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LES SERIES TV A l’ouest plein de nouveau

J'admire Hollywood! Les teenagers movies s'essoufflant, les maisons de production ne faisaient plus que des remakes de film d'horreur coréen et des suites outrancières (Ring 2 en est (...) suite

J’admire Hollywood! Les teenagers movies s’essoufflant, les maisons de production ne faisaient plus que des remakes de film d’horreur coréen et des suites outrancières (Ring 2 en est la synthèse). Cela ne faisait même plus autant de bénéfices que dans l’ancien temps. Alors l’industrie cinématographique à elle aussi changé de format. La musique passe au MP3, le cinéma à la TV… avec les séries.

Même Rock & Folk a sa page série, avec l’hilarant David Angevin, fin observateur des clips french touch dans les nineties, du fond de son Lubéron. La série est un format qui appelle à la passion maladive: les personnages font vite partie de notre famille, le suspense y est étouffant, le coup de théâtre un art, l’univers complet et puis les changements de looks de tous ces acteurs saison après saison… Les séries sont l’affaire des Geek: Star Trek, X Files, Flash et Ken le Survivant. Sauf que maintenant elles sont l’affaire de tous. A chacun sa série préférée, sa paroisse, la TV comme hôtel moderne.

Et force est de constater que les choses ont changé. Car si chaque genre a toujours eu ses codes bien définis (le chien dans les films catastrophe, le sale flic dans le film de Gangster, Hugh Grant dans le film de nénettes), les codes ont aujourd’hui complètement sauté. Le Beautiful looser n’a plus sa place sur la pellicule. Il n’est plus question qu’un personnage soit cool car il fume, que son alcoolisme soit un trait de caractère. Les gagnants de notre époque ne sont pas des agents du FBI neuneu ou des célibataires éternels un peu paumés. Chirurgien (beaucoup de chirurgiens), femmes au foyer et super scientifiques sont les héros d’aujourd’hui. Des personnages peu romantiques, socialement stables, qui sont de bons américains (patriote avec des 4×4 et anti tabac). Disons que les mœurs apparentes se sont adoucies, que la folie désespérée n’est plus un gage de réussite du héros. Ne parlons même pas des fringues de la nouvelle mythologie… terriblement banales.

Le romantisme s’est en fait déplacé. Plus question de se prendre d’amour pour un black pimp accro au crack (une balance qui plus est). Hollywood se retrouve dans un paradoxe: comme faire des scénarios manichéens en plein bourbier iraquien? Quand la guerre contre le mal est en train de tourner aux cauchemars. Alors la morale est complètement explosée. Les nouvelle série sont ultra réalistes: Grey’s Anatomy où l’on n’hésite pas à vous montrer tumeurs, craniotomies et autres incisions corporelles… et je ne parle même pas des cadavres des Experts. Elles sont surtout ce que l’on pourrait appeler immorales. Pour le plus grand plaisir de tous, il n’y a plus de sujet tabous: adultère, homosexualité, tricherie, pulsion meurtrière… Dexter a pour super héros un tueur psychopathe, Dr House un médecin junkie, Desperate Housewifes des ménagère manipulatrice. Mais où va le monde? Certaines séries reprennent carrément les fonds de tiroir des histoires noires urbaines à la mode XIXième. Nip Tuck semble être un bestiaire des perversions de notre siècle: Zoophilie, culte narcissique, pédophilie transsexuel.

A regarder TF1 et M6 le soir (très tard de préférence), on a l’impression que l’Amérique s’est jetée sur les ouvres de Machiavel et du Marquis de Sade. Comme dans Le Prince ou Justine; les “main caracters” semblent frapper des foudres du désir sexuel et surtout du désir de pouvoir. Et tous les coups sont permis. Même les super héros a la sauce 2007 de Heros sont des Cheerleaders nymphomanes, des artistes allumés héroïnomanes et des schizophrènes psychotiques. A la jolie bande! On peut dire que Franck Miller a gagné sont pari.

Le telespectateur ne peut que se réjouir d’une telle ouverture d’esprit de la part des grand médias américains. Ces mini-films (j’ose vu le niveau de réalisation) étant produit par les mêmes boites que celle accusées de terroriser tous les citoyens américains avec ce vent de patriotisme qui touche le pays depuis 2001. A croire que Héros ou Prison Break ne sont qu’une gueule de bois post 11 septembre. Explosion de Manhattan dans l’un, fascination Guantanamo dans l’autre. Quand au réalisme, il n’est que l’écho des chaînes d’info TV 24h/24. Nous entrons dans un nouveau cycle; tout le monde l’aura bien compris.

2 commentaires

Les séries ne sont pas qu’affaire de mainstream tout de même.. L’excellence ne se trouve que rarement dans les titres évoqués (à part la première saison de Dexter), davantage en recherche de sensations fortes, moins cérébrales - bref, parfaites pour TF1 et M6.
Quid des sagas magistrales produites par HBO ?
“The Sopranos”, “Six Feet Under”, “Rome”, “Deadwood”, et les cinq saisons absolument fascinantes de “The Wire” ?
Pour le coup, voilà bien l’évolution concrète, au travers des séries, de ce que le cinéma ne parvient plus à aborder que de manière exceptionnelle.

Commentaire par Geoff, le Lundi 16 juillet 2007 à 13:39

Pardon, “les titres” sont masculins et donc forcément “moins cérébraux” et “parfaits pour TF1 et M6″. Damned, j’en étais resté au terme “séries”… Pourquoi parler de “titres” ? Par horreur de la répétition, bien sûr. A tort, évidemment. Vive la répétition. Vive l’accord de l’attribut avec le sujet. Cheers.

Commentaire par Geoff, le Lundi 16 juillet 2007 à 13:45

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