Une bouillie de cerveau, un film fluo investi de monstres en carton-pâte mangeant des femmes nues pleines de poils, les premières perles fifties, des monstres déboulant sur la ville et des héros gominés… C’est un flash, une remontée de gaspacho, une acidité sur l’avant de mon crâne.
Cette musique décrasse les oreilles. Je la soupçonne d’ailleurs d’avoir été conçue par les mec de chez Destop. Une sorte d’anti-coton-tige : écouter vingt trois minutes et une seconde de Magnetix vous permettra d’avoir les oreilles propres pendant deux semaines. De même pour les cerveaux embrumés et les gueules de bois. Mettre un casque, attraper mentalement la grosse ficelle sonore épileptique qui gesticule devant soi et la suivre jusqu’à l’immersion dans la lumière.
Qu’est ce qui donne cette impression d’entendre une sorte de rock & roll de laboratoire, une musique d’expérience ? Le genre de truc qu’on ferait écouter à des singes en observant leurs réactions. La réponse vient d’abord de cette pochette, tout droit sortie d’un Message à caractère informatif réalisée par Kubrick. Puis, c’est aussi ce mélange de son, d’influences en grand huit. Une batterie surf, deux accords grunge, une fuzz garage… Un gros bordel qui fait très mal aux oreilles.
Et voila pourquoi cette musique est “cool”. Vraiment. Dans le sens du mot cool tel qu’il était employé dans les années 60. C’est une musique qui a une emprise sur les gens, qui les fait flipper sans qu’ils ne sachent vraiment pourquoi. L’homme urbain est à la recherche de sensation forte, n’est ce pas ? Avec l’envie d’aller se confronter à des tas de choses qui lui échappent complètement, d’explorer un terrain vierge où tout reste encore à inventer ? Voilà pourquoi les Magnetix seront appréciés. Ce rock est un bulldozer qui fait table rase dans votre cerveau, laissant derrière lui une étrange odeur de cramé. Caterpillar et sauvagerie sonique ; un noble mélange.
Magnetix // Magnetix // Born Bad Records
3 commentaires
Bien écrit….je perçoit exactement de la même façon les Magnetix…merci pour eux.




ETRE DIEU
Une remonté de gazpacho? mec, on se fait toujours enfler à dealer des tickets resto, c’est pas faute de t’avoir prévenu qu’il fallait bénéficier des bourses d’une part, mais aussi de la bourse substantielle pour se permettre ce genre de dérive…