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MATHIEU ALTERMAN Apologie de l’échec

La Renault 14, le parc d’attractions Mirapolis, Kevin Ayers, Bernard Menez...  Mathieu Alterman, connu dans les sphères parisiennes comme manager de moult groupes et artistes, a réussi son pari : (...) suite


La Renault 14, le parc d’attractions Mirapolis, Kevin Ayers, Bernard Menez…  Mathieu Alterman, connu dans les sphères parisiennes comme manager de moult groupes et artistes, a réussi son pari : sortir un dictionnaire recensant les bides, flops et désillusions retentissantes de l’industrie du spectacle (de l’industrie tout court, parfois aussi).  Parfait spectateur d’un monde qui tente d’oublier au plus vite ses pires échecs commerciaux et artistiques, Alterman déverse un océan de défaites dans un monde aseptisé qui se gargarise sur la perfection, les seins refaits, les millions d’exemplaires vendus à la chaîne et les peaux tirées.

Cette apologie de l’échec résume en quelques 237 pages le meilleur du pire, ces histoires cinglantes trop vite oubliées qui se dégustent très –trop- rapidement… Mathieu Alterman parvient peut-être inconsciemment à rendre compte des échecs retentissants (La sortie américaine ratée de Dreams in stone de Michel Berger, Téléphone en tournée aux USA devant 2 personnes à Chicago ! , les navets cinématographiques de Sophie Marceau) de manière scientifique, avec cette passion du détail qui caractérise les maniaques. Voir les épaulettes de David Bowie lorsque les autres ne voient que l’immense Ziggy Stardust, voila le vrai challenge.

Le dernier essai sur le même thème, Comment rater complètement sa vie de Dominique Noguez (Et ses chapitres aussi lourds que des reprises de Kiss par un groupe ska de province, sur le thème de «Comment rater sa vie si vous êtes libraire », enfin ce genre..) fut pour le coup un échec aussi grand que les thèmes abordés dans le livre. La grande force de L’apologie de l’échec en somme, est de retranscrire chirurgicalement et sans prétention 40 ans d’industrie du spectacle. Oh le style littéraire n’est pas la première force du livre, loin s’en faut. Et là n’est pas le but.

L’apologie de l’échec est avant tout une manière d’aborder le show-business dans son grand ensemble (Musique, cinéma, littérature, la TV) en tournant en dérision la vacuité de certains projets surexposés médiatiquement (Angel-A de Besson), réhabilitant au passage quelques artistes tombés dans l’oubli. De ceux ayant chuté pour des raisons qui dépassent le commun des mortels (Patrick Juvet en tête, dont on réécoutera avec grand plaisir ses albums les plus aboutis, Chrysalide et Paris by night).

Voila donc un livre de parti-pris subjectif à mettre entre toutes les mains poisseuses d’attachées de presse à la culture aussi courte que leurs jupes. Car, comme le dit Alterman, «les bides sont de la chair à culte». Autant le prendre pour argent comptant avant de s’attaquer aux Cultural Studies de Richard Hoggart et Stuart Hall.

En attendant, L’apologie de l’échec est un succès jubilatoire.

Mathieu Alterman // L’apologie de l’échec // Scali

Un commentaire

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Commentaire par elodie55, le Lundi 21 mai 2007 à 20:37

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