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PIERRE MIKAILOFF récite Steeple Remove

Brighton Parano, soit l'expérience textuelle écrite la semaine dernière par Pierre Mikaïloff, a eu un enfant. Un heureux évènement fêté dignement par ses parents, Pierre le papa et (...) suite

Brighton Parano, soit l’expérience textuelle écrite la semaine dernière par Pierre Mikaïloff, a eu un enfant. Un heureux évènement fêté dignement par ses parents, Pierre le papa et Steeple Remove la maman.L’enfant pèse 11 minutes et six secondes, soit le temps du récit de Brighton Parano en audio dicté par un Pierre Mikaïloff en maitre de cérémonie martiale. De la poésie sonore à contre-pied mise en musique par Steeple Remove, qui se fend ici d’une instrumentale de premier plan. Noisy melody et mots qui volent comme autant de papillons noirs.

Les cathédrales soniques et le talk-over de Mikailoff, c’est par ici:

Brighton parano.mp3


T
heme I : Que s’est-il passé à Brighton ? Friend #1 tourne en rond devant moi. Il refuse de répondre. Une parodie de rock’n’roll nous est servie par un orchestre thaï. Le patron du bar me propose sa fille. Non, merci, pas ce soir. Ennui.

Je m’ennuie encore dans le duty free de Heathrow Airport. Les haut-parleurs diffusent une parodie de rock’n’roll - cette fois, par un groupe british. Je n’ai plus rien à faire ici.

Rouen. La bière n’est pas chère. Mais les patrons de bar ne proposent pas leurs filles aux clients. Je m’y habituerai. Gonzo Gazing. Une horde sauvage de dragons souples déferle sur la ville. Le blaster ne me quitte pas. Le blaster dégueule le vieux back beat de Ringo dans Tomorrow Never Knows. Les piles sont nazes.

Desorient Express. Un drôle de mec me regarde depuis le bar. Il m’offre une bière. Douze bières. Je décide de l’appeler Friend #2. Au-dessus du bar, une photo de Raymond Poulidor qui donne l’accolade à… Rocky Erickson ! Hum, il est peut-être temps d’aller dormir. Ou alors, j’ai besoin d’une autre bière. Oui, c’était ça ! Une autre bière, et Rocky Erickson disparaît de la photo. Le mur aussi disparaît. Quelle endroit étrange.

Radio Silence. La partie est jouée depuis longtemps, me dit Friend #2. Que s’est-il vraiment passé à Brighton ? je lui demande. Il ne répond pas, il est parti chercher des bières. Je reste seul dans l’appart. Je trouve la hi-fi. Je monte le son. Je mets tout à fond, un boomer agonise, j’encaisse des vagues sonores. Je flotte sur une sorte de tapis volant. Je dois apprendre à m’en servir. Déjà, je peux contrôler certaines fonctions : Volume, Repeat… Theme I. Cut up d’après une suite d’accords de Bill Burroughs. Cela m’avait échappé la première fois…

Lecture aléatoire. Track 5. Free Open Tune. Friend # 2 est revenu. Il me tend une bière. Je lui demande ce qui s’est passé à… ? Il sourit. Il me laisse mariner. Il dit que je ne suis pas encore prêt. Je n’insiste pas. La pochette flotte doucement jusqu’à moi. Des néons. Le synclavier du surfeur d’argent… Pas de nom. Retourner la pochette ? Trop compliqué. Les morceaux s’enchaînent à nouveau. Re-décollage brutal. Plus violent peut-être. Mais le surfeur ne peut rien pour moi. Basse-batterie impitoyable. Un guitariste qui l’ignore, mais qui joue comme le Dave Edmunds du Love Sculpture de 1968. Sabre Dance. Khachaturian. Le même son. Peut-être qu’il ne l’ignore pas…

Love Machine. Un assaut de vibrations. Pourquoi ai-je l’impression de me promener dans le cerveau de Hunter S.Vador ? Qu’aurait fait Sun Ra s’il était né à Rouen dans les années soixante-dix ? Et si les Sex Pistols n’avaient été qu’un show monté pour Granada TV ? Malcolm McLaren et Bill Grundy voulant refaire le coup d’ABC avec Apollo 11… Dans l’état où je suis, cette perspective me donne le coup de grâce. J’ai besoin de caféine, mais Friend # 2 continue de me servir des bières glacées.

Indoor Reptile. Je ne suis pas un reptile d’intérieur ! D’ailleurs, je me lève. Je veux savoir. Je recommence : Que s’est-il passé à Brighton ? Cavalcade dans l’escalier. Voiture. Trajet. Je ne me souviens plus. On arrive trop tard. Club fermé. Tout est éteint, personne pour nous renseigner. Personne pour répondre à ma question : Que s’est-il… Tableau de bord. Radiocassette. Que s’est-il passé à Brighton ? Cette fois, j’ai peur. Reptile alone in Babylone.

Hyperprism. Hôtel. On me dépose devant un hôtel. Une chambre. Ma tête rencontre un objet dur ! Porte ? Mur ?… Je dors 24 heures. Je me réveille, cafés, journaux, cafés, etc. Je rentre. Paris. Périph. Six heures du soir. Je défais mes bagages. Un CD tombe. Un 45T aussi. Un 45T ?… La même pochette, avec le néon. Putain, mais qu’ai-je fait à Brighton ? L’obscurité m’envahit.

Infinty Net. Le serveur du Flore me jette sans ménagement. Il a perdu patience. Moi aussi. Que s’est-il passé à… Je veux savoir. Je pars. Je retourne au Havre. En bagnole. Je me plante. C’était pas Le Havre… Un pont suspendu. Toujours pas dormi. Ce que je vois par la fenêtre est beau. La mer présente une belle couleur orange. Il me faut des piles neuves. Comme le blaster : more pills. Prendre un ferry, quelque part… Mais où ? Pendant ce temps, j’écoute un ruban d’éclats de cristal. Comme ce soir-là, à…

Cathedrale. Il y en a justement une devant moi. Friend # 2 est chez lui. Maintenant, il est avec Friend # 3. Peu importe, il faut que je sache. Que s’est-il passé à Brighton ? Entre, je vais t’expliquer. Assieds-toi. Il faut que tu comprennes, je t’aime bien, mais… tu a oublié la règle du jeu. Tu comprends ? Je n’écoute plus. Je me lève. Allez ! Arrête ton cinéma ! Lâche le morceau ! Que s’est-il passé à Brighton ? Il me montre.

Steeple Remove, c’est le nom, sur la pochette. Il a fini par retourner la pochette. Celle avec le néon. Tiens, regarde… Tu es un peu fatigué, tu sais, il ajoute d’une voix douce. C’est-à-dire, il s’est passé quelque chose à Brighton. Il veut m’expliquer. Il commence une phrase : Ce qui compte, c’est… Je finis pour lui : le premier disque de la pile, ce qui compte, c’est le premier disque de la pile ! Je me renverse sur mon siège et éclate de rire. Silence de mort. Je remets le disque, je ris encore trop fort. Il hausse les épaules. Friends # 1 et # 2, unanimes, haussent les épaules. C’est impressionnant. Friend # 1 sort une photo. Je reconnais Brighton. Le dance hall de Brighton. Les souvenirs remontent. Vertige. J’étais là… La salle vibre. Sur scène, des shamans. Ce soir-là, j’étais le Indoor reptile. Images. Par bribes. Brighton. Escalier. Je descends. Une lumière vive. Je chaleur blanche. Pupilles ultra-dilatées, je glisse vers la scène. Une cathédrale analogique. Le cyberespace, c’est maintenant, si vous voulez ! Qu’est-il en train de se passer à B. ? La sono explose. C’est encore plus beau avec seulement les amplis de scène. Mais n’oublie pas que le temps est constitué de plages de dimensions variables, murmure une fille à côté de moi. Je sais, bébé, je sais. Et l’une d’elle s’appelle Radio Silence.

www.myspace.com/mikailoff
http://www.myspace.com/steepleremove

3 commentaires

précisons tout de même que la voix de la speakrine, c’est Simone, en personne, des Sexy Showers.

Commentaire par Pierre M, le Lundi 16 avril 2007 à 17:29

Les auditeurs, Pierre, auront rectifié d’eux-mêmes.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 16 avril 2007 à 22:13

Tu n’as rien vu à Hiero-Brighton - la rencontre inattendue de Hunter Duras et Marguerite Thompson…

Commentaire par requis, le Lundi 16 avril 2007 à 18:06

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