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MARIANNE FAITHFULL Easy come easy go

Sur la pochette de son 32ième nouvel album, Marianne Faithfull paraît enfin telle qu'elle aurait toujours dû être. Figée dans la cire, le regard embaumé et l'air ailleurs. (...) suite

Sur la pochette de son 32ième nouvel album, Marianne Faithfull paraît enfin telle qu’elle aurait toujours dû être. Figée dans la cire, le regard embaumé et l’air ailleurs. Easy come, easy go est un album de reprises, un début d’explication pour comprendre le passé, lui redonner un sens, enfiler les gants laissés libres par d’autres. Plus proche de la ligne d’arrivée que jamais, Marianne vibre de l’intérieur, maintenant que la plastique a laissé place à la beauté du coffre.

Easy come, easy go... A ce stade deux solutions: la putassière (Rod Steward et ses crooneries) ou la face escarpée (Bryan Ferry et l’envie de dépassement). Marianne semble avoir tranché. Ce sera l’interprétation classieuse sans eye-liner. Parce qu’enfin, à presque 63 ans, Marianne touche du bout des doigts sa propre image: une vieille diva à la voix nicotinée, errant dans les studios avec la grâce des fantômes. Bigre.

Easy come easy goSa vie n’est qu’un come-back répété à l’infini. Jusqu’ici, Marianne, c’était cela: un retour, une promesse, quelque chose ayant autant à voir avec le virtuel qu’avec le fantasme d’histoires scabreuses légendées par d’autres que nous. Easy come easy go fait suite à de nombreux albums auxquels les jeunes générations n’auront pas eu accès. Non pas que la dame soit dure à trouver dans les bacs, mais parce qu’elle représente une part du mythe, qu’elle est une femme et ne pouvait donc être qu’une groupie, bien entendu. Aujourd’hui, et pas plus qu’hier, Marianne interprète, mais la grande différence (au-delà du fait que ce soit un double album, privilège désormais réservé aux plus de 50 ans) c’est que les chansons sont bonnes, qu’elles transpirent autant la cire que l’émotion et que les cordes sont enfin libérées de tout étouffement. Oh bien sûr il faudra bien évidemment creuser entre les guest inégaux (Keith Richard qui demande juste qu’on lui foute la paix sur Sing me back home, Anthony des Johnsons qui couine sur O O baby) pour trouver quelques perles (The crane wife 3) mais l’essentiel est là, parfait compromis entre Sister Morphine et As tears go by, pour reprendre les poncifs.

Reprendre Dolly Parton (Down from Dover) ou Black Rebel Motorcycle Club (Salvation) avec une telle extase relève presque du miracle lorsqu’on connaît la vie de la vieille. Qui ne devrait même plus être là, à son âge. Le jazz l’obsède, les arrangements en attestent, le bois du parquet craque allègrement sous les coups de boutoirs du backing band prestigieux (Cat Power, Sean Lennon, Warren Ellis, etc..) et le tout donne l’impression d’un chant “funèbre mais joyeux” avant la noyade du Titanic.

Que demander de plus, qu’attendre encore, après un tel album? La fin du monde peut-être, en ressortant les vieux clichés noir et blanc d’une époque révolue. Cela s’appelle tout simplement la nostalgie du temps présent.

http://www.myspace.com/mariannefaithfullofficial

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