METAL URBAIN Paris, 21H43 : Y’avait cet énorme chien type Akita qui me courait après depuis plusieurs kilomètres ARF ARF. 40 kilos de muscles et un nombre terrifiant de crocs qui à chaque foulée se rapprochaient de mon derrière… Arf encore quelques mètres et arf je serais chez moi… mais déjà j’sentais le claquement des mâchoires emporter la poche arrière de mon futal, arf.
Avant ca y’avait eut cette soirée hawaïenne ou je bossais comme loufiat, y’avait cette tenue hawaïenne (chemise à la Carlos, short genre Brésil années 70, Tongues fluo et fleurs dans les cheveux, hein quoi ? les cheveux ? je t’emmerde) que devaient porter les loufiats de la soirée. Bref j’étais là à déambuler entre les convives, à leur proposer un plateau plein de verres. Evidemment c’est dans des moments comme ça que tu tombes sur ton ex, celle que tu l’aimes toujours et que t’en dors pas la nuit. Je la vis (début d’érection), elle se jeta à mon cou (érection à casser des blocs de glace) ; elle me dit
METAL URBAIN - Comme je suis heureuse de te voir (stade pré-coïtale de l’érection), allez viens, je vais te présenter mon mec (panne totale et définitive).
Le « nouveau mec » me tendit la main, la secouant juste ce qu’il fallait pour faire sortir une Rolex de son costard à 3000 euros, et me balançait la fumée de son cigare à la gueule pour le plus grand plaisir d’une belle brochette d’enculards encostardés dont il était entouré.
- Enchanté, vous êtes aussi invité par le congrès scientifique ? Hooo pardon, je n’avais pas remarqué votre tenue… donc vous êtes serveur.. ça doit être passionnant comme métier ? »
Il regarda autour de lui, se gargarisant des sourires supérieurs. Le salaud.
METAL URBAIN - Vous avez bien quelques minutes pour discuter avec nous ? » Le piège, et pas moyen d’en sortir…… «-Nous discutions du théorème de Kam*, quel est votre avis la dessus ?
- Que tout va bien… tant que ça n’empêche pas ta mère de sucer des clochards.
Autant vous dire que je me faisais virer sur le champ… juste le temps de piquer le plan des places de parking. Je crevais son pneu avant droit et, à l’aide d’un sac en plastique ramassait une déjection canine que je collais sous la poignée de son coffre.
***
Jeudi 10 avril. J’essayais d’oublier cette soirée depuis deux semaines en préparant le concert du soir. METAL URBAIN à la Mécanique Ondulatoire.
Pour ceux qui ne connaissent pas la musique de Métal Urbain, disons qu’elle te donne une idée de ce que doit ressentir un casque bleu pris entre les missiles du Hezbollah et un bombardement israélien… Rien que ça. Un maelstrom rythmique où les textes sont aussi efficaces que destructeurs… Du punk élevé (sacrilège ?) à un art. Parler du punk français semble, à de rares exceptions près, un paradoxe à la limite du mauvais goût… Comment non ? Je rappelle qu’au début des années 80 la punk la plus médiatique du PAF était : JEANNE MAS ! que même des trucs plus crédibles genre Starshooter avaient fini dans la danse (Isadora Duncan) ou pire, composé pour Enrico Macias. Enfin si, il y avait eu une scène punk Frenchie.. Mais très rapidement cela avait viré rock alternatif…
Enfin tout ça datait. Je me demandais si les vieux de 77 tiendraient encore leur place. Bien sûr, j’avais écouté leur dernier album (La même chose que voila 20 ans, réenregisté mode années 200, remastering, tout ca, NDR) ; et leur chansons n’avaient pas pris une ride, mieux ils les avaient rendues hyper actuelles en restant fidèles à leur essence subversive. Le tout mis en valeur par les talents d’une Ovidie aussi à l’aise devant que derrière la caméra. Ses clips collant - comme un slip kangourou porté depuis trois jours - à la musique. Un truc brutal, créatif et bandant. Cette fille possède autant de talent que de personnalité… et une intelligence qui lui permet de mettre en scène les morceaux en gardant leur puissance dévastatrice.
Et Métal Urbain arrive, mes doutes deviennent des craintes après que la boîte à rythmes ait refuser de fonctionner. Mais tu penses, Eric (Débris, chanteur de Métal) il en a vu d’autres. Par contre nous on a encore rien vu. D’un seul coup comme un barrage qui cède, une grande claque dans la gueule. Et toute la salle prise d’un pogo frénétique. Les morceaux s’enchaînent, à les regarder on dirait qu’ils luttent contre des éléments déchaînés. Survivants rageurs de l’époque punk, Métal Urbain c’est l’école de la vérité. Pas de calculs, juste une énergie dont devraient s’inspirer les groupes actuels tel Superbus ou Sinik. Crève salope, j’irai chier dans ton Vomi, Hello Hello, autant d’hymnes qui te poursuivent tel Steve McQueen dans Bullit. Les rythmes te percutent de plein fouet et mister Débris méchamment accroché à son micro ressemble de plus en plus à un prêtre démoniaque prêt à voler nos âmes. Tu croises son regard et tu te demandes ce qui passe dans sa tête. Mais t’as pas le temps de penser à ça. La déferlante cache un tsunami, et tu te retrouves submergé au milieu de Panik Anarchie. Ça s’arrête sur scène comme dans la salle c’est le status quo, sueur et souffles courts. Et bien content de s’en tirer à si bon compte après ça…
***
Tout ca pour dire que je suis sorti avec une dalle d’enfer… Retour à la case (départ) j’ouvrai un shaker et y mélangeai vodka, bayleys , kalua, cointreau et crème. Un tour sur la platine pour mettre la B.O. d’American Graffiti, (Twilight time était sa chanson préférée, à mon ex de tout à l’heure) et je m’effondrai dans un fauteuil. Ça faisait un moment que j’écoutais, et la le flash : love potion number nine unique tube des Searchers**… j’ouvrais les pages jaunes et le lendemain à la première heure, j’étais pile chez un gourou qui lisait l’avenir dans les traces de frein des slips.
Il me demanda une photo, la prit et passa dessus en criant houmpapa houmpapa. Le vieux visionnaire me disait ensuite de ne pas me laver sous les bras pendant six jours. “La sixième nuit , tu iras la voir et elle sera complètement folle de toi”. Il prit mon fric, et me montra la sortie…
***
Six nuits plus tard, je me pointais chez elle, la porte s’ouvrant et son Akita, la bave aux lèvres… je partais en courant…Après c’est un peu flou. La seule chose que je me rappelle, c’est que la porte a claqué, d’un côté un chien furieux, de l’autre moi un peu flippé. Dans ce qu’il restait de ma poche je retrouvais mon portefeuille, ouvert sur la photo que j’avais donnée au gourou…
La photo, bon dieu y’avait le chien dessus. J’ai regardé par la fenêtre, le clebs était toujours là, et il avait une putain d’érection…
* Théorème de KAM : L’importance de ce théorème vient du fait qu’on pensait autrefois que l’hypothèse ergodique de Boltzmann s’appliquait à tous les systèmes dynamiques non-intégrables. Une première mise en défaut de cette hypothèse fut obtenue en 1953 avec le résultat de l’expérience de Fermi-Pasta-Ulam. Le théorème KAM nous apprend de façon rigoureuse que la perturbation d’un système intégrable ne conduisait pas nécessairement à un système ergodique, mais que des tores invariants pouvaient subsister dans des régions de mesures finies de l’espace des phases, correspondant à des îlots où la dynamique du système perturbé reste quasi-périodique. Bref, c’est compliqué quoi.
** The Searchers est un groupe Américain offrant une vague ressemblance (version californienne) avec les Beatles et ayant la particularité d’avoir deux bassistes…
Photos par Muntz Termunch
5 commentaires
tu ecris vraiment n’importe quoi et apparemment t’y connais rien en punk français et surtout en metal urbain.
un conseil la prochaine fois, garde ton pseudo journalisme gonzo pour tes potes !
Je savais quej’allais me faire des potes avec mon comentaire sur le punk français, t’as raison j’y connais rien. surement parce que j’ai pris le train en marche et ne m’y suis mit qu’en 78… cela dit depuis j’en ai ecouté des disques j’en ai vue des concerts, de drelon a borneo en passant par madrid époque ETA et les balkans … alors je le répéte a de rares exeptions prés le punk français est pas vraiment bandant… suffit pas d’avoir un tee shirt tu sais… le punk à une putain de réalité… mais c’est vrai bcp de punks le sont comme ils pourraient etre techtonik. beaucoup de discours prémachés… cela dit niveau metal urbain c’etait une découverte… mais dis moi ou j’ai dit une connerie argumente. ça va m’amuser vu qu c’etait bien mon propos d’etre subversif… etre de choquer des mecs plus réacs qu’ils le pensaient… alors dis moi, qui est punk?
Bien bon gonzo Monsieur Munch. Un brin grossier mais qui oserait jeter la pierre (canette ?) à ce style puisque le bon Charles Buko-lique lui même ne craignait ni les crottes ni les érections gluantes.
La remarque sur le punk français rapidement devenu ‘alternatif’ est assez juste si l’on s’en tient à la définition qu’en donnèrent les canards “spécialisés” (bouh que ce mot est laid) même si je trouve cela discutable.
Ce dernier mot appel à l’argumentation messieurs, je le rappelle, et pas à l’empoignade et les concours de bite.
En effet, le rock alternatif est un peu l’équivalent francophile du rock independant, un pop rock influencé par le punk mais aussi la new wave, le psychédélique, les musiques caribéennes et électroniques… un peu de tout en fait. Un beau bordel qui était trop touffu pour les majors et atterrit donc chez les labels… indépendants.
De là à savoir si M.U. convient à ce “style” (disons cette étiquette) plus ou moins que L.S.D. ou les Bérus au style punk, est un débat sans fin (ou sans fond).
My two cents.
rien à ajouter de Ludwig à Sergent Garcia la palete est vaste comme en attesterait mr Hadji Lazaro. somme toute d’accord, la musique ressentons la, le reste est accessoire.




ETRE DIEU
no comment (mais j’en pense pas moins : en gros, je kiffe)