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MARKUS GIESLER Mad professor

Professeur de marketing à l’université de York (Toronto), reconnu par le NY Times comme l’un des meilleurs sociologue des nouvelles-technologies, Markus Giesler ne rentre pas dans les cadres. (...) suite

Professeur de marketing à l’université de York (Toronto), reconnu par le NY Times comme l’un des meilleurs sociologue des nouvelles-technologies, Markus Giesler ne rentre pas dans les cadres. Physique d’esthète allemand, ancien patron de label, pianiste, Giesler représente, à seulement 31 ans, le crossover exact entre l’ancien et le nouveau testament technologique.

Avec son expertise du nouveau monde technologique, Markus m’aide à mieux comprendre les auteurs contemporains (Wells, Huxley, Dantec, même, aujourd’hui) qui déjà à l’époque flippaient le futur, loin de l’idéal moderne qu’on tente de rentrer de force dans mon Ipod.

Rencontre avec Markus dans un bar quatre étoiles du 7ième arrondissement. Où comment un sociologue au physique de crooner ouvre toutes mes portes – de la perception – entre deux coups de fil sur son Iphone.

Les débuts d’Internet coïncident avec l’avènement de la société du futur, l’émancipation et la contre-culture contemporaine. On assiste aujourd’hui à un violent retour en arrière sur les années 60, non ?

Si vous voulez comprendre l’intégration des nouvelles technologies dans la société moderne, il faut d’abord comprendre l’angle historique. Au début des 50’, pour d’étranges raisons, le futur possédait d’étranges attraits qu’il n’a plus aujourd’hui. La guerre froide a aussi œuvré pour cela.
Les programmes spatiaux, la limite de l’univers enfin repoussé, le combat des deux blocs, tout cela façonne un futur fantasmé. Dans lequel chacun est en compétition avec les autres. Kubrick cristallise ce fantasme, même si 2001 est aujourd’hui rétro. Au milieu des années 60, le futur semble pouvoir guérir tous les maux passés. Les ordinateurs soignent les maladies, on marche sur la lune, etc…

C’est l’objet de l’une de vos études d’ailleurs, la fusion homme-machine dans le nouveau siècle, dont l’Iphone est une preuve flagrante.

La relation entre hommes et machines, comme je le dis souvent, fonctionne sur la base du “one, itself and another”. Vous et la technologie, toujours séparés. Aujourd’hui, les deux ont fusionné, se sont unis. C’est devenu une union cybernétique. Aujourd’hui la technologie n’est plus un rêve comme dans les 60’, elle est réelle. Que vous le vouliez ou non, vous êtes devenus des cyborgs.

Vraiment ?!

Oui, des cyborgs consumers. Pas sur un mode inspiré de Descartes, où vous penseriez et DONC vous seriez. Non. Nous sommes entrés dans l’ère du « Je me connecte, et donc je suis ». L’authenticité, l’originalité, ne sont plus les vertus dominantes dans le nouveau monde. Cette idée du progrès moderne est démodée. On cherche aujourd’hui comment naviguer dans la matrice. On a donc besoin des symboles du passé pour « hacker » la matrice. C’est une sacrée différence avec les années 60. Bruno Latour dit que nous sommes des cyborgs depuis le premier jour, mais la modernité à éloigné cette idée de nos vies. Maintenant, la culture des réseaux nous ramène à notre état initial : être cyborg.

Ce concept d’unicité, ne faire qu’un avec la machine, c’est somme toute la base du self-christianisme. Devenir… son propre dieu ?

La technologie a permis de transcender nos propres limites, bien plus que ce que les 60’ annonçaient. Prenez le Viagra, le Botox, ce n’est que le prolongement de l’homme machine. C’est une body-technology où l’homme reste toujours à son maximum. Ce qui est étonnant, c’est que les jeunes sont aussi touchés par ce syndrome.

Selon vous, qu’est ce que les années 60 ont apporté de plus fondamental pour notre présent ?

Les 60’ nous ont donné la culture. Celle que véhicule aujourd’hui encore l’Internet. Cette décennie a également poussé au maximum cette idée altruiste du partage par la collectivité. L’Internet, les logiciels en open-source, fonctionnent sur ce principe. Contourner le mainstream.

Et donc le streaming, le downloading gratuit, serait un héritage des hippies donc ?

Oui, il prend son inspiration dans l’année 68, se nourrir soi-même, comme une contre-culture. Rappelez-vous l’arrivée de Napster en 99 ! C’était une expérience très étrange, impliquant les communautés autour d’un projet commun : rendre la musique au peuple. La façon dont les 60’ ont bâti notre présent est indiscutable. Mais la manière dont l’Europe voyait les nouvelles technologies est différente de celle des États-Unis. Ici on résume la technique à l’œuvre du diable. Adorno le résume très bien. L’idéologie marxiste repose là-dessus : la technologie endoctrine les masses.

Le fait qu’un gosse de 13 ans puisse en savoir autant que vous sur les cultures spécialisées, c’est flippant ?

Encore une fois ce n’est pas la bonne question. C’est un vieux débat post-moderne. Les gamins se sont juste adaptés à leur environnement. Ils se sont upgradés, leur système de calcul est plus puissant que le votre, voila tout ! Un cyborg considère ce genre de questionnement comme dépassés. Peut-être que le premier corps nu qu’ils voient est sur un écran. Mais la rupture réel/fiction existe toujours. La jeunesse n’est pas plus demeurée que la votre. Ou la mienne ! Les kids saisissent l’information comme un besoin de survie essentiel. Comme l’oxygène. C’est une ressource symbolique indispensable au développement des cyborgs.

Photos : Fiston

http://www.markus-giesler.com/

7 commentaires

“Ils se sont upgradés, leur système de calcul est plus puissant que le votre, voila tout !”
Mouais…
D’accord mais est-il plus efficace ce système de calcul ? Au-delà d’une idée reçue, je pense que c’est un fantasme de croire que la génération Internet est plus douée que l’ancienne. La dextérité est une chose, l’efficacité en est une autre.
Lisez ceci :
http://tf1.lci.fr/infos/high-tech/0,,3688192,00-generation-google-douee-que-.html
Tout cyborg qu’il est, un gosse de 13 ans reste un gosse de 13 ans.

Commentaire par daniel, le Lundi 25 février 2008 à 11:17

bip bip bip

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 25 février 2008 à 16:21

Daniel, j’ai beaucoup de respect pour vous. Mais je crois définitivement que ce débat est dépassé. Enfin je crois. Je crois que c’est un changement de cap. 0100010011110001

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 25 février 2008 à 20:22

0100010011110001 toi même Si tu crois que je comprends pas !!

Commentaire par daniel, le Lundi 25 février 2008 à 11:43

Et arrêtez tous autant que vous êtes de me vouvoyer, c’est pas parce que j’ai un prénom de vieux que j’en suis un ! Je suis un cyborg de 28 petites années…
Tenez prenez ça :
1AB54879FC287E : ça veut dire “je vous emmerde” en hexadécimal dans ma langage d’assembleur natal !
:)

Commentaire par daniel, le Lundi 25 février 2008 à 11:47

j’ouvre les guillemets : flipper le futur voilà bien la moindre des choses - La Chose- mêmes pour mémé bibi et le quidam et cela depuis tout temps
que nous soyons des cyborgs ? oui, pour sur voir l’homme machine de lA mETTRIE… LES DEUX BN4ONT PAS FUSIONN2
…. NON MOAH CHEVAL PREUMS ANNONCE DESCENDRE DE LAMACHINE COMME DES TEMPS ANCIENS .. DE NOVALIS DE RAHAN DE JESUS ET DE BOSSUET COMME DE LA TELECASTER DU CUBE HONGROIS ET DU TABAC… OUI DU TABAC ; tout descend de l arbre l homme est un arbre et le temps est un arbre, la machine descend de l’arbre homme si vous voulez… nous nous construisons dans les archétypes et les archétypes se nourrissent de nous…
je suis un champignon
tu es un champignon …. etc … mais aussi…

je suis jésuchristes
tu es elle est vous êtes et nous sommes tous des jésuchristes

ce qui vous parlera et vous tuera certainement étant plutot de l’ordre de ceci

je suis big brother
tu es big brother
il ou elle est big brother
nous sommes big brothers
vous êtes big brothers
ils et elles sont big brothers

je sais , je l’avais vaguement entendu par chez vous…. je ne connait pas votre homme mais il n’a pas l’air d’avoir inventé la poudre, et la poudre ça compte, je veut dire la guerre et son emploi intellignet

mon avis à moi serait plutot, que nous avons besoin coute que coute de ces immenses (artificielles) intelligences pour pouvoir espérer conquerir l’espace et nous sauver, SAUVER LA VIE HUMAINE, quitte à patauger dans les méandres sociologiques de notre bêtise un temps
le mal me semble bien plus venir de l’homme que de la menace machine, c’est même déjà bien d’en être arrivé déjà là !

à part ça le culte contre culture sixtos me gave sévère, rien ne s’est réellement inventé ces années là, je veux dire , pouf comme cela, elles ont pour elles la violence de l’émergence des médias, c’est tout, ::: point commun avec la notre…. la culture c’est de la merde, etre contre c’est toujours etre dans la merde, ce qui compte c’est le savoir

le savoir des hommes nus qui font du feu le long des rivières entre les rapides sur les plages sous les arbres dans les gorges, et qui font du temps le temps d’une journée
partagée avec les vieux les adultes et les enfants, à jouer et à travailler pour manger

mars et le soleil

Commentaire par cheval, le Lundi 25 février 2008 à 7:00

[...] Giesler, vous l’avez peut être déja lu ici, est Professeur de marketing à l’université de York (Toronto), reconnu par le NY Times comme [...]

Commentaire par Gonzaï » Blog Archive » MARKUS GIESLER ::: Leonardos on the Botox Bender, le Lundi 25 février 2008 à 0:06

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