Des menaces de mort à un attaché de presse trop lucide sur son présent, à l’embonpoint flagrant de l’idole en cuir Jean-Claude Jitrois, que reste-il de nos amours, que reste-t-il de la popnareff qui fit les beaux jours de la France, du temps où elle n’était pas encore ridée ? Que reste-t-il du petit prince de la pop, de l’Elton John de l’hexagone, coincé dans sa bulle de savon ?
Mais putain, qu’est qu’on fout à Bercy, là, tout de suite, avec ces 17.000 personnes dans ce mausolée sonore à admirer une relique lustrée à l’Océdar?
Polo le Nareff s’est fait pompé le dard par toute la scène française des 20 dernières années. Ok. Au point d’apparaître aujourd’hui tel qu’il est, prince en otage de sa descendance, de son image. Une image qui ne vieillit plus à sa place, qui laisse apparaître les rides d’une image ternie, l’imprécision d’un show martial devant 17.000 personnes à la recherche d’une image, la frustration glacée du fan devant une image figée. Restent quelques perles inaltérables, jouées seul au piano par un Polnareff vidé de sa sève, mais encore debout, chancelant, mais encore génial en flash-forward. Rétrospective d’une œuvre finie, dont on sait qu’elle n’aura pas de suite.
Mais qu’est ce que c’est que ce bordel de nouvelle chanson fête foraine pour Monoprix rayon boucherie, Ophélie Flagrant des lits ?
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie:
” Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie ”
Il ne lui reste aujourd’hui, que ses lunettes pour pleurer, quelques nouvelles compositions qui cherchent un parolier, et le temps qui passe, à la moulinette, son génie affichable dans les grands stades, à 100€ sans compter le package cheap lunette+perruque.
Et malgré TOUT ca, tout ce flot de diatribes exacerbés, Polnareff reste l’unique musicien génial que la France ait jamais enfanté.
Texte par Bester Langs




ETRE DIEU