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MATHIEU PERSAN Bouquet de nerfs

Je me souviens d’un garçon, la trentaine, barbe de six jours, l’air un peu perdu place de Clichy. Une après-midi comme les autres finalement, l’heure où les musiciens (...) suite

Je me souviens d’un garçon, la trentaine, barbe de six jours, l’air un peu perdu place de Clichy. Une après-midi comme les autres finalement, l’heure où les musiciens cherchent à percer avec des chansons honnêtes. Sans artifices. L’art pour l’art avec seulement quelques posters d’idoles accrochés au dessus du lit.

La pop de Mathieu Persan, me disais-je, n’irait jamais au bout de sa logique. Vivre de sa musique en 2007, était-ce encore possible ? La pop en France, sortie de Daho et Katerine, était-ce seulement envisageable ? For real ? Vous avez testé la précarité du milieu pour quelques années de trop à vous esquinter les doigts sur une guitare à la recherche du couplet parfait ? Moi non. Mais j’imagine. Et puis j’ai reçu There’s a monster in every head, le premier album d’un Parisien rencontré place de Clichy. Vous connaissez l’histoire.

A ECOUTER: A place to stay 02 A place to stay.mp3

Les rêves du musicien donc. Et l’onirique sur Cd gravé, tant qu’on a pas trouvé un label pour diffuser ses mélodies. Celles de Mathieu Persan n’innovent pas, ne récurent pas le siphon. C’est juste… comment dirais-je…. De la pop à enluminures. A la question « faut-il réinventer la mélodie et expérimenter sur chaque composition ?», Persan tranche. Douze compositions prêtes à éclore, au teint rose, qui narrent un monde imaginaire. Du fantasmagorique low-tempo qui lorgne vers les reliques (Radiohead, Eliott Smith, Beatles) dans un monde où personne ne prend plus le temps d’aller plus loin que ces références poussiéreuses.

Le monde de Persan est exaspérant. Les fantômes y jouent au ballon (You vs You), un navire coule dans la joie et la bonne humeur (L’excellent A place to stay) et une science de l’arrangement qui faisait défaut aux précédentes compositions. Et de l’énervement palpable sur Does it make you feel sad, de la rage contenue derrière un bouquet de fleurs.

Bouquet de nerfs, pour paraphraser. Et un regard doux sur le monde qui contredit les thèses : On peut faire de l’acoustique sans faire de bruit, faire vrombir la guitare à la sauce I want you des Beatles sans pour autant passer pour un ringard tourné vers le noir & blanc.

Aux dernières nouvelles Mathieu Persan porte toujours la barbe. Et toujours la même acuité dans les yeux. Labels, au lieu de monter des plans marketing pour vendre des sonneries 8bits pour les portables, feriez mieux de signer ce bonhomme.

http://www.myspace.com/mathieupersan

7 commentaires

Hum, un peu (trop) scolaire, “à la manière de”, non ?

Commentaire par sylvain, le Lundi 24 décembre 2007 à 11:50

L’article ou la musique? Les deux?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 24 décembre 2007 à 14:44

La musique. Comme si ce jour-là t’avais rien trouver de mieux pour te palucher la caboche !

Commentaire par sylvain, le Lundi 24 décembre 2007 à 1:09

Quelle agressivité très cher. J’aurais presque envie de vous lancer mon gant à la figure pour vous provoquer en duel!

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 24 décembre 2007 à 19:32

L’attaque était amicale (pourtant).

Commentaire par sylvain, le Lundi 24 décembre 2007 à 2:28

Mais quand vous dites “duel” Bester, vous pensez “un contre un” balle en main, non ?

Commentaire par sylvain, le Lundi 24 décembre 2007 à 2:28

Cet article se réduit à un courrier du coeur Sylvain/Bester:-)
Oui tout à fait Sylvain.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 24 décembre 2007 à 21:04

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