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MERZ Moi et mon camion

La dernière fois, j’ai écouté un disque, je ne savais pas lequel, il était déjà dans le lecteur. Tristesse aphrodisiaque. Intemporelle nostalgie. Dès le premier morceau, il m’a (...) suite

La dernière fois, j’ai écouté un disque, je ne savais pas lequel, il était déjà dans le lecteur. Tristesse aphrodisiaque. Intemporelle nostalgie. Dès le premier morceau, il m’a parlé au cœur. J’ai cru à un album comme on n’en fait plus, un disque de pop-folk 70’s. C’était Merz.

Son troisième album sort le 17 mars 2008 et il sonne comme la conjonction entre Dylan (la terre ?), Macca (le soleil ?) et Wyatt (la lune ?). Il s’appelle Moi et Mon Camion et il a la fragilité d’un berceau (un fauteuil roulant ?). Merz conduit et on se laisse porter, on regarde à travers les vitres et d’ici tout semble magique. Les paysages défilent comme des tapis volants. On vit un de ces moments où la réalité semble trop belle pour être vraie.

Aube, jour, nuit, tout ici n’est qu’esquisse (une guitare, une voix, des chœurs, parfois quelques touches de pianos, de batterie, de cuivres), luxe clame et volupté, ai-je envie de dire. A chaque instant, c’est la terre promise. Ces airs nous étaient inconnus il y a deux secondes pourtant ils ont toujours été là.

// Silver moon ladders//    Silver moon ladders.mp3

Après deux albums parus en 1999 et 2006, Merz alias Conrad Lambert a réussi à atteindre la nappe phréatique pop-folk où Nada Surf n’a trempé qu’un orteil. Ce fond rocheux où siège légèreté et innocence, il y plonge (monte ?) parce qu’il a quelque chose de frêle et de mystique qui lui donne souffle et profondeur, transforme ses morceaux en litanies (« Shun » et ses cuivres discrets et désaxées beau à chialer).

Force sans âge. Grâce tranquille. A flirter avec l’épure, le bristolien touche l’évidence et se paie le luxe de pondre deux tubes (Silver Moon Ladders et Presume Too Much) judicieusement placé au cœur de l’album. Un disque qui va se vendre à 500 exemplaires si vous voyez ce que je veux dire.

www.myspace.com/merzuk
www.merz.co.uk

2 commentaires

Très belle analyse d’un très beau disque, qui n’égale cependant pas tout à fait son prédécesseur Loveheart, mais ça n’engage que moi.
Pour l’avoir rencontré, je crois que cet artiste aussi doué que modeste s’accommode fort bien d’un succès d’estime…
Tant pis pour les ignorants ;-)

Commentaire par Benoît, le Lundi 3 mars 2008 à 15:20

Salut Sylvain, j’avais lu ta chronique il y a quelques semaines en découvrant Merz… sans même remarquer qu’elle était de ta plume. Aujourd’hui, juste avant de poster la mienne, je répare cette erreur et je mets la tienne en link chez moi. A bientôt.
Ps: j’adore cet album

Commentaire par ToX, le Lundi 3 mars 2008 à 11:47

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