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MARTINA TOPLEY-BIRD The blue god

Paradoxe des calendriers, lorsqu'on demande à notre correspondant label (PIAS) un exemplaire du nouveau Tricky, c'est un peu le bordel dans la réponse: "Ouais Bester, on aimerait bien, (...) suite

Paradoxe des calendriers, lorsqu’on demande à notre correspondant label (PIAS) un exemplaire du nouveau Tricky, c’est un peu le bordel dans la réponse: “Ouais Bester, on aimerait bien, mais tu sais ici c’est super speed, j’ai pas beaucoup d’exemplaires et en plus ELLE est en promo à Paris en même temps que LUI”. Elle, c’est Martina Topley-Bird, l’ex-égérie de Tricky, celle de Maxinquaye, celle des volutes vocaux qui se perdaient au loin derrière les nappes anxiogènes du dreaddy boy.

Alors dans ce contexte, autant demander la permission de sortir à votre mère à Brooklyn avec un T-Shirt “I love KKK”. A ce jour, je n’ai toujours pas écouté le nouveau Tricky; la seule chose que je sais, c’est que la Topley-Bird sort un deuxième album bien vénéneux, le genre doo-wop léthal qui électrise le corps comme un cloclo dans la salle de bains.

The blue godAlors qu’on aurait attendu des filles d’outre-manche un extrême clonage de la diva Winehouse, Martina Topley-Bird parviendrait presque à me convaincre qu’on peut être femme et musicienne (OKAY, j’exagère, je plaisante, rasseyez-vous) sans se prendre les pieds dans le tapis. The Blue god (parenthèse cynique au Nearly god de Tricky?) touche le plafond sans trop se fatiguer; entendre par là que les compos de la Martina tapent juste sans prendre de grands airs de chanteuse crooneuse avec la mèche bien rangée sur le devant, l’exact contraire des brailleuses du moment. Sur Carnies, c’est de la pop surgelée, sur Snowman, des airs de trip-hop adaptée aux circonstances: une vieille bien maquillée qu’on aimerait bien culbutée juste pour voir.

Les airs de vieille pute de Shangaï, entrevus sur la pochette, n’y changent rien. Martina Topley-Bird reste classe en toute circonstance, le visage digne, les références pures (le jazz des années 40), la ligne mélodique bien tendue au dessus du (G) String.

La France honore des femmes sans poitrine (Mademoiselle K), et l’Angleterre conserve des ex’ aux carrières en dent de scie qui ont au moins le mérite d’exister. Une ligne de démarcation invisible qui séparera toujours deux pays que tout oppose. L’urbain et le rural; mon cul sur la commode.

Martina Topley Bird // The blue god // PIAS
www.myspace.com/martinatopleybird

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