92

MIKAILOFF’S BOOKSHOP American visa

En cette rentrée littéraire foisonnante et sans doute aussi surfaite que les autres (cinématographiques, musicales…), il est aisé de remarquer les bons livres : ce sont les moins nombreux. Parmi (...) suite

En cette rentrée littéraire foisonnante et sans doute aussi surfaite que les autres (cinématographiques, musicales…), il est aisé de remarquer les bons livres : ce sont les moins nombreux.

Parmi ceux-ci, American Visa, de l’écrivain bolivien Juan de Recacoechea. Il s’agit là d’une longue errance alcoolique, qui n’est pas sans rappeler Malcolm Lowry.

American VisaUn candidat à l’émigration vers les Etats Unis, délicieusement velléitaire, erre dans la ville de La Paz muni de trois pépites d’or et d’au moins autant de grammes d’alcool dans le sang.

Rapidement, on découvre les deux véritables objectifs de Mario Alvarez, le personnage principal, ancien professeur de littérature : 1/ le recensement des bars sordides de la ville, 2/ la fréquentation des femmes de petite vertu.
Mais ce qu’il y a de vraiment admirable chez cet Alvarez, c’est qu’entre deux solutions à un problème, il choisit toujours la pire. Celle qui va l’entraîner le plus sûrement au fond de l’abyme.
Tout de même, pour un velléitaire, il faut avouer qu’il ne s’en sort pas si mal… Au fil des 254 pages du roman, on le verra commettre un meurtre, tomber amoureux deux fois, se faire dépouiller et tabasser à mort, pour finalement renaître dans les bras d’une pute au grand cœur.

En filigrane, on peut lire une description de la Bolivie contemporaine, qui comme beaucoup d’états sud-américains, hésite depuis une cinquantaine d’années entre dictature militaire acquise aux Américains et expériences socialistes instables.
Autant dire que les Européens moyens que nous sommes se reconnaîtront beaucoup dans ce livre.

American Visa, de Juan de Recacoechea, Panama, 258 pages, 22 €

Laisser un commentaire