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LOUIS FERDINAND CELINE La mort à crédit

J'achète la mort a crédit et je paye content. Oublier les Yves Adrien Lester Bangs Nik Cohn et consort, le rock n'roll fait littérature se cache au plus profond (...) suite

J’achète la mort a crédit et je paye content.

Oublier les Yves Adrien Lester Bangs Nik Cohn et consort, le rock n’roll fait littérature se cache au plus profond des deux premier romans de Céline. Vous en doutez?

Tout déjà y est, le phrasée saccadé, les mots qui frappent comme autant de coups de fouet d’un Gerard Malanga sur une Eddie Sedgwick au comble du bonheur.

Dans toutes les citations de Louis Ferdinand c’est l’avenir de la rock critique qui est en gestation.

Ici par exemple:
“Une prison c’est distingué car les gens y souffrent alors qu’une fête c’est vulgaire car les gens s’y amusent”
“J’aime pas la guerre parce que ca se passe à la campagne et je déteste la campagne”
Pacadis à Apostrophe?

Céline frappe fort très fort avec son premier roman Voyage au bout de la nuit. Le personnage de ce livre, le double de Céline, va tout voir tout essayer. De la première guerre mondiale aux usines Ford de Detroit, MOTOR CITY BURNNING, en passant par l’Afrique colonialiste.

Louis Ferdinand pointe du doigt ce monde en pleine décrépitude, cette déshumanisation générale, crachat a la gueule de l’humanité. «Punk» dira plus tard Lester Bangs à propos de l’auteur et de son œuvre. Pourquoi pas en effet.

Ecriture en gestation qui prendra tout a puissance dans son deuxième roman Mort a credit, de l’utilisation des point de suspension jusqu’au vertige, impression de lire l’œuvre d’un bègue sous speed: MY… YY GE…GE…GE…GE…GENERATIONNNNNNN…

Céline passe des heures sans fin a peaufiner son style pour arriver a quelque chose d’une simplicité stupéfiante, gratter l’os a nue encore et encore. Les coups de balai dans la gueule n’ayant pas réussi a réveiller le lectorat dans son premier opus c’est en courant qu’il va chercher un pelle pour son deuxième.

La comparaison littérature/musique est ici facile. De Mort a crédit à Dirt d’Iggy il n’y a qu’un pas: “Oooh je suis sale et je m’en fous. Oooh je viens d’être frapper et je m’en fous”. Et une seule ligne de basse entêtante comme colonne vertébrale romanesque.

Syncope.

“Je vais vous montrer l’humanité telle qu’elle est et tel que je la vois” nous dit en somme encore une fois Céline.

Mais ici il va encore plus loin, Céline nous décrit des scènes que nous ne verrons plus dans aucune œuvre littéraire jusqu’a l’arrivée des disciples américains, Bukowski et Selby. Car le jeune Louis observe sa patronne d’alors se faire enculer avec du beurre par un VRP de passage, un exemple parmi tant d’autre de la violence des scènes de Mort a crédit, mais ce n’est pas la vulgarité du propos qui nous met mal à l’aise mais bien le fait que Céline nous mette face a face avec ces choses immondes que sont nos vies. Un réalisme urbain un romantisme noir glauque oui! Mais tellement romantique pour celui qui a déjà écouter We will fall a cinq heure du mat’ allongé sur un sol jonché de bouteilles de bière plus ou moins vides sortant de son paquet ce qui sera surement l’ultime cigarette de cette nuit, le jour se lève et vous n’avez plus la force non vraiment plus la force…

Alors Imaginons rien qu’un instant Céline renonçant a écrire ses pamphlets, se penchant sur l’œuvre du Velvet ou des Stooges…Certes les dates ne concordent pas mais imaginons… rien qu’un instant… et tremblons.

Céline // Mort à crédit // 1936

23 commentaires

fort, très fort. Des touches de la tristesse.

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 10:06

Le monsieur qui déclare ça : “Une prison c’est distingué car les gens y souffrent alors qu’une fête c’est vulgaire car les gens s’y amusent”, a passé cinq ans à boire du champ’ avec des collabos et des nazis…
Nous sommes d’accord, c’était totalement vulgaire.

Commentaire par Pierre M, le Lundi 19 novembre 2007 à 11:03

Je pense qu’ici on parle juste du style de Céline, son rythme. Ce qui j’avoue est assez tendancieux.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 19 novembre 2007 à 12:50

Franchement, et mon admiration pour Buk n’ayant rien à voir là-dedans, who gives a shit? C’est le débat stérile du fond et de la forme. Demande à Aymé, Remarque, Gray, Malraux, Camus, Taylor ou autre St ex, de loin et de très très loin il est le meilleur sur le sujet des plus grandes absurdités du XXème siècle. Pour le reste on ferme les yeux, comme 90% de la population fermaient les leurs à l’époque. On a jamais demandé à Drieux de la Rochelle de quel côté il coupait sa pomme, et qu’en on l’a su, on s’est dit que d’façon, elle était mangée.

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 18:37

Quand

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 18:37

Avant tout j’aimerais saluer la qualité et la couleur de tes articles, Charles (j’aurais aimé employer le vouvoiement, mais j’ai estimé que ça donnerait un ton beaucoup trop formel, serai-je pardonné?).

En revanche, arrivé au bout de la lecture, je me pose très souvent la même question à savoir; Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que tu ramènes tout au rock?
Précisons, avant de poursuivre, que mes goûts musicaux se tournent très largemment vers le rock ( en englobant bien sûr, jack-alain léger sous toutes ses formes, soft machine, mais aussi iggy blablabla).

Je m’accorde avec toi pour dire que Céline est certainement l’un des auteurs les plus subversifs du XXème. En revanche, jamais il ne me viendrait à l’esprit de ramener Céline, même de manière hypothétique, à une rock critic…

De manière plus générale, jamais il ne me viendrait à l’esprit de ramener le sublime à la vulgarité. Pourquoi partir du constat que le rock est supérieur à la littérature? Le rock n’est que l’expression musicale et populaire de la partie la plus subversive, pernicieuse, tendancieuse de la littérature. Et ramener l’oeuvre de Céline aux prémisses de la prose rock n’roll, c’est la vulgariser au sens péjoratif.
Bien évidemment, il est possible d’esquisser certains parallèles entre ces deux univers. Mais la littérature est tellement plus rock que le rock.

Ainsi le rock n’a pas grand chose à voir avec la littérature si ce n’est certaines parentées tendancieuses. Dans le cas contraire, avançons carémment que François Villon est le Lester Bangs du XV eme siècle.
J’exagère volontairement, mais l’essentiel est là.

PS: Heureusement que Céline n’a pas pu se pencher sur les oeuvres de Lou Reed ou Iggypop.

Commentaire par Oscar Oscar Oscar, le Lundi 19 novembre 2007 à 19:28

Je n’ai pas lu celui la. Juste Voyage au bout de la nuit, il y a 3 ou 4 ans et sans l’avoir relu je me rappelle encore de certaines phrases par coeur.
J’aime la comparaison avec Iggy, les chansons sont bien choisis.

Commentaire par Bernard Black, le Lundi 19 novembre 2007 à 19:28

bon voilas on va etre claire Celine n’a jamais ete collabo
jamais il faut etre claire la dessus on se base sur les trois phamphlet qu’il publia un avant la guerre et deux pendant l’occupation ces pamphlet personne ne les a lue et quand je dis personne c’est personne il n’on ete editée qu’une seule fois et n’on depuis jamais ete reeditée à l’interieur de ces dit phamplet il sans prend au juif pour la bonne et simple raison que pour lui les semites vont declancher la guerre et pour quiquonque a lue voyage au bout de la nuit on comprend vite que le celine la guerre ca la un peu…beaucoup…enormement traumatiser certe la raison n’est pas bonne nous somme sur ce point d’accord mais c’est phamplet ne sont en aucun antisemite mais plutot d’un misantrophisme a tout epreuve car ici tout le monde en prend pour son grade les juifs les chatoliques les franc macon les grecs les roumains les belges les cul de jattes les begues les femmes etc
Donc pour dire que Celine est un sale con aigri mysanthrope et misogine pas de probleme mais antisemite putain faut pas deconner faut relire le voyage là c’est quand meme un des premier a denoncer les abus du colonialisme en afrique et puis bon les allemands c’est quand meme les mec qui lui on fait un trou d’obus dans la tete ce qui a mon avis n’a pas du le rendre tres affable envers eux…
Donc celine trinquant avec les occupants et les mecs de vichy faut pas deconner dejas que le mec il est pas tres tres sociable a la base mais là…
non.
A la fin de la guerre celine s’exile avec le regime de vichy certe mais qu’elle autre alternative avait il que de copiner a cemoment là avec eux???
si ce n’est de se faire raser la tete et d’etre assasiner.
enfin bon je peus me tromper.
les phamplets de celine tomberons dans le domaines public en 2011 ce qui permmetra d’y voir plus claire.

Commentaire par charles von strychnine qui encule tres fort Pascal Negre..., le Lundi 19 novembre 2007 à 19:59

cher oscar oscar oscar
je m’exprime peut etre mal mais je place la litterature a des années lumieres de du rock voir de la musique en generale et je ne compare a aucun moment celine a bangs bien au contraire je le pose plutot en pere de tout la litterature americaine voir ondiale de la deuxieme moitiée du 20siecle(les Beat Selby bukowski etc) et par extansion du rock.
Car pour moi sans Celine et sans plus tard kerouac Ginsberg et tant d’autre pas de rock n roll tel qu’il soit.
et c’est pourquoi je choisi cette axe un peu trops souvent peut etre…
j’essaye de faire jouer une interactivitée entre musique litterature et cinema pour eviter de tomber dans les pieges de la roborative critique litteraire au sens strict.
voila voila
amicalment
charles

Commentaire par charles von strychnine, le Lundi 19 novembre 2007 à 20:13

Pour clore d’avance le débat (que j’imagine déja sans fin) on va dire ceci: Lorsqu’on fait l’interview Vidéo de Dantec, on choisit délibérément (DÉLIBÉRÉMENT) de ne parler que du livre, et pas des prises de positions de l’homme Dantec. Pas de politique ou de religion.
**
Lorsque Charles publie cet excellent article sur Céline, je crois (je crois) qu’il s’en tient au style littéraire de Céline.
** Charles, il suffit de deux clics sur google pour retrouver les déclarations de Céline, qui me semblent sans appel sur sa peur de l’étranger:
“Aucune différence, je déclare, entre la paix juive et la paix allemande… Et je préfère la paix allemande n’importe quand.”
**
“Et puis, pour être colonisés, pour vous dire bien franchement la chose, on peut pas l’être davantage que nous le sommes aujourd’hui par les Juifs, par les nègres, par la plus immonde alluvion qui soit jamais suintée d’Orient.”
**
“Deux millions de boches campés sur nos territoires pourront jamais être pires, plus ravageurs, plus infamants que tous ces Juifs dont nous crevons.”
**
Je pense que c’est sans appel. Et personne ici -chez Gonzaï- ne tolère ces propos. Je n’ai pas envie de revoir des débats sans fin sur ce thème. Parlez de Bardamu si vous voulez, mais l’humain Céline, ce sera sur d’autres sites.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 19 novembre 2007 à 21:54

Merci, c’est bien ce que je disais, who gives a shit? Et puis bordel vous pensez pas que ça devient de plus en plus ridicule cette vertu qui pourri les (non) réflexions de nos (non) intellectuels diverses (au sens large, parce que l’autre jour ils ont mit “philosophe” pour désigner Cohn bendit sur F2). On a rien dit quand Sartre a répondu à Camus, qui se demandait si ‘faudrait pas commencer à prévenir les membres du P.C.F. des crimes soviétiques, “ne désespérez pas Billancourt”. Bordel c’est vrai ça, un pédophile, un communiste ou un nazi ca reste un enculé, Même topo pour Aragon, Capote ou La rochelle, alors pas de faux-procès à l’un des plus grands auteur de la littérature française.

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 23:24

Et bravo Charles.
Na.

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 23:25

Je pense que Bester a raison, on voix venir le debat interminable gros comme une maison (voir comme ma bite), et vu que les différents arguments ont été jeté, ca ne sert plus a rien de continuer sur ce chemin et risqué de pourrir un peu l’article.

Par contre je me demande aussi pourquoi un rapprochement avec le rock ?

Commentaire par Elboras, le Lundi 19 novembre 2007 à 0:34

j’aurais peut etre du lire tous commentaires avant de poster celui ci, j’ai ma reponse

Commentaire par Elboras, le Lundi 19 novembre 2007 à 0:36

Charles ou celui qui attirait la polémique.

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 19:22

SM-journalist he said.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 19 novembre 2007 à 19:51

Ouais c’est pas mal ça comme truc, et pusi quand on y pense plutôt gonzo.

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 22:06

Et Lolita alors?

Commentaire par lolo, le Lundi 19 novembre 2007 à 22:13

chef d’oeuvre pedophile?

Commentaire par charles von strychnine, le Lundi 19 novembre 2007 à 22:54

Bonjour.

Je viens de tomber par hasard sur votre article intitulé “Celine, le premier rock critic?”

Hum…Excusez-moi,
mais c’est vraiment…comment dire… déplorable.

Quel est le rapport?

En plus d’être rédigé de façon bien médiocre, le propos, si l’on considère qu’il y en ait un, explore le summum de la débilité profonde.

“…tellement romantique pour celui qui a déjà écouter We will fall a cinq heure du mat’ allongé sur un sol jonché de bouteilles de bière plus ou moins vides sortant de son paquet ce qui sera surement l’ultime cigarette de cette nuit, le jour se lève et vous n’avez plus la force non vraiment plus la force…”

Votre verve digne d’un pré-adolescent quasi-encanaillé est larmoyante, pour ne pas dire ridicule. Pitié!

“My ge-ge-generationnnnn !”, “coup de balais pour aller chercher la pelle”…

En quelle classe êtes-vous ?

Mon passage favori:
“Dans toutes les citations de Louis Ferdinand c’est l’avenir de la rock critique qui est en gestation.”

MAIS COMMENT peut-on arriver à une telle assurance pédante, une telle prétention, en ânonnant de telles absurdités?

Etes vous sous l’effet de la cocaïne? Ou tout simplement grossier et pétri d’inculture?

Dernière chose: La scène du voyeurisme beurré dans Mort à crédit n’a rien de “violent’, mon cher. Sauf pour les puceaux effarouchés dans votre genre. La BAISE fait partie de la vie, même vos parents ont été “violents” (ils auraient tout de même pu s’abstenir cette fois-ci)
Désolé de vous l’apprendre.

Mon petit ami, je ne vous félicite pas pour cette copie tout juste bonne à vous torcher votre cul-cul de bébé cadum fan de bébés-rockeurs. Vous devriez vous consacrer à une toute autre activité que la rédaction de textes ma foi fort insipides, autant par le contenu que par le style.

Bien à vous, et adieu.

Toto.

Commentaire par Toto, le Lundi 19 novembre 2007 à 17:15

Je suis bien d’accord Toto. On devrait le bruler vif ce Charles, et enterrer ses théories sous les milliards d’informations qui font remonter la rock critic à Lester B. et Hunter S.

C’est vrai quoi… Depuis quand qqn qui n’écrit pas au Monde Diplo’ peut-il exprimer une idée? Retour à la monarchie!

Commentaire par Guy-Michel Thor, le Lundi 19 novembre 2007 à 20:02

Guy-Michel, je suis ravi de voir mon propos appuyé par un noble confrère au sang bleu.
Avant de me retirer définitivement du débat, je suggère plutôt la réintroduction du guillotinage de chibre en public pour les rock-critiques au foutre stérile.
Merci. Adieu.

Toto.

Commentaire par Toto, le Lundi 19 novembre 2007 à 2:01

Mais si Charles rapproche Céline de la critique rock, c’est que cela n’a jamais été fait, d’où l’intérêt…

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 19 novembre 2007 à 22:00

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