit pour m’éveiller dans le labyrinthe urbain. Je vais d’un point à l’autre, furtif, assassin; allant braquer tantôt un appartement, tantôt une jeune fille, tantôt un vieux PD. Utiliser les gens. Tout est prétexte à utiliser les faibles. Ces personnes pleurnichardes en mal de vivre; la création monstrueuse de nos vies modernes. Des larves geignardes au leitmotiv facile: “Dieu, que je me sens seul dans la grande ville”.

Ce n’est pas que je sois inhumain. Au contraire, je suis exactement ce que la société nous demande. Un super humain. J’ai banni la médiocrité de mon monde. Mon honnêteté n’a d’égal que mon non-respect des règles. Vous ne pouvez m’en vouloir: ma discipline est si rigoureuse qu’elle épuiserait la plupart d’entre vous.

Alors je vous emmène pour un tour de grand huit, une équipée sauvage bâtit dans le sang et la fureur. Si vous avez le courage de regardez le monde yeux dans les yeux, flingue sur la tempe. Une position à la limite du viol.

Pas de jeu entre nous, car je ne joue jamais. Uniquement la vérité intrinsèque sans concession ni fioriture. Les pavés mis à nue, les corps sondés jusqu’à l’os. Une autopsie sans moue de dégout.

Notre monde est violent… Il faut être au dessus du monde.

2 commentaires

Rigoureusement effrayant et drolement efficace, si tous les voleurs étaient comme ce moderniste, beaucoup de jeunes bambins rêveraient sans doute de devenir brigand. A ne pas mettre entre toutes les mains.

Commentaire par doud, le Mardi 1 janvier 2008 à 20:47

Le truc du surhomme s’élevant au dessus du nihilisme ambiant, fruit de la dégénérescence d’une humanité dissoute dans le grand rien hyper moderne, c’est tres romantique, c’est tres chouette, surtout avec un paquet souple et des pompes classes, mais c’est finalement répondre au vide par un autre vide: celui de l’hyper narcissisme assumé en tant que tel. Un peu de religiosité, de sublime, que diable!! Que nos corps fusionnent dans une grande messe terrible, celle de l’affirmation de ce qui doit etre une bonne fois pour toutes!! Le nouvel individualisme qui doit nous sauver ne doit pas etre un rejet de ce qui est moins que soi, mais une communauté de valeur à réaliser pour tous, pour ceux qui veulent vivre.

Commentaire par gardere, le Mardi 1 janvier 2008 à 16:43

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