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LAS VEGAS PARANO Hunter S. Thompson

"Nous étions quelque part dans le coin de Barstow aux abords du désert quand les drogues ont commencé à nous travailler..." C'est sur cette phrase que s'ouvre la plus (...) suite

“Nous étions quelque part dans le coin de Barstow aux abords du désert quand les drogues ont commencé à nous travailler…”

C’est sur cette phrase que s’ouvre la plus grande dérive journalistique opiacée du 20ième siècle. Fear and loathing in las Vegas.

Tout part d’un article commandé à l’origine par Sports Illustrated sur la course à moto des 400 Mints, road-trip dans le désert de Californie. Thompson y parle de tout sauf de cette foutue course qu’il essaie malgré ses démons de couvrir depuis sa chambre d’hôtel, la tête remplie de toutes les drogues possibles et imaginables. Pendant ce temps, et non très loin, son avocat, Oscar Z. Acosta essaye de violer et d’égorger toutes les femmes de chambre qui ont l’audace de passer à sa portée.

Et c’est au rédacteur en chef de Rolling Stones Magazine, Jan Wenner, de payer les notes de frais. Le reportage, bien sûr, tourne au fiasco. Bien sûr on pourrait s’arrêter là et voir dans cela un énième livre sur la drogue; mais Las Vegas Parano est bien autre chose : c’est un reportage gonzo avec pour seul caméra une plume instinctive. Mais attardons nous un peu sur ce terme. Le gonzo journalisme est une façon d’aborder le reportage proche de celle du nouveau journalisme : l’auteur est partie prenante du sujet qu’il couvre. Il ne reste qu’à lui ajouter la drogue et le manque de sommeil.

Gonzo journalism… L’un premier à employer le terme est Bill Cardoso du Boston Globe, peu après avoir lu l’article de Thompson “The Kentucky derby is decadent and depraved”. Hunter lui résumera cela en une phrase: “Le reportage gonzo conjugue la vivacité de plume du reporter confirmé, l’acuité visuelle du photographe de guerre et les couilles du quaterback au moment du lancer”. Pour récapituler, ce qui compte ce n’est pas tant le sujet de l’article que le regard acerbe du rédacteur, servi par un style instinctif et sans concession.

Raoul Duke et le Dr Gonzo, à savoir Thompson lui-même et son avocat, partent donc couvrir la course des 400 mints de Las Vegas. Mais ce reportage devient bien plus qu’une putain de course de moto en plein désert suivie par deux mecs défoncés. Hunter S. Thompson fait ici, les nerfs tendus par une consommation incéssante de drogues et d’alcool ainsi que par des nuits de moins de deux heures, une critique acerbe de l’Amérique de la fin des sixties. Se rendant bien compte que cette décennie qu’il a temps aimé décline. Thompson cherche le rêve américain en son centre névralgique, Las Vegas, et cours de déception en déception. L’utopie des années 60 se dissipe peu à peu. Fort logiquement la situation ne sera guère plus brillante (bruyante ?) dans les 70’…

Hunter se crée ici un personnage romanesque qu’il passera sa vie non pas à jouer mais à vivre le plus intensément possible. Jusqu’a se suicider tel un samouraï d’une balle entre les deux yeux en 2005. Las Vegas parano, pour sa part, n’est rien autre qu’une version modernisée de Don Quichotte, dans laquelle il se bat, aidé par son fidèle Sancho Pansa contre ce grand moulin à vent qu’est l’Amérique.

3 commentaires

toujours aussi bon…

Commentaire par facultatif, le Lundi 18 juin 2007 à 12:52

Putain le gars yest aussi défoncé qu’eux pour arriver à une conclusion pareille sur la critique concrètement parlant ?!

(ou c’est moi .. ?)

Commentaire par akO, le Lundi 18 juin 2007 à 22:19

toujour aussi bon si ya quelqun qui veux fair la même virée avec moi c’est quand il veux

Commentaire par PSYLO, le Lundi 18 juin 2007 à 12:19

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