Aujourd’hui les cyniques se moquent des fans d’Arcade Fire. C’est de bon ton. Arcade Fire est le plus grand groupe de rock du monde du moment. Ses ouailles sont donc victimes de la fan attitude la plus folle, démesurée, aveugle. Hier c’est pour ces mêmes raisons que ces gens se moquaient des fans de Radiohead. Mais que se passe-t-il vraiment dans la tête d’un vrai fan de Radiohead ? Je veux dire du mec qui aiment vraiment ce qu’ils sont aujourd’hui et qui ne reste pas scotché sur hier. Du mec qui ne se dupe pas d’une quelconque caricature de ce que serait ce groupe et son leader. Entrer dans la tête de ce fan, c’est ce que je vous propose.
La tête du fan de Radiohead turbine fort. Surtout à l’approche de la parution d’un nouvel album du groupe. Là c’est carrément sa vie qui se joue. Une redistribution des cartes qui va se faire. Un nouvel affrontement. A quoi va-t-il ressembler l’album de ce groupe dans lequel je place mes plus grands espoir ? Vais-je l’aimer ? Et comment, à partir de combien d’écoutes ? Va-t-il me tenir la dragée haute (ce que j’attends en secret, qu’il me malmène et me tire vers le haut) ou proposer une forme que je suis d’ores et déjà fait pour recevoir, ingérer ? A l’approche de la sortie d’un nouvel album de Radiohead, de telles questions fusent dans le ciboulot du fan (qui n’aime rien de plus que ça, réfléchir, attendre, désirer, se faire son cinéma). Et comme son sort se joue, avec Radiohead il voit carrément sa vie défiler devant ses yeux.
Et que voit-on dans la tête du fan alors que le septième album de Radiohead serait en cours de mastering à New York ? Andy Yorke, par exemple. Oui, le petit frère de Thom. Ce n’est pas la première chose qu’on y voit, mais je vais commencer par vous parler de lui. J’aurais rêvé avoir une interviewe de Thom Yorke à vous proposer. J’aurais rêvé (et stressé) de l’interviewer. Parce que c’est lui que j’ai commencé à aimer, et que c’est avant tout de lui et de son groupe dont il s’agira ici. Mais l’interviewer, limite ça n’aurait pas été possible. J’aurais eu trop de questions à lui poser. Trop précises. Trop d’attente. Il n’aurait pas fallu poser de questions, mais plutôt proposer des pistes, partager des points de vues, discuter. Bref, ce n’est pas demain la veille que j’aurais réellement besoin de me poser ces questions. Les stars comme lui n’accordent pas d’entretien à des journalistes comme moi. Mais j’ai rencontré son petit frère, Andy. Il fait aussi de la musique. Mon amour pour elle n’atteint pas les sommets qu’il atteint pour celle de son frère (qui est la musique d’un groupe-monstre), mais je l’aime aussi et beaucoup pour ce qu’elle est : une pop plus simple, apaisée, discrète (la musique du groupe d’un seul homme). Andy a donc une place spéciale dans mon cœur. D’autant plus spéciale que si je reste assez fasciné par Thom, j’ai toujours plutôt ressemblé au petit frère, un petit Thom de frêle esquif.
5 commentaires
Ah, j’ai du mal me faire comprendre. Et puis qu’il semble falloir quelques explications (alors que je pensais le lecteur capable de lire entre les lignes de ce premier jet inachevé et mal dégrossi), allons-y pour quelques explications, pour commencer sur le côté fan. Où as-tu lu que je m’identifiais à Radiohead ? J’ai dit que j’aimais leurs albums et que je vivais parfois dans le délice de l’attente du prochain séisme. Est-ce s’identifier à Radiohead que de dire ça ? Je ne pense pas. Hier je regardais l’émission de Guillaume Durand. Ca discutait de Modiano, de savoir s’il s’agissait d’un grand écrivain. Et les journalistes attablés étaient d’accord pour dire qu’il y avait un délice dans l’attente de chaque nouveau livre de Modiano. Parce que c’était Modiano, pas un livre comme les autres, quelque chose de spécial qui en un sens ne change jamais, comme quelqu’un qu’on prend plaisir à retrouver, un univers où se plonger. Le vrai fan (si on peut dire ça) est donc dans l’intense plaisir de cette mise en relation avec les disques de Radiohead, et de la connexion que ça va générer en lui, du flot nouveau d’émotion, de réflexion, etc. On est donc loin très loin de l’identification, on est dans le plaisir d’être soi face à l’autre, l’inconnu renouvelé. Ensuite, dire que Radiohead s’essouffle c’est un peu prématuré comme point de vue. Certains te diront au contraire qu’ils préférèrent à OK Computer les morceaux électro que le groupe délivre depuis Kid A et que donc ils continuent de suivre les aventures du groupe avec un réel intérêt. Il faudra écouter le prochain In Rainbows pour se prononcer. Mais quand même un groupe qui prend enfin son indépendance vis à vis des majors en sortant son album sur le net et non dans les bacs, est-ce un groupe qui s’essouffle dans sa démarche ? Peut-être est-ce toi qui t’essouffle Mallo. Je pose la question. Et pour ce qui est d’Andy Yorke, si tu avais bien lu le portrait que je dresse de lui, j’ai plutôt chercher à l’opposer à son frère qu’à le comparer. Je les met l’un face à l’autre pour mettre en lumière leurs différences. Car effectivement comme tu le dis ils sont très différents, à un point tel qu’on peut se demander si cette différenciation n’est pas liée à un processus de comparaison entre eux, qu’Andy a cherché à se différencier de son frère. Pour trouver son truc. C’est ce que je me suis demandé moi quand j’ai fait cet article et c’est un angle d’attaque peut-être un peu “réducteur” mais efficace, journalistique en tout cas et qui permet de dire des choses, de partir plus en vrille par la suite. As-tu vraiment lu mon portrait sur Andy ? A te lire je ne crois pas, car ton avis sur lui ne semble fondamentalement pas différencier du mien. Sur ce a+
Bien d’accord avec toi… Je me retrouve quand tu dis que limite ta vie se joue avant la sortie d’un radiohead (nous savons trèsbien toi et moi que c’est une image)mais quand ton coeur palpite quand tu as les morceaux, quand tu appuies sur le bouton play pour la première fois, quand tu entends la permière note, et enfin le premier frisson de la voix du grand Thom… Peut être qu’on est un peu siphoné de vivre (car il s’agit bien de vivre) cette musique, mais quelle belle et douce folie dans ce cas là! Et à vrai dire, j’ai beau être exigente en matière de musique, j’ai le sentiment que je ne serais pas déçue de radiohead de si tôt. Leur dernier album en est la preuve vivante…
Merci Janis. Dans ce “monde” de cyniques qui trouvent Radiohead complaisant et pleurnichard ton commentaire me touche.
Le cynisme est souvent l’ennemi du mal.




ETRE DIEU
c vraiment moyen comme sujet, les fans de radiohead, les vrais ne s’identifie pas à radiohead, la vie de dépend pas du groupe et à la sortie d’un album, c’est comme l’approche d’un nouveau noel, on attend avec impatience la surprise dans la crainte de la déception… surtout que radiohead, il y a pas qu’eux et qu’en ce moment ils s’essouflent… souvenons nous surtout de ok computer et kid A comme 2 albums de pur génie musical et artistique.
Pour Andy, pauvre Andy, on ne compare pas Andy à Thom, ce n’est que son frère et même si il y a qques ptites intonations qui evoquent legerement la voix de son ainé, il reste qqu’un de different, il a l’air + tourné sur les sentiments, aussi torturé que son frère mais d’une autre façon. Moi je connais Andy depuis 98 ou 99 je sais plus exactement, l’album était absolument magnifique, helas il a pas tres bien marché. Pour ceux qui aiment les belles chansons parfois tristes, mélancoliques … je vous le conseille, mais achetez l’album, les mp3 d’andy sont plutot rares, en + c de cette façon qu’on aura une chance d’entre+ parler de lui, en achetant l’album.