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LOW Drums and guns

Le dernier Low est un vaisseau fantôme hissant un pavillon rock et trafiquant des bizarreries techno dans la salle des machines. Sans boussole, ni sextant, journal de bord (...) suite

Le dernier Low est un vaisseau fantôme hissant un pavillon rock et trafiquant des bizarreries techno dans la salle des machines. Sans boussole, ni sextant, journal de bord du capitaine.

Lundi 9 avril 2007
Nul ne sait si la terre indie-rock ricaine est plate ou ronde. Seule certitude, on lui connaît un pôle nord : Low. Une plaine glacée, une toundra figée où l’on parle le slowcore, musique minimale, lente, murmurée et, au final, plus violente que Death metal et Grindcore réunis. En 2006, brutalement, on a perdu le Nord. Low sort The great Destroyer, un album de gros rock avec des guitares grunge. Saloperie de réchauffement climatique…
Alors quand débarque Drums and guns, on se demande ce qu’on va trouver et, plus encore, ce que l’on souhaite réellement trouver : « tabula rasa » une nouvelle fois (un groupe qui bazarde tout, c’est excitant à défaut d’être forcément convaincant) ou l’ancien Low (les habitudes, ça a du bon). La question ne se posera pas longtemps. Equipés pour naviguer à vue, mère démontée ou calme, on se fait happer par un tunnel. Un vortex de sept titres, avec des boîtes à rythmes rachitiques, des sons vaguement techno et les voix du couple mormon -« ulyssiennes » sirènes- comme uniques repères. Le premier morceau appuie méchamment sur la tête : « All the soldiers /They’re all gonna die /All the little babies /They’re all gonna die». Larsens. A chaque titre on s’enfonce d’un cran, un vrai sable mouvant, une descente en apnée. Quand on reprend son souffle, c’est déjà mardi.

Mardi 10 avril 2007
De nouveau le plongeon, les poumons à bloc. A la fin du septième titre, l’eau pèse lourd sur les épaules. Une théorie prend forme alors que l’on remonte en crachant de grosses bulles : si le trip hop avait eu un jour le moindre sens du risque, il aurait pu donner ce disque. Portishead, Tricky… le simple fait d’écrire leurs noms fait sourire. Surtout à l’écoute des larsens à l’envers de Breaker …

Mercredi 11 avril 2007
« Terre, terre ! ». Sur Dust on the windows, on retrouve une prise de batterie sublime, comme le Low d’avant. Pas vraiment un port d’attache mais de quoi faire une halte.

Jeudi 12 avril 2007
Mormons moi le nœud ! On ne va pas se taper le tunnel trois jours de suite. Aujourd’hui, on se lève tôt, on se force à siffloter s’il le faut ! Il paraît que tous les grands Sly Stone viennent d’être réédités !

Vendredi 13 avril 2007
Dans le bus, deux dames parlent de super cagnotte du Loto… Je glousse ; mesdames, le jackpot sera pour Low. Oui… Car il y a un tube sur ce Drums and Guns : le huitième titre, Hatchet . Un drôle de riff enjoué y répond à un texte parfait : « You be my Charlie and I can be your Georges, let’s burry the hatchet like the Beatles and The Stones. » Ca valait le coup de sortir du tunnel.

Samedi 14 avril 2007
- Tu sais ce que je pense ?
- Mmm ?
- Je crois qu’ils ont réinventé la chanson d’amour avec ce titre, Hatchet .
- C’est ça…
- Oui, une vraie chanson d’amour, ça consiste à ressortir des platitudes mais avec panache. « They’ll play our songs forever on the radio, Let’s bury the hatchet like The Beatles and The Stones », c’est une façon de dire une connerie genre « Amour-toujours ». « So you be my Marianne and I’ll be Yoko », ça veut dire que dans un couple, quand ça marche à peu près, on devient Jagger ou Lennon aux yeux de l’autre.
- Ou Pete Best. The House of love avaient déjà fait un morceau comme ça The Beatles and the Stones.
- - « They made it good to be alone, they put the V in Vietnam », mais c’était raté, du commentaire sociologique, un Que sais-je du rock… Tu ne m’as pas écouté.

Dimanche 15 avril 2007
Take your time est vraiment raté. Et grâce à lui, on se dit que l’on va finir l’album détendu, en riant de ce morceau après avoir cru étouffer. Mais Low entame Murderer : « One more thing before I go… » Oui ? « One more thing i’ll ask you, Lord/ You may need a murderer / Someone to do your dirty work ». Des larsens en dégoulinade, un roulement militaire qui n’en finit pas et une basse Joy Division. Mais qu’est-ce que c’est , à la fin? Un grand disque ? Un album de poseur ? Des bouts de chansons et un enrobage qui se veut moderne ? Le début d’un nouveau Low ? Aucune idée. Seule certitude, l’Antarctique commence ici.

Low // Drums and Guns //PIAS
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