LES SHADES Dominique Laboubée l’avait chanté il y a déjà vingt ans. Il ne fait pas bon d’ avoir « too much class for the neighborghood ». À croire que la scène rock française aime à se tirer dans le pied quand du désert surgit enfin un oasis. Comme si des milliers de rockers/rock critics et estampilleurs de crédibilité délivraient aux artistes le droit de jouer.
Je ne suis qu’un modeste artisan qui ne fait pas de compromis avec le « système » me disait encore l’autre jour un musicien au look de janséniste tendance le nom de la rose (et des compromis avec ton employeur t’en fait pas pupuce ?). Mais on s’en tape ai-je envie de répondre. Qu’est ce que ça peut faire qu’Elvis ait serré la main de Nixon quand on écoute Suspicious mind ou que Brian Wilson perde parfois son fut sur scène et préfère les Pizza Hut aux quiches faites maison quand on écoute Pet sounds ?
LES SHADES
Je ne pense pas que les Shades aient besoin de moi pour prouver leur talent. Mais au cas où je serais prompt à inviter les rocks critics amateurs tendance Monsieur propre à écouter la tornade blanche des Shades sans a priori basés sur des fantasmes baby rockeux. Le meurtre de Vénus est un album mutant qui confronte ses racines puisées dans quatre décennies de pop music avec l’immédiateté de son époque. Le meurtre symbolique d’avec l’adolescence et la coupure par rapport aux figures tutélaires du bon goût rock’n’roll. Les arrangements transsubstantient, la lave bouillante des Shades et au bout des 12 titres un brin de lumière. Fourbus mais contents, l’auditeur se dit que sans les Shades et quelques autres le rock deviendrait aussi muséifié qu’un concert Jazz à Montreux de Claude Luther.
LES SHADES Je m’approche des Shades, essayant de parler un mélange de finlandais et de danois, avant que je ne les coupe dans leur élan avec mon minidisc.
Jean-Emmanuel : Alors qui êtes vous, présentez vous !
Victor : Basse, Hugo : synthétiseur, Benjamin : chant et guitare, Etienne : guitare, Harry : Batterie
JED : Quand tout cela a commencé ?
Harry : Tout à commencé en octobre 2004 pour le groupe nucléaire Benjamin, Victor et moi, nous étions amis de Lycée. Hugo on l’a rencontré avec Etienne en roller.
Qu’est ce qui vous a donné envie de jouer ?
Benjamin : Dans un premier temps le Velvet underground, les chansons paraissent simples et un peu semblables au premier album des Strokes.
Comment la rencontre avec Bertrand s’est elle passée ?
Benjamin : Au tout début on avait enregistré une démo vraiment simple. Je connaissais déjà AS Dragon, Bertrand Burgalat, j’aimais beaucoup. On avait essayé de lui faire parvenir une démo par une copine qui était babysitteuse d’une ex à Bertrand. Puis tout a vraiment commencé quand on a enregistré les deux démos pour Paris Calling, la compil de Yarol Popaud. Début 2006 on a été contacté par Yarol pour un Jam aux rock n’ roll Friday. On a fait une reprise de I was made to love her de Stevie Wonder. On lui a demandé ce qu’il pensait de notre musique, et de fils en aiguilles il nous a proposé d’enregistrer un EP.
Etienne : La démo a dormi un an dans un carton, alors Bertrand nous a dit « c’est quand même fou, j’ai vraiment envie de travailler avec eux et là tu me donnes une démo . C’est que de la coïncidence».
Harry : Nous on était vraiment étonné parce que sur les deux titres, l’un en français et l’autre en Anglais, on avait essayé de faire un truc vraiment spectorien. Bertrand préférait le titre en français qu’il trouvait plus original. Il trouvait que c’était là dessus qu’il fallait qu’on poursuive notre voie. On s’est rendu compte que c’était assez cohérent.
Bertrand Burgalat à peut être du coup réussi à vous faire dépasser vos influences pour obtenir plus d’autonomie ?
Oui c’est ça. Il nous à fait suivre une voie plus originale, moins bateau, moins évidente. Il est amoureux de choses improbables…
Il a du vous aider à nourrir votre culture musicale ?
Etienne : Oui, bien sur, c’est un partage mais c’est vrai que l’apport qu’il nous donne est incroyable.
Benjamin : Quand on l’a vu en DJ set au bal jaune de Ricard. J’étais atterré, chaque morceau qu’il passe est une tuerie totale et en même temps complètement inconnue. Ce n’étaient qu’une suite de trésors cachés. Il a réussi à trouver un morceau coréen de pop qui reprend à quelque notes prêt un de nos titres.
Victor : Il arrive même à nous trouver des influences cachées (rires) C’est une machination. Il nous permis de nous décomplexer. Il nous a donné les moyens d’être curieux, plutôt que branchés.
Harry : Un jour on l’a étonné quand on lui à dit qu’Etienne et moi on aimait bien Vincent Delerm alors que c’est un peu sa phobie. Ça l’a fait marrer. Sinon on a aucunes barrières dans nos goûts, on s’en fout.
Etienne : La vraie différence, c’est au niveau des gros sons de guitares, nous on est plutôt fan et lui pas du tout.
Hugo : Attends ! Il adore le gros son des Donna’s.. Il a juste la phobie du rock bourrin.
Vous n’avez pas peur qu’on vous assimile aux baby rockers et qu’on puisse croire en province que vous passez votre temps en mondanités ?
Hugo : Il y a vraiment deux philosophies différentes en province. Par exemple à Bordeaux des mecs de la scène rock se disent « Je comprends pas pourquoi la presse parle de cette scène alors qu’on a la notre ». Et il y a ceux qui nous disent « Nous on a rien chez nous, alors on est content s». Dans les deux cas il y en a qui arrivent à différencier la hype de la musique. Nous on doit faire un travail et jouer, faire nos preuves.
Victor : Souvent ça tient à peu de choses, tu sors du concert et au bout de cinq minutes le public se rend compte que tu es comme lui, que tu aimes bien descendre des bières et que tu es pas une rock star en limousine. Tous leurs préjugés volent en éclat.
Benjamin : Des mecs croyaient qu’on allait en taxi au lycée (rires) .
Etienne : On est là pour réajuster le tout.
Victor : C’est bien de rencontrer des gens qui ne sont pas forcément acquis et de jouer. Ce serait trop facile sinon. Devant un public hostile tu as quelque chose à prouver. Ça te pousse.
Vous écoutez quoi pour vos relaxer?
Victor : Bob Marley.
Harry : Des trucs comme les High Llamas, les Beach Boys ou Nick Drake, le Velvet. Pour s’énerver faut écouter un titre des Second sex. Sinon on est pas encore dans la phase recul pour juger notre album, personnellement ça fait six/sept mois j’arrive toujours à l’écouter sans problèmes. Ce qui n’était pas le cas de l’EP. Ça supporte les écoutes répétées. Il y’a eu une vrai évolution, c’est moins garage, moins sixties, moins à l’arrache, plus travaillé.
Victor : C’est plus contemporain.
Le vieux débat c’est le chant en français vs le chant en anglais..
Benjamin : Nous on a l’impression d’être très cohérents en chantant en français. A partir du moment où l’on écrit nous même nos textes et qu’on pense en français, ce serait idiot d’écrire dans une autre langue. Sinon ça laisse la place à milles fautes de syntaxe, les idées moins bien traduites. Les Rock n’ roll Soldiers, avec qui on a joué à Cognac, ont vu des tas de groupes français chanter en anglais, comme les Hellboys etc… Ils nous disaient « Ils racontent tous n’importe quoi ». Nous, on est super contents de voir un groupe qui chante en français ».
Etienne : C’est peut-être un problème de génération. Pour certain le français représente les yéyé. Pour moi c’est une volonté de la part des artistes d ‘écrire un truc profond, plus honnête. Forcément, tu as aussi envie que la personne qui t’écoute puisse te comprendre.
Pour finir, la pochette de Yata Noël, c’est venu comment ?
Benjamin : C’est Bertrand qui lui à parlé du titre La mort de Vénusn puis on l’a rencontré à Main d’œuvres. Il nous a proposé une quinzaine de dessins. On a choisit le visage. Apparemment sa muse c’est Hélène Pince. On est super content que la pochette ait été faite sur mesure. Que Yannick (Tricatel) et Yata Noël aient travaillé pour que ce soit à l’image du groupe plutôt que de prendre une photo bateau. Avec l’album on a voulu faire quelque chose de plus contemporain et moins référencé. Vénus c’est la chanson qui commence avec l’intro Motown et qui au fur et à mesure part sur quelque chose de plus moderne. C’est une sorte de catharsis des temps anciens.
Photos: Fiston
25 commentaires
Non mais les Shades méritaient pas un article désastreux comme celui de mon collègue c’est tout-
En plus j’avais déjà faites l’interview-J’avais juste pris du retard-
Donc de grâce pas de théories de la conspiration-
La bergère en l’occurence ici n’était pas spécialement le journaliste précédent sur Gonzaï, mais plutôt un certain esprit “gardien de l’esprit rock” (sic) donneur de leçons-
Du genre rock de terrain Vs rock jugé pas “authentique” sur la base de critères idiots-
Mais non, entre Rouannais… viscéral, voilà tout !!
Heu, je suis né à Rouen certes mais je me situe pas dans un quelconque terroir ou scène locale-J’essaie de voir les choses sous leur aspect global-
Je ne parlais que d’un lien de cœur de toi a moi.
Heureusement que nous ne sommes pas obligée de vivre seulement aux sons des groupes de Ska Festif et de Doom Metal…
Et que nous ne sommes pas d’accord.
oui mais c’est pas bien malin de taper sur des petits -
c’est un peu comme si tu jetais des oeufs pourris sur une épicerie de quartier-
moi quand j’ai envie de me défouler je préfère m’en prendre à des grosses boites ou des gens avec qui je n’ai pas d’affinités-
Si tu n’aime pas le disque d’un pote (ou de quelqu’un dont tu apprécies le travail en général) n’en parle pas-
ça c’est les liens du coeur!!
« Honnête et sans pitié ” JED, n’oublie jamais.
Quand au « Petit », il ne se sont pas offusqué, il n’y a que au grand que sa à posé problème.
Histoire de génération sans doute.
ça va je suis honnête pas de soucis ni de leçons à recevoir-
si j’avais pas aimé-je n’en n’aurai pas parlé
-
par exemple j’ai une personne que j’apprécie ds le monde de la musique et dont je n’ai pas aimé un album-
bin j’ai éludé le sujet-
Moi si un soit disant supporter de MOp me chiait un jour dans les bottes je crois que je sortirai aussi de mes gonds–
enfin bon c’est mon dernier message sur le sujet-
j’ai pas envie de jouer au ping-pong avec toi-
j’ai mieux à faire!
Moi non plus je n’aime pas le sport (même le ping-pong)
Tchao.
mais je tilt toujours sur ces groupes qui une fois signés écrivent en français, cf second sex, naast…
il n’y a guère que les Dodoz qui ont réussi à garder leur english attitude, de surcroît en signant également chez Nude Records !
bref ne serait-ce pas TOUT SIMPLEMENT pour avoir + de chances d’être diffusé en radio sur Ouï FM, Le Mouv’ et consort que les labels poussent ces jeunes pousses à passer en français ?
la cohérence serait plus celle du marché je dirais, plutôt que celle de l’état d’esprit. Combien de groupes anglais disent tout autant de conneries dans leurs lyrics que les groupes français…
éternel débat effectivement
Juste une précision : c’est Yarol Poupaud et non *Popaud*
Sinon bravo pour vos articles
Désolé pour l’erreur sur le nom de Yarol Poupaud qu’il reçoive ici mes excuses-
Pour le commentaire de Nung je répondrais que si on ne maîtrise pas parfaitement l’anglais c’est vite ridicule-
De plus quel intérêt de copier les anglo-saxons en moins bien-
On attend des groupes français un truc à eux, une identité-
Bon c’est primitif mais moi je lis les trois premières réponses et je m’arrête, j’ai à peu près leur âge donc pas le même recul.
J’assume.
Il me font vomir.
“qui reprend à quelques notes près un de nos titre”.
Il est fou lui. Quelques notes. Il est sèrieux?
c’est vraiment n’importe quoi cette foire aux commentaires-
Au début de Gonzai , les commentaires étoffé les articles de remarques interéssantes et constructives, je trouve que cela se perd un peu .Je tiendrai juste à signalé que Burgalat et l’un des rare a prendre des risques sur son label (combien de d’excellent album chez Tricatel ne se sont pas vendu a la hauteur de leur qualité?
je ne trouve pas l’album merveilleux mais toutefois bien supérieur à ceux sortie par cette même vague de groupe.
Je rapelerai aussi que ce n’est que leur premier album!
Dorian à le mérite d’être mesuré et dépassionné dans son commentaire-
Plus généralement on a bien sur le droit de ne pas aimer-mais pourquoi une telle violence alors qu’il y’a des artistes vraiment horrible pour le coup et que Tricatel est un des rars oasis du paysage musical frenchy!!
Sauf erreur de ma part, je ne crois pas que quiconque ait parlé de pugilat, d’article anti-Tricatel.
Je crois que tout le monde dans l’équipe a le plus profond respect pour Tricatel et Bertrand. Et pour les Shades.
Un article est un point de vue, toujours.
Je vous rappelle ausi qu’en Irak les gens meurent encore de faim et qu’accessoirement j’ai oublié d’acheter du Nesquik l’autre fois en allant faire mes courses.
“Si tu n’aime pas le disque d’un pote (…) n’en parle pas”
Tiens on en avait pas déjà parlé de ça ? Pas que j’aime rallumer les feux de la veille, mais il y a dans ce pays une force des habitudes qui me laisse toujours un peu béat. Que ce soit face aux bizutages (les garçons bite au cirage et les filles enfileuse de capote sur des concombres) ou face à un groupe de chasseur.
Je ne sais pas quand est mort le principe de libre-arbitre mais je ne l’ai que trop peu rencontré de son vivant. Et plus rarement encore chez les donneurs de leçon (dont je suis) de la presse et de la com’ notamment.
P.S. : Ce commentaire ne critique en rien l’album des Shades, que je n’ai pu écouter pour l’heure.
Pour faire valoir ce que de droit.
“moi quand j’ai envie de me défouler je préfère m’en prendre à des grosses boites ou des gens avec qui je n’ai pas d’affinités-”
OH comme tu es bon mon JED, un homme un vrai.
Que serait gonzai sans toi ?!
je ne respecte pas les messages anonymes cher El Boras-
Moi anonyme ? non je ne pense pas.
C’est juste un “pseudonyme”, tout comme “Bester langs” ou encore “Little Johnny Jet”, mais derriere ce pseudonyme, les personnes me connaissant (comme par exemple Bester langs ou Little Johnny Jet) peuvent me reconnaitre.
Je ne me cache pas dutout derriere un faux pseudonyme si c’est ce que tu voulais sous entendre.
Cordialement, bisous
Moi j’pense que vous etes tous des cons.
Cessez la guerilla, betencourt meurt au tibet et des moines crament en colombie alors que vous, VOUS, oui vous, vous vous engueulez pour des broutilles.
Adieu, et a lundi pour un nouveau numero de gonzai.
Faut finir sa soupe!! c’est dégeulasse de pas finir sa soupe avec tous les enfants qui meurent de faim-




ETRE DIEU
Ca sent la réponse du berger à la bergère tout ca…