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LONAH Electropop

A ECOUTER: Mornings Mornings.mp3 Il y a des disques sur lesquels au premier abord on ne parierait pas un euro, même dévalué. On cherche dans son porte-monnaie, "non désolé messieurs, je n'ai (...) suite


LONAH A ECOUTER: Mornings
Mornings.mp3

Il y a des disques sur lesquels au premier abord on ne parierait pas un euro, même dévalué. On cherche dans son porte-monnaie, “non désolé messieurs, je n’ai rien, oui bien sur, je repasserai, je repasserai”. Et puis on continue sa route direction les grandes sorties nationales, Justice, les étrangères, Arcade Fire, sans trop se soucier de ce qui se passe à l’intérieur des frontières, en se disant que quelqu’un d’autre finira bien par faire le travail qu’on a pas osé faire. On pense aux prochaines interviews, toutes ces attachées de presse aux décolletés vertigineux mille fois préférables aux communiqués de presse en noir & blanc reçus chaque matin. Et puis on se rend compte, un beau jour, le regard honteux, que des albums comme celui de Lonah, ma bonne dame, sont souvent bien meilleurs que les grosses productions hexagonales.

Au fond du temps, prévu pour juin 2007, est donc un album qui met l’auditeur face à ses propres contradictions. Ecouter l’Angleterre et chanter en français. Autant dire à sa femme qu’on la trompe en ajoutant «je t’aime». Oui mais voila. Lonah sert directement de l’émotion en plein cœur avec ce premier album un peu Gerard Majax sur les bords, plein d’influences dans son chapeau. Du trip-hop pour matin gris à la Portishead (Mascha) au jazz multicolore de Sayag Jazz Machine, en passant par la pop électrique si proche de Tara King Theory (le génial Mornings), Lonah n’est plus tout seul. Les pistes se suivent et l’oreille de l’auditeur se fait honteuse ; on pensait le groupe en développement (pour reprendre cette fameuse expression de couloir servie par des maisons de disques à moitié sourde et frileuses) et on entend la rage contenue des larsens peinant à couvrir la voix sensuelle de Raphaelle Fortier. Qui gueule carrément comme la grande Beth Gibbons sur With my mind. Orchestre de jazz rencontrant Robbie Krieger.

Il y a également de la pop cinématique à la Nino Rotta (Urban Tale et son ambiance coffre à jouets cassés) et quelques longueurs éphémères sur cet album honnête. Aux antipodes des tics de production, le genre enregistré à la sueur du poignet, sans penser à copier tel ou tel. Et si l’étiquette trip-hop semble avoir déteinte au lavage, Lonah peut malgré tout, là en 2007, se targuer d’être mille fois plus efficace que la harpie Emilie Simon et ses frasques electro-acous’triques pour bobo du neuvième arrondissement.

Lonah // Au fond du temps // Four steps
http://www.myspace.com/lonhah

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