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MELMOTH “Je suis la mort multicolore”

Melmoth est le premier des nombreux avatars de Jack Alain Leger, Daniel Theron de son vrai nom, surement le plus intéressant et le plus inconnu. C'est en temps (...) suite

MELMOTH Melmoth est le premier des nombreux avatars de Jack Alain Leger, Daniel Theron de son vrai nom, surement le plus intéressant et le plus inconnu. C’est en temps qu’écrivain underground édité chez Christian Bourgois que Daniel Theron commence son parcours. Un Bourgois impressionné par l’aura de ce jeune écrivain qui se fait appeler sans prétention aucune “Melmoth”. Une référence au roman gothique ultime écrit par un certain “Charles Robert Mathurin”, qui n’est autre que le grand oncle d’Oscar Wilde.

Aujourd’hui encore, Christian Bourgois ne tarit pas d’éloges au sujet de Dashiell, parlant de lui comme d’un être très intelligent. Voire «trop intelligent».
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Mais revenons à Dashiell, qui débute par une traduction des poèmes de Lovecraft. Puis c’est le premier livre intitulé Being.

Le jeune Melmoth met sa carrière littéraire entre parenthèse pendant un moment, le temps d’un disque intitulé La devanture des ivresses qu’il sort en 69, et même si les textes de ses chansons sonnent plus comme de la poésie suggestive à la “Yves Bonnefoy” que comme de simple lyrics rock n’roll, Dashiell préfère mettre sa prose en musique dans un disque qui sera récompensé par le grand prix de l’académie Charles Cros.
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La devanture des ivresse est une anomalie dans le paysage musical Français, voire international, et c’est avec un certain étonnement que l’on remarque qu’il est absent de toute anthologie musicale. Alors qu’il vaut bien mieux qu’un Melody Nelson de Gainsbourg qui est quant à lui, présent dans toute rétro musicale digne de ce nom (ou pas) ; qu’elle soit française ou étrangère.

C’est dire la puissance de la chose.

Cet album est le pendant musical du Rose poussière de Jean Jacques Schuhl qui ne sortira quant à lui que seulement trois années plus tard.

Moderniste, de surcroit donc.

Cet analogisme atteint son point culminant lorsque Melmoth chante Les hamburgers des Rolling Stones et le sourire de Marlene Dietrich.

Cet album s’ouvre sur Le voyage d’été, ode au un-doigt-une-touche dégoulinant d’orgue, où Melmoth “étend son regard sur l’été de Tanger”, spleen du voyageur, Burroughs Ginsberg et Kerouac ne sont pas très loin, mais pour lui comme pour eux “Ailleurs est toujours pareil”.

Suit Vous direz que je suis tombé, sorte de “Midnight express” à sa façon ode à la prison en quelque sorte.

Puis arrive enfin le tube ultime: La mort multicolore qui commence juste sur un riff de batterie qui ne peut que nous faire penser au “requiem pour un con” de Gainsbourg, où Melmoth laisse exploser à tout va sa prosodie et ses obsessions tout en chantant comme joue Joe Dallessendro.

Nous ne sommes donc jamais sûrs de savoir s’il chante ou s’il parle. Dashiell crée ici une sorte de Talkover poussé à l’extrême. Bien avant Gainsbourg encore une fois

Arrive Papier à fleurs puis Le blues interminable de la préposée au chalet d’aisance du bureau d’émigration que son nom résume a lui seul. Mary-flora bell enfin, ode a la serial killeuse de 11 ans a peine.

Ce 33 tours composé comme un opera rock, sans la vulgarité d’un Tommy des Who qui flirte avec le rock FM, thème aussi bien musical que poétique, car ici c’est bien de poésie qu’il s’agit, qui se recoupe et se rejoigne, s’achève sur Le voyage d’hiver dans un final apocalyptique teinté d’un Free Jazz à la LA Blues des Stooges. Sax a l’appui.

Mais tout cela bien sur, un an avant la parution de Fun House, brulot Stoogien par excellence. Ce qui ne fait que rendre encore une fois la chose on ne peut plus savoureuse et chère au mélomane averti.

La carrière de ce jeune homme, qu’est Melmoth va se poursuivre sous divers pseudonyme. De Dashiell Hedayat à Jack Alain Léger en passant par Paul Smail et bien d’autres.

Mais s’il ne devait en rester qu’un ce serait bien entendue Melmoth et sa devanture des ivresses

6 commentaires

J’ai eu vent de ce type via un papier d’Eudeline et une reprise par le groupe Tanger de “Chrysler Rose”. Et c’est vrai que tout ça (tout ça dont cet article) ça donne envie d’aller creuser ce que le bonhomme a fait, merci donc CVS, toi le spécialiste des dino pré-goth.

Commentaire par sylvain, le Lundi 17 septembre 2007 à 0:41

Salut,
je suis en train de lire un de ses livres…un vrai régal: ca mitraille à tout va, c’est loin du politiquement correct habituel.
“A contre Coran” de Jack-Alain Léger (un de ses pseudo)

Réjouissant.

Commentaire par jm, le Lundi 17 septembre 2007 à 20:13

Comparer Hedayat et Gainsbourg… bullshit

Commentaire par Javier Sandstörm, le Lundi 17 septembre 2007 à 14:21

le style de melmoth pas celui de dashiell plus pompier,le morceau La mort multicolore sur l’album La devanture des ivresses par exemple contient un indeniable analogysme avec le requiem pour un con de serge gainsbourg qu’on le veuille ou non…

Commentaire par charles von strychnine, le Lundi 17 septembre 2007 à 15:46

Melmoth c’est plus fort que Justice.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 17 septembre 2007 à 20:55

Ouais ouais… Mais là ou le requiem propose une invitation, La mort multicolore reste une légère fantaisie, épisodique et sans vague à l’âme. L’imposture non assumée, un détail . Analogisme, ou non.

Commentaire par Javier Sandstörm, le Lundi 17 septembre 2007 à 1:11

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