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MALCOLM LOWRY Au dessous du Volcan

« Ivrogne invétéré, héritier déchu, exilé, mis au ban de la société, marin en mal de mer, compositeur de fox-trot à l’emporte-pièce, joueur d’ukulélé, expédié aux colonies avec (...) suite

« Ivrogne invétéré, héritier déchu, exilé, mis au ban de la société, marin en mal de mer, compositeur de fox-trot à l’emporte-pièce, joueur d’ukulélé, expédié aux colonies avec une pension de son père, syphilophobe, masturbateur, poète, créateur de mythes et Faust et tout à la fois».

C’est ainsi que l’écrivain Conrad Knickerbocker décrit Malcolm Lowry. L’histoire d’un roman, Au dessous du volcan, et d’une histoire. Celle d’un simple consul d’âge moyen vivant au Mexique dans un constant délire alcoolisée, du genre qui aurait fait frémir Bukowski tant il mettait d’acharnement à se détruire a forte dose de Mescal, la tequila du pauvre a gout de poussière.

“Ask the dust” dirait l’autre.

Geoffrey Firmin, l’alter-ego romanesque de Lowry, se consume sur le rivage de ce brûlant Mexique. Voguant d’un delirium tremens à l’autre, son âme damnée tel un navire en plein tempête s’égare dans cette vaste chose qu’est la vie. Detroit de Gibraltar a proportion humaine.

Un roman autobiographique qui tout en symbolisme se construit, l’œil rivé sur les cercles des enfers de Dante dont La divine comédie était devenu pour Malcolm une fin en soi.

Tout sa vie et dès son plus jeune âge, Lowry sera obsédé par deux seules et uniques choses : l’alcool et la littérature. Vider bouteille sur bouteille, même lorsque sa route croise celle de Cocteau Dylan thomas une fois devenu mousse. C’est a tout juste 27 ans qu’il rentre pour la première fois au sein de l’hôpital Bellevue pour soigner son alcoolisme croissant.

“Sur chaque visage on lit un désespoir où même le chagrin ne pourrait faire brèche.” Ecrit-il dans un de ses trop rares poèmes. La joie de vivre ? Pas son fort…

Dans Au-dessus du volcan, Lowry crée ses phrases méticuleusement comme autant de barrière de mots qui cloisonnent son récit et le rendent très difficilement accessible. On a la très nette impression que Lowry ne veut pas être lu. Que son but n’est pas de plaire mais de déplaire. Jeu de masque que le lecteur doit affronter pour accéder à la substantifique moelle de ce chef d’œuvre. Miroir de mots montrant le dedans de notre âme.

Au dessous du volcan est un livre culte utilisé par certains comme un Sésame, le nom de Malcolm Lowry est un test qui sépare encore aujourd’hui facilement l’humanité en deux camps.

Et pas meilleur conseil à donner à qui voudra pénétrer ce livre que celui donné par Lautréamont aux lecteurs de ses Chants de Maldorore:

“Plutôt au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison (…) les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant…”

Malcolm Lowry // Au-dessous du volcan (Under the volcano) // 1947

2 commentaires

Que dire, si ce n’est OUI ! trois fois oui ! Il y a ceux qui l’ont lu. Et puis, les autres, en bas…

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 21 janvier 2008 à 11:39

Benn… moi j’suis en bas, mais comme j’ai compris l’allusion à Fante, j’me la pète quand même.

‘Vais quand même essayer de passer dans l’autre camp de l’humanité…

Commentaire par lrz, le Lundi 21 janvier 2008 à 0:18

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